Les jours de l’Intifada sont révolus depuis longtemps

Opinion: Abbas peut appeler les Palestiniens à descendre dans la rue e, vue d’une nouvelle explosion face à la politique israélienne, mais cet appel tombera dans l’oreille d’un sourd; Israël et son propre peuple connaissent ses bruits de sabre qui ne mènent finalement nulle part

Moshe Elad|
Publié le: 02.11.20, 23:42
Tous les deux ou trois incidents violents impliquant les Palestiniens sont suivis d’une ruée de spécialistes des médias qui réclament tous d’être les premiers à se demander : « Israël est-il à l’aube d’une nouvelle Intifada?« 
Seul un manque de vocabulaire oblige n’importe qui à qualifier une série d’affrontements sporadiques d ‘ »intifada ». Alors, soyons clairs : il n’y a eu qu’une seule Intifada.
Il a éclaté en décembre 1987 et s’est terminé par la signature des accords d’Oslo à l’été 1993.

עימותים בין שוטרי מג"ב לפלסטינים באזור חברון

Affrontements récents entre Palestiniens et police des frontières à Hébron
( Photo: EPA )
L’intifada était un mouvement de résistance qui a touché tous les ménages de Cisjordanie.
Elle a amené des dizaines de milliers de personnes de tous les secteurs de la société palestinienne dans les rues de Nabulus, Hébron et Gaza, transportant des pierres et des cocktails Molotov.
Elle s’est concentrée sur la violence organisée plutôt que populaire. Elle a d’abord été perçue comme spontanée, mais elle était prévue depuis longtemps par des dirigeants anonymes.

Affrontements de policiers avec des Palestiniens à Naplouse lors de la première Intifada

Les bureaux de la police israélienne s’affrontent avec des Palestiniens à Naplouse pendant la première Intifada
( Photo: archives )
Elle a été qualifiée d ‘ »Intifada blanche » en raison de l’évitement par les Palestiniens des attaques terroristes qui sont devenues plus importantes par la suite, une décision qui a recueilli un large soutien international au profit des manifestants.
Dans l’histoire des «territoires disputés», l’intifada n’est qu’un des affrontements, parmi d’autres dont une grande révolte arabe en 1936 et la Nakba de 1948.
Mais tout comme la Révolution française, il n’y a qu’une seule Intifada pour vraiment mériter ce nom.
Par conséquent, l’étiquetage de la série d’attentats terroristes entre 2000 et 2005, qui comprenait des attentats-suicides barbares contre des civils israéliens, comme «Intifada Al-Aqsa», est un abus de langage.
Il a été créé par un gratte-papier qui a été excité à l’idée d’utiliser le mot pour décrire la vague d’attaques continue, en se précipitant vers le plus petit dénominateur commun entre les deux séquences historiques.
Pourtant, le soutien international que les Palestiniens ont reçu dans les années 80 avait complètement disparu au début des années 2000.

Attentat suicide à la bombe contre le bus 37 de Haïfa en mars 2003

Attentat suicide de mars 2003 contre un bus de Haïfa qui a tué 17 personnes
( Photo: archives )
Utiliser ce mot pour décrire les parents qui ont envoyé leurs fils et leurs filles pour commettre des attentats-suicides dans des bus, dans des supermarchés et des centres commerciaux, ou pour des assassins à sang froid méprisables qui ont tué des personnes âgées et des enfants lors d’un Seder de la Pâque n’est rien d’autre qu’une transgression verbale de la part de ceux qui contrôlent le récit.
Il est temps de trouver un nouveau nom pour la série d’attaques terroristes qui semblent malheureusement se rapprocher de plus en plus.
Un Président impuissant
Au cours de chaque crise, ces dernières années – l’éruption des détecteurs de métaux à l’entrée du Mont du Temple, la relocalisation de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem ou la destruction de maisons de terroristes – le président palestinien Mahmoud Abbas a lancé un appel à « descendre dans les rues. » Et chaque fois, cet appel rebondissait comme un écho dans une chambre vide.

 יו"ר הרשות הפלסטינית אבו מאזן

Le président palestinien Mahmoud Abbas, à droite, et le haut responsable de l’OLP Saeb Erekat au Caire la semaine dernière pour discuter du plan de paix de Trump
( Photo: EPA )
Les Palestiniens de Cisjordanie ne déferlent plus dans les rues. Ils ont perdu toute leur énergie et sont dédaigneux envers la direction corrompue de l’Autorité palestinienne.
Ils ont perdu toute motivation parce qu’ils regardent leurs frères dans la bande de Gaza et voient que le terrorisme peut payer, et si Abbas démissionne, cela sera dû à l’indifférence de son peuple.
Chaque fois qu’Abbas est mécontent d’une décision internationale ou autre, il s’affiche à son balcon et déclare la fin de la coopération en matière de sécurité avec Israël.
Mais depuis sa création en 1995, le mécanisme n’a cessé ses activités qu’une seule fois, à la suite des émeutes à propos des tunnels du mur occidental en septembre 1996, et seulement à l’initiative d’Israël.
Des centaines de menaces plus tard et la coopération se poursuit comme d’habitude.
Abbas et son peuple savent très bien que l’armée israélienne est présente en Cisjordanie principalement pour protéger les routes et les implantations qui s’y trouvent, mais à titre de conséquence secondaire, elle protège également l’Autorité palestinienne.
Chaque officier de sécurité palestinien sait que sans Tsahal, Abbas aurait été forcé de s’enfuir pour se cacher sous terre, tout comme ses hommes l’ont fait lorsque le Hamas a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en juin 2007.
Voici un conseil à Abbas : arrêtez de proférer des menaces car Israël s’en fiche.
Le Colonel (de Rés.) Moshe Elad est maître de conférences au Western Galilee College, ancien gouverneur pour Tsahal de Jénine et Bethléem et ancien chef de la coordination de la sécurité avec les Palestiniens lors des accords d’Oslo.
Adaptation : Marc Brzustowski

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