Le crime rituel palestinien

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LE CRIME RITUEL PALESTINIEN

 

Par Shmuel Trigano

Je voudrais revenir sur un assassinat qui, bien qu’il soit déjà du passé dans la chronique (août 2019), ne passe pas dans l’imaginaire et plonge dans une sorte de sidération qui ne s’efface pas. Peut être parce qu’il donne à voir dans le visage des meurtriers, la déchéance de l’humanité  et la régression de la religion à l’âge préhistorique. Il s’agit de l’assassinat d’un jeune homme de 18 ans, Dvir Sorek, qui se trouvait près de Migdal Oz, un village de Judée. L’aspect le plus grave de ce meurtre, c’est qu’il n’était pas prémédité. Dvir Sorek passait par là, la voiture des deux assassins, 24 et 30 ans, aussi. Ils virent le jeune homme seul. Aussitôt monta en eux le projet de le tuer. L’occasion fait le larron, mais c’est justement la rencontre de cette occasion avec la spontanéïté, l’improvisation, du meurtre qui est terrifiante. Elle nous plonge dans un abîme. On trouve un Juif sur le chemin et l’idée qui vient immédiatement à des quidams, des individus anonymes, non à des hommes de guerre,  c’est de le tuer, en catimini! Et pas seulement de le tuer. Comme si de rien n’était, les deux hommes rentrèrent chez eux se coucher comme à l’habitude. Ils furent débusqués vivants dans leur lit. Ils n’avaient aucun plan ni stratégème, ni même projet de fuite, pour se sauver de la police, imbus de leur (bonne) foi. Sans doute avaient-ils lardé Dvir Sorek de coups de poignard en psalmodiant “Allah hou Akbar”.

Je n’ai pas compris sur le moment la parole du père de ce jeune homme, Yoav Sorek, lorsqu’il a appris l’assassinat de son fils: “Nous espérons que Dvir, puisse Dieu venger son sang, n’a pas vu le visage de ses assassins et nous essaierons nous même de ne jamais les regarder ni maintenant ni au Tribunal”: le rictus de Caïn, le visage de la bête dans l’homme.

Le côté le plus terrible de ce meurtre – et de combien d’autres ! -, c’est son caractère “religieux”. L’arme du crime ne ment pas dans tous ces cas: ce doit être un couteau, un couteau sacrificiel qui doit verser le sang de la victime, en rachat de quelque chose, d’une vengeance, d’un ressentiment, d’une célébration (?) que seul le meurtier connaît. Ce qui choque, c’est le caractère individuel du crime. Il n’y a pas ici de phénomène de foule lyncheuse ni  d’opération militaire de masse. C’est un sacrifice privé, intime, qui est perpétré. On ne saurait cependant passer sous silence l’arrière plan de cet acte: l’appel au meurtre des Juifs par de nombreuses autorités de l’islam, par l’Autorité palestinienne qui déverse dans ses écoles un enseignement de haine et sert, pour les récompenser, un salaire à vie aux familles des assassins qualifiés de “martyrs” (Chahid) puisque le meurtre commis est perpétré sous l’invocation divine.

Mais il y a un niveau plus profond. Derrière le rictus inhumain des assassins se profile en fait la façon dont ils considèrent le Juif tué dans cet acte rituel. Ce que pensaient nécessairement les assassins en sacrifiant le jeune homme, c’est en somme qu’il n’appartenait pas à l’espèce humaine mais à une autre “espèce”, un non humain, en quelque sorte susceptible d’être “chassé” et tué à merci comme une bête des champs. Nous retrouvons là la doctrine de l’imam Yusuf al Qaradawi, chef du conseil de la Fatwa pour l’Europe – c’est dire son importance -, résidant au Qatar après avoir fui l’Egypte de Sissi, qui affirmait en 2003 que “la loi islamique a déterminé que le sang et les biens des peuples de Dar el Harb (les pays non musulmans où l’islam doit mener le Djihad) ne sont pas protégés. Les musulmans peuvent s’emparer de leurs biens, de leurs femmes, disposer de leur vie”, etc. Ce qui est arrivé au peuple Yezidi en Irak sous l’Etat islamique a montré concrètement ce que cela signifiait. Les nazis ne comparaient-ils pas les Juifs aux rats, pour les exterminer “hygiéniquement”? Nous en sommes là au début du XXI° siècle.

Par Shmuel Trigano

 

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