L’avocat Goldnadel: « Les Juifs de France sont les premières victimes de l’immigrationnisme »

L’avocat Gilles-William Goldnadel livre, dans son nouvel ouvrage : Manuel de résistance au fascisme d’extrême gauche, un combat sans concession contre le conformisme dominant. D’une plume percutante trempée dans la rigueur de l’analyse argumentée, il s’en prend à une gauche dévoyée, le plaidoyer est brillant, d’une rare clairvoyance et sans appel. Le très médiatique avocat répond aux questions du Monde Juif .info.

Dans un pays comme la France, comment expliquez-vous que, politiquement, le marqueur se déplace de plus en plus vers la droite, et en même temps, on assiste à une prise de pouvoir insidieuse de l’extrême gauche dans tous les pans de la société française ?

Ce n’est pas tellement que l’opinion publique aille vers la droite qu’elle déserte la gauche. C’est d’ailleurs ce que je dis dans mon article publié ce lundi dans Le Figaro. La gauche est nue, parce qu’elle a totalement abandonné ses oripeaux de défense de l’État et de la Nation pour tenter, un peu à l’américaine, par la convergence des luttes, d’unifier toutes les minorités raciales et sexuelles. Ça marche aux États-Unis… un peu moins en France. La gauche ne s’en sort que grâce aux médias bien complaisants avec elle.

En 2012, dans votre pamphlet anti-Hessel, « Le vieil homme m’indigne », vous dénonciez le triomphalisme de la gauchisation des idées. Où en est-on maintenant, dix ans après ?

Je pense qu’aujourd’hui, le livre phare de Stéphane Hessel, « Indignez-vous ! » serait considéré comme une farce. La gauche indignée, tout comme l’extrême gauche qui s’indigne facilement, passent maintenant pour ce qu’elles sont. Ça ne marcherait plus. L’indignation à deux sous, l’indignation sélective, ont tendance à indigner le peuple.

Vous reprochez souvent que la droite ne mène pas une guerre contre la gauchisation des médias. La victoire de Pécresse face à Ciotti, est-elle une nouvelle défaite pour la droite ?

Que les médias écrits ou télévisés soient inféodés à la gauche, je peux m’en désoler, mais je ne peux m’en révolter. Je suis dans un combat culturel et je suis bien heureux aujourd’hui de voir des médias privés indépendants qui portent notamment ma parole. Ceci étant fermement posé, je n’accepte pas que l’audiovisuel public soit colonisé ainsi par la gauche et l’extrême gauche. Il y a une sorte de morale sélective avec laquelle j’ai du mal.

Les médias français n’hésitent pas à qualifier Zemmour d’extrême droite, ce que conteste le politologue spécialisé de l’extrême droite Jean-Yves Camus, alors qu’ils n’utilisent jamais le qualificatif d’extrême gauche pour Mélenchon. Ces derniers jours, on a pu voir le même exemple pour le nouveau président chilien, véritable islamo-gauchiste antijuif soutenu par Anne Hidalgo, qualifié juste, de gauche. Comment expliquez-vous cet incroyable tropisme ?

Ce tropisme, je ne peux que l’expliquer par cet esprit de système dont on a parlé et qui se caractérise par son étiquetage et sa malhonnêteté intellectuelle. J’essaie de montrer dans mon livre la manipulation par les mots. Ce n’est pas uniquement un problème de vocabulaire. C’est beaucoup plus profond que ça. C’est une véritable manipulation des esprits et vous mettez le doigt là où ça fait mal.

À supposer même, par pure hypothèse intellectuelle, que Zemmour soit d’extrême droite, je souscris à la fine analyse de Jean-Yves Camus que j’apprécie particulièrement et, j’avoue que je lui fais d’avantage confiance pour étiqueter quelqu’un qu’au droit d’étiquetage que s’octroie n’importe qui sur la place publique française. Les divergences que j’ai avec Zemmour, qui est un ami depuis quarante ans, ne me permettent pas pour autant de le considérer ni comme un pétainiste, lorsque nous divergeons ensemble sur son indulgence excessive à l’égard de Pétain, ni encore moins pour un antisémite lorsqu’effectivement, il fait des sorties sur les victimes juives de l’attentat de Toulouse, ou encore, plus malheureusement, sur l’affaire Dreyfus.

Si, par pure hypothèse intellectuelle absurde, on considère Zemmour d’extrême droite, dans ce cas, on pourrait considérer assez facilement que l’admirateur de Fidel Castro, de Maduro, ou de l’antisémite Chavez, ou de l’antisémite qui vient d’arriver au pouvoir au Chili, soient également d’extrême gauche. Je vous mets au défi de trouver dans les journaux, à la radio ou à la télévision, que Mélenchon soit qualifié d’extrême gauche. Au pire des cas, on va nous expliquer qu’il est à la gauche de la gauche. Pourquoi ? Parce que l’on ne veut extrémiser que la droite et c’est le symbole même de l’esprit asymétrique, systémique et sélectif.

On assiste à une fracture sans précédent entre la base de la communauté juive et ses dirigeants. Quelle est votre analyse sur ce fossé qui ne cesse de se creuser ?

Je pense que la communauté juive organisée [institutions juives dont le CRIF] – qui est d’ailleurs, très désorganisée, prétendue représentative, en vérité, ne représente plus rien – se caractérise par une sorte de règne de petits notables gonflés d’une importance qu’ils ne possèdent même pas.

De temps en temps, ils peuvent espérer une légion d’honneur ou une poignée de mains à l’Élysée ou à Matignon… ça semble leur procurer une satisfaction ou une excitation que j’ai du mal à comprendre. Mais la réalité fait que ces notables-là se caractérisent par le conformisme à l’esprit du temps, au conformisme médiatique ou du conformisme politique du pouvoir en place. Aujourd’hui, cela n’a plus une grande importance car ils ont perdu toute importance, même le pouvoir en place ne fait plus trop cas d’eux.

Dans les années 1980, la communauté juive organisée, par conformisme, a été d’une docilité particulière par rapport à l’immigration et à l’immigrationnisme ; elle a diabolisé tous ceux qui les dénonçaient, tout en acceptant des comparaisons odieuses avec la Seconde guerre mondiale et là, elle bénéficiait d’un prestige et d’une autorité morale. Ce qui fait qu’aujourd’hui, en raison de cela, les Juifs de France sont les premières victimes de cet immigrationnisme, eux, sont véritablement victimes d’un vrai remplacement, notamment dans les banlieues. Ce sont les postes avancés.

Le premier article que j’avais écrit, il y a très longtemps, c’était pour défendre l’ex président Giscard d’Estaing, que je n’appréciais que très modérément, il avait affirmé que les Français vivaient cette immigration comme une invasion et ce, au grand dam de certains responsables du CRIF. Ce texte était une sorte d’adresse à ma communauté d’origine dans laquelle j’expliquais que je ne supportais pas que la communauté juive organisée se montre d’un réalisme d’acier quand il s’agit de la défense d’Israël et du caractère juif de cet État et d’un angélisme de plume quand il s’agit de la France face à l’immigration.

Je suis un défenseur de l’État nation, que ce soit en Israël, en France, ou partout ailleurs. Contrairement à ce que l’on pense, l’État nation n’est pas vecteur de guerre. Pour toutes ces raisons, j’ai un vrai contentieux avec cette communauté juive organisée. Je pense que la base juive se sent proche de moi pour toutes ces questions, y compris pour l’amour de l’État d’Israël. Contrairement à ce que pense Éric Zemmour, il n’y a pas de double allégeance. On peut être un parfait Français et un parfait pro-israélien. Il arrivera un moment quand même où les notables vont comprendre qu’ils ont perdu toute crédibilité. Regardez, je fais mon grand retour sur Radio J parce que maintenant, on admet qu’on ne peut pas inviter Mélenchon sans inviter Zemmour ou Marine Le Pen. Ou on invite tout le monde ou, on n’invite personne.

Propos recueillis par Yohann Taïeb –Le Monde Juif .info

Publié le 26 Déc 2021

5 Commentaires

  1. Je m’adresse à William Goldnadel :

    Je n’ai jamais autant ri qu’à l’émission d’Ardisson où se sont opposés Hapsatou Sy et Zemmour.
    Vous étiez présent cher William .

    Et le sujet des préboms est arrivé sur le tapis .
    Zemmour défendait les prénoms du calendrier .
    Hapsatou voulant faire l’intéressante lui a posé la question :  » mes parents ont eu tort de m’appeler Hapsatou  » et Zemmour lui répond :  » tout à fait  » .
    Hapsatou ;  » alors comment auriez vous souhaiter qu’ils m’appellent  »
    Et Zemmour :  » Corrine  » .
    Toute la salle était morte de rire .
    Et c’est là que vous intervenez mon cher William en lui posant la question  » et William c’est français ?
    Et Zemmour de répondre  » Non tes parents ont eu tort  » .
    Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri . j’en avais les larmes aux yeux .
    Je pensais à tous les  » Johnny  » de Tunis par sympathie des américains qui avaient libéré Tunis le 7 Mai 1943 .

    Ne changez pas mon cher William…on a besoin de vous , la France vous aime .

  2. Vous êtes mon Zemmour à moi, Monsieur Goldnadel. J’aime tout ce que vous dites et l’intelligence avec laquelle vous nuancez votre pensée. C’est pourquoi je tiens à vous dire combien il est irritant de ne pouvoir accéder facilement à Goldnadel TV en tant qu’abonné. Il faut chaque fois mentionner le mot de passe, lequel est souvent déclaré invalide. J’ai signalé cette anomalie en vain. En désespoir de cause, j’ai mis fin à mon abonnement. J’espère que vous le regretterez autant que moi.

  3. Grand Merci Monsieur Goldnadel
    C’est grâce a des gens brillants intelligents et objectifs qu’on se sent moins seule et moins vulnérable.
    Grâce à « des Zemmours » que l’on pourra se sentir vivre dans un état nation signe de protection, d’enthousiasme et de volontarisme créatif qui n’a pas peur de relever les défis qui s’impose à être plus nombreux sur terre, ce qui fait la réussite d’Israel et crève les yeux de tous ces antisemites VOILÉS !!!!

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