Gaza : le plan américain, cause du « baroud de déshonneur »©

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Le plan américain, cause du « baroud de déshonneur » palestinien

Le 25 mai 2018, l’agence américaine « associated press news » a fourni les premiers éléments d’informations sur « l’accord du siècle » que le Président Donald Trump est sur le point de dévoiler. Le plan de paix élaboré par son gendre, Jared Kushner, et l’envoyé « pour la paix », Jason Greenblatt (sous le contrôle du Premier Ministre Benyamin Netanyahou), devrait être annoncé à l’issue de la période du ramadan, soit après le 17 juin 2018. Selon toute évidence, c’est bien lui qui est à l’origine du « baroud de déshonneur » palestinien, c’est-à-dire de son combat désespéré engagé à la frontière de l’Etat d’Israël, dont le Hamas connaît l’issue fatale : Ce plan devrait signer l’arrêt mort de la comédie palestinienne (débutée en 1968 avec la Charte de l’Olp dans sa seconde version). L’organisation terroriste qui ne veut pas disparaître seule, envoie les palestiniens au suicide.

Ce plan prévoit une trêve de 10 ans entre le Hamas et l’Etat d’Israël, c’est-à-dire une cessation complète des tirs de roquettes ou la construction de tunnels, outre le respect d’un périmètre de sécurité à la frontière de Gaza et une solution concernant les prisonniers israéliens détenus à Gaza.

En contrepartie, les palestiniens de Gaza se verraient offrir un élargissement de la bande de Gaza par l’incorporation d’une surface de 720 kilomètres carrés situés dans la péninsule égyptienne du Sinaï, comprenant notamment  les villes d’al-Arish et de Sheikh Zuweida, dans lesquelles seraient construits un port et un aéroport. Serait également aménagée une métropole très moderne, nommée Nom, à la zone frontalière à la frontière jordano saoudienne ayant pour vocation d’accueillir 500 milliards d’investissement. De nombreux emplois seraient alors créés générant des investissements considérables pour l’économie égyptienne.

De même, Israël réduirait les restrictions aux passages frontaliers de Gaza, et  permettrait l’entrée de biens et de services dans l’enclave, s’ils ne sont pas utilisés pour renforcer la branche armée du Hamas. De son côté, l’Egypte ouvrirait de façon plus systématique le point de passage de Rafah entre l’Egypte et Gaza.

Cet accord indirect entre Israël et les terroristes du Hamas rejoint les propositions égyptiennes et qataries concernant une trêve à long terme, en contrepartie de la fin du blocus de Gaza.

Côté égyptien, le Président a rencontré le chef du Hamas Ismail Haniyeh au Caire. Il a envoyé un avion privé le chercher avec sa délégation à l’aéroport d’al-Arish – afin de le convaincre de mettre un terme aux Marches du retour, de calmer la situation dans la bande de Gaza, et de discuter de la proposition d’une trêve de dix ans avec Israël.

La décision du Président Sissi concernant la réouverture du point de passage de Rafah vers Gaza pendant le Ramadan vise à inciter un accord sur un terme de la manifestations de la Marche du retour, avec la perspective d’une amélioration des conditions de vie. Pour autant, l’issue de la rencontre est incertaine, eu égard à l’importance d’un courant réfractaire au sein du Hamas.

Le Hamas envisage favorablement la proposition mais a, toutefois, déclenché des hostilités avec Israël pour essayer de montrer qu’il maîtrise les évolutions nouvelles, alors que c’est faux. C’est l’objet du « Baroud de déshonneur palestinien » : montrer au monde que l’Etat d’Israël tue lâchement des civils palestiniens pacifiques, et tenter de faire pression sur lui, en le culpabilisant.

Notons que les autres acteurs régionaux sont majoritairement favorables à cette issue.

Pour leur part, les Etats du Golfe, la Jordanie et l’Egypte (également informés du détail du plan américain), ont fait montre d’un intérêt particulier pour y adhérer. Ils ont même inviter la Jordanie à s’y plier et menacé de supprimer les aides financières, à défaut d’une entière implication dans le processus américain. Le Royaume Hachémite serait tenu de faire avaliser l’accord à tous les résidents palestiniens qui y vivent, faute de quoi, la Jordanie serait marginalisée et son influence réduite.

Les États arabes ne cachent plus les relations diplomatiques officielles qu’ils entretiennent avec Israël. Ils sont d’ailleurs sur le point de lâcher les palestiniens. Une campagne médiatique s’intensifie discréditant les palestiniens dans les pays arabes. Elle rappelle que les palestiniens ont vendu leurs terres aux juifs à la fin du 19° siècle et au début du 20 ° siècle et, qu’ainsi, ils ne méritent pas d’être soutenus. Les pays du Golfe envisagent d’ailleurs de retrouver les responsables politiques israéliens après le ramadan pendant que les responsables politiques, hostiles à la normalisation des relations avec Israël dans les pays du golf, se font arrêtés.

Le problème se pose toutefois pour les palestiniens de Cisjordanie : il n’est pas prévu d’avantages similaires mais juste une autonomie administrative sur 50 % du territoire, outre une route pour leur permettre d’aller prier dans les mosquées situées dans la vielle ville de Jérusalem, en échange d’une normalisation des relations avec Israël et d’une « paix économique ».

Le projet envisagé dans ces termes est tout à fait piégeant pour l’autorité Palestinienne, compte tenu des pressions exercées au regard du risque de perdre toute aide financière en cas de refus de validation. Or, les dotations américaines ont déjà été amputées de 200 millions de dollars en 2018, outre la diminution de 65 milliards alloués au budget de l’Unrwa.

Pour l’Autorité palestinienne, la pilule est d’autant plus dure à avaler que le plan emporte une renonciation par les palestiniens à toute revendications sur le Mont du Temple (l’esplanade des mosquées), et à ce qui est, couramment appelé, « le droit au retour des palestiniens ». Autrement dit, les palestiniens seraient juste tenus de rester dans les pays du Moyen Orient où ils sont disséminés, c’est-à-dire là où ils sont nés, là où ils vivent et là où se trouvent leurs famille ». Ainsi, ils ne pourraient pas détruire Israël par l’invasion, sur le territoire israélien, de millions de palestiniens qui n’y ont jamais mis les pieds.

Pour permettre à l’AP de sauver la face à l’égard de la population palestinienne (à qui elle a toujours annoncé le partage de la capitale israélienne), des villages palestiniens [comme Abu Dis] situés dans la banlieue-Est de Jérusalem (mais à l’extérieur de la clôture de sécurité), deviendraient le siège de la future capitale palestinienne.

Naturellement, l’AP n’y est pas, pour l’heure, favorable en raison de sa mise à l’écart qu’induit ce processus de normalisation des relations israélo Hamas. Aussi, a-t-elle fait part d’une menace de mettre un terme à ses obligations sécuritaires en Cisjordanie en cas de signature d’un tel acte, c’est ce qui résulte d’une lettre envoyé par le chef du renseignement de l’Autorité palestinienne, Majed Faraj, à son homologue israélien du Shin bet, Nadav Argaman…

Les turbulences palestiniennes à la frontière de la bande de Gaza sont, en fait, annonciatrices de la disparition prochaine, tant du Hamas ayant échoué dans son projet de destruction d’Israël, que de l’AP qui perdra sont rôle d’interlocuteur unique.

Par ©Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

5 COMMENTS

  1. Il y a longtemps que je dis que les copains des palestiniens pourraient les aider à créer un ETAT dans le vaste SINAI !!!! J’ai enfin été entendu !!!!!!!!!

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