Israël : traitement de la colonisation européenne en zone C ©

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Le traitement par Israël de la colonisation européenne en zone C

Le 7 juin 2016, l’Observatoire Euro méditerranéen des Droits de l’Homme a présenté un rapport sur les constructions financées par l’Union Européenne en zone C de Cisjordanie, intégralement détruites par Israël. Le rapport intitulé : « Aides gaspillées : les destructions israéliennes des projets financés par l’UE », illustre la méprise classique par l’UE de la nature juridique des territoires de Cisjordanie, la qualification impropre « d’occupation » qui ne sert qu’à stigmatiser Israël sur la scène internationale, et, surtout, l’absence de viabilité de l’entité  « Palestine ».

Le rapport fait tout d’abord le lien entre l’accélération des destructions par Israël des projets financés par l’Union Européenne, et la décision européenne d’étiqueter les produits provenant de ce qu’elle appelle les « colonies israéliennes ». Moti Yogev, député du parti nationaliste religieux Foyer juif avait lui-même admis : « Je ne doute pas que la ligne dure du gouvernement soit en partie le résultat des mesures unilatérales prises par l’Europe ». En effet, le nombre de destructions est exponentiel depuis ces trois derniers mois : il s’est élevé à 165 alors qu’il n’était que de 50 entre 2012 et 2015 (115 bâtiments ont ainsi été détruits en 3 mois). La perte est ainsi de 58 millions d’Euros sur un total de 85 millions, à laquelle s’ajoute celle de 23 millions euros lors du conflit avec la bande de gaza au cours de l’été 2014.

Le rapport emploie systématiquement le terme de « territoires palestiniens occupés » (repris sous son abréviation TPO), pour contester la légalité des destructions, tout en déplorant le peu d’informations sur le sujet pour « éviter l’embarras des responsables européens », et son « effet paralysant » sur la volonté des donateurs s’agissant de la reconstruction de Gaza. Il indique être prêt à examiner « l’impact négatif sur la crédibilité des instances européennes au cours des négociations pour une paix possible ». En somme, l’UE construit en zone C de Cisjordanie, Israël détruit les aménagements illégaux, et le contribuable européen paye… pour rien.

Le rapport, englué dans ses contradictions, indique ainsi qu’Israël serait « une puissance occupante », mais admet qu’il existe une division de la Cisjordanie depuis l’accord intérimaire d’Oslo II de 1995 (conclu entre Israël et les palestiniens) et que la zone C (sous contrôle civil et militaire israélien) représente 60% du territoire. Le rapport pourrait donc suggérer à l’UE de construire en zone A (soit 20% de la Cisjordanie sous contrôle exclusif palestinien) ou en zone B (sous contrôle partagé entre israéliens pour les prérogatives militaires, et palestiniens pour les prérogatives civiles). Il ne le fait pas et préfère utiliser le terme de « territoires occupés » (correspondant à la période pendant laquelle la Jordanie était occupée par Israël en 1967, avant que le Royaume Hachémite ne renonce à sa souveraineté sur la Cisjordanie et Jérusalem en 1988). Il peut alors déplorer (à tort) qu’entre 2010 et 2014, seules 1,5 % des demandes de permis de construire dans la zone C, ont été approuvées par les autorités israéliennes, ce qui serait constitutif d’une violation de « la Quatrième Convention de Genève sur la protection des personnes civiles en temps de guerre (1949) et celle de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) ». Bien évidemment, ces textes sont inapplicables à Israël, faute d’occupation israélienne de la Cisjordanie.

Le rapport s’interroge alors sur l’absence d’information (sur ces dégâts) donnés aux médias, aux institutions des Droits de l’Homme et au public, et sur l’incapacité de protéger les installations financées. Il s’étonne également que l’UE fasse supporter par le contribuable européen des aménagements, immédiatement détruits par Israël.

Le rapport s’accroche ainsi aux frontières « dites de 1967 » bien que la configuration géopolitique contemporaine ne soit plus la même : la Transjordanie, devenue Jordanie avec l’annexion de la Cisjordanie en 1950, n’a plus aucun lien avec la Cisjordanie et est désormais en paix en Israël. Le rapport en profite néanmoins pour rappeler la position de L’UE qui, « officiellement critique la colonisation de Jérusalem Est », « la poursuite des constructions sur les terres contestées » (terme qu’il commence à employer). Il rappelle également l’adoption d’une résolution, en janvier 2015, s’opposant au renforcement des colonies dans « les territoires palestiniens occupés ». Il s’agit une nouvelle fois d’une résolution insensée (fondée sur le mensonge international de l’occupation), constitutive d’une perte de temps et d’argent pour  les contribuables européens. Le seul colon est l’UE qui construit en zone C, au mépris des prérogatives israéliennes exclusives sur ce territoire. En Mai 2015, l’ONG israélienne Regavim avait d’ailleurs publié un rapport accusant l’UE de «financer des centaines de constructions illégales dans la zone C», appelant le gouvernement israélien à les détruire ». C’est effectivement ce qui se passe.

Le rapport peut donc toujours rappeler que l’ONU ne reconnaît pas la proclamation par Israël de Jérusalem comme étant sa capitale et que la résolution 63/30 de l’Assemblée générale (2009) a déclaré que « toutes les mesures prises par Israël, la puissance occupante, pour imposer ses lois, sa juridiction et son administration à la ville sainte de Jérusalem sont illégales et donc nulles et sans valeur aucune ». En réalité, cette résolution est nulle puisque seule, l’occupation de la Jordanie permettait de considérer Israël comme étant une « puissance occupante ». Le rapport mentionne donc, l’obstination européenne de partager Jérusalem entre Israël et les palestiniens « pour parvenir à une paix durable entre eux ». En réalité, il cautionne une entité qui apparaît définitivement comme étant purement artificielle.  

En effet, le rapport livre une information intéressante sur absence de viabilité de la Palestine. Il est indiqué : «  l’objectif de l’Union est la création d’institutions pour un futur Etat palestinien démocratique indépendant, viable et capable de coexister dans la paix et la sécurité avec Israël». Théoriquement, le principe est celui du droit des peuples à l’autodétermination. Il n’appartient donc pas à l’UE de créer des institutions pour un groupe humain qui prétend être un peuple : si tel est le cas, c’est à lui à le faire. En outre, si les palestiniens n’ont pas conscience de l’obligation de vivre en paix avec les juifs, l’UE ne peut se substituer à eux.

En réalité non seulement les palestiniens sont incapables de s’auto déterminer sur le plan institutionnel (ils n’ont pas d’institutions qui encadrent leur organisation) mais en outre il ne peuvent le faire financièrement. Le rapport indique que depuis 1994, l’UE a versé plus de 5.6 milliards d’Euros à l’Autorité palestinienne. Plus récemment (février 2008), les dotations sont destinées à financer les salaires des fonctionnaires, les retraites, les familles vulnérables, les services publics. Entre 2007 et 2015, 2.5 milliard d’euros ont permis de financer « la gouvernance, le développement social, le développement du secteur économique et privé, et le développement des infrastructures publiques ». En 2015, la Commission Européenne a annoncé que le tiers du fonds PEGASE serait affecté au paiement « des salaires, des pensions et des allocations sociales dans la bande de Gaza ». Depuis 2000, 700 millions d’euros sont versés pour l’aide humanitaire et la protection civile, sans compter les sommes versées à l’UNRWA… (Pour les arrières petits enfants des réfugiés palestiniens de 1948). Ainsi, l’UE s’accroche à son projet de créer un Etat palestinien imaginaire (que les palestiniens ne veulent pas), sur la base d’institutions (qu’ils rejettent), supportés par les milliards d’Euros (que les palestiniens sont incapables de gérer). C’est absurde. Qu’elle cesse juste de coloniser des terres qu’elle ne contrôle pas.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

4 COMMENTS

  1. En fait, si je comprends bien c’est l’Europe le véritable colonisateur des territoires contestés. En réalité l’impérialisme européen est toujours vivace malgré les deux guerres mondiales et Bruxelles est aveugle. Qui enlèvera à l’Europe le bandeau du palestinisme, avatar de la théologie du remplacement ?

  2. “En somme, l’UE construit en zone C de Cisjordanie, Israël détruit les aménagements illégaux, et le contribuable européen paye… pour rien.”
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    Au moins savoir que ces constructions que je finance sans que l’on me demande mon avis sont ensuite détruites par Israël est une petite consolation…

    Israël fait bien de remettre les pieds sur Terre à cette Union Européenne ayant décidé que ces territoires étaient “occupés” et non “disputés”, autrement dit en litige, parlant même de soit disant “frontières de 1967” que personne, et encore moins les arabes, n’a jamais reconnu à part elle…

  3. L’UE ne peut plus payer pour les arabes qui occupent la JUDEE SAMARIE, alors ils s’emmerdent ISRAEL j’espère que cet état UE/EI (islamo européen) va disparaître car ils ne font que des dégäts par où ils passent !

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