Comment les femmes du Mossad ont réussi à s’imposer dans un univers masculin

Longtemps cantonnées à des tâches administratives, elles ont su s’imposer dans cet univers masculin. La preuve avec quatre d’entre elles.

Franchement, le Mossad des premières décennies fut un club de garçons. Rares furent les femmes à s’y faire une place. Aucune n’a été jusqu’à récemment en situation de diriger le service. Une seule femme fut admise dans le cercle des cadres fondateurs : Alisa Magen, née en Allemagne. Jeune recrue, elle participa, au début des années 1960, à l’opération « Damoclès » (l’élimination des scientifiques allemands ayant contribué au programme de fusées égyptiennes). En 1982, elle fut nommée directrice de l’école de formation du Mossad et, en 1989, directrice des ressources humaines. En 1995, elle devint directrice adjointe du Mossad, le plus haut poste jamais atteint par une femme. Lorsqu’elle quitta l’institution au début des années 2000, il y avait environ 400 femmes dans le service – la plupart d’entre elles travaillant toutefois comme secrétaires !
Les histoires du Mossad ont fait leurs choux gras des auxiliaires féminines employées comme « pièges à miel » (appâts sexuels). Cheryl Ben Tov était une jeune Américaine issue d’une famille aisée. Après le divorce de ses parents, elle se réfugia dans un kibboutz, adopta la culture juive et épousa un Israélien qui travaillait pour l’Aman (renseignement militaire). Recrutée par le Mossad, elle fut utilisée en 1986 pour piéger et kidnapper Mordechai Vanunu, un ancien technicien du centre atomique secret de Dimona, dans le désert du Neguev, qui avait sorti en contrebande des photos et des plans de l’installation, pour les vendre à la presse.

Sylvia Rafael devient Patricia Roxburgh, photographe de presse canadienne

Elle « rencontra » Vanunu à Londres et le convainquit de la rejoindre pour un week-end romantique à Rome. Là, il fut kidnappé par un commando du Mossad. Quelques années plus tard, Cheryl Ben Tov quitta le service et retourna aux États-Unis. Plus mythique est la figure de Sylvia Rafael. Née en Afrique du Sud en 1937 d’un père juif et d’une mère calviniste, elle fit le choix d’Israël en laissant derrière elle un destin d’artiste et d’épouse d’avocat. Belle et intelligente, elle fut basée à Paris et devint Patricia Roxburgh, photographe de presse canadienne. Invitée en Jordanie, elle devint l’amie du roi Hussein et de son épouse. En Libye, elle participa à un projet d’attentat avorté contre Kadhafi.
À Beyrouth, elle infiltra l’entourage de Yasser Arafat. Sa couverture lui permettait de visiter des camps de terroristes palestiniens en Syrie ou au Liban. Après l’attentat terroriste des JO de Munich en 1972, elle fut mobilisée, avec les meilleurs éléments du Mossad, pour traquer et assassiner les membres du commando palestinien Septembre noir. Elle fut impliquée dans l’opération de Lillehammer (lire p. 43). Incarcérée en Norvège, elle passa deux ans et demi en prison et décida après sa libération de quitter le Mossad.
Figure plus récente, Tzipi Livni servit dans l’unité clandestine d’assassinat Bayonet pendant quatre ans. Affectée à Paris, elle participa dans les années 1990 à l’élimination d’un membre de l’OLP et d’un scientifique égyptien. Elle entama ensuite une carrière politique et devint ministre des Affaires étrangères, ce qui illustre la porosité entre le Mossad et la politique en Israël. Signe des temps, en 2022, deux femmes ont été enfin nommées à des postes importants du Mossad : l’une à la tête du département du renseignement, l’autre à la tête du département Iran.

Historia

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