Le choix de Berlin en faveur du drone Heron TP contesté en justice

 

En juillet, le ministère allemand de la Défense avait confirmé son choix en faveur du drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Heron TP en attribuant un contrat de 580 millions d’euros pour la location de 5 exemplaires de cet appareil développé par le groupe israélien IAI. Ainsi, Berlin prenait à contre-pied certains de ses partenaires européens qui ont doté leurs forces armées de drones MQ-9 Predator B (ou Reaper) de l’industriel américain General Atomics.

Seulement, l’affaire n’est pas encore définitivement conclue car, d’après la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, General Atomics a lancé une procédure en justice en saisissant le tribunal (Oberlandesgericht) de Düsseldorf pour contester les termes de l’attribution du contrat à IAI. Et cela retardera de plusieurs mois l’arrivée des Heron TP au sein de la Bundeswehr.

A priori, l’industriel américain appuie sa requête en faisant valoir qu’il n’y a eu aucune compétition pour sélectionner le futur drone de l’armée allemande. Et cela alors qu’il estime qu’une solution basée sur son MQ-9 Reaper (ou sur le MQ-1 Predator) aurait été moins onéreuse.

Cela étant, le choix de Berlin de louer ces 5 Heron TP s’explique par l’entrée en service, espérée en 2025, du futur drone MALE européen, développé par Airbus, Alenia Aermacchi et Dassault Aviation.

« L’initiative de General Atomics est très regrettable et frustrante, d’autant plus que notre position juridique a été confirmée par le bureau de cartel en des termes très clairs », a déploré un haut-fonctionnaire du ministère allemand de la Défense, dans une lettre citée par Reuters.

En effet, General Atomics avait saisi, dans un premier temps, le Bureau des cartels allemand pour contester le choix du Heron TP. Mais, le 17 août, ce dernier a rejeté la plainte du constructeur américain, lequel a donc saisi une instance supérieure.

Une porte-parole de General Atomics, Melissa Haynes, a expliqué que cette plainte a été déposée pour « faire en sorte que ce marché soit conduit comme une concurrence loyale et ouverte, assurant ainsi que le ministère allemand de la Défense procure la solution qui propose une technologie avancée et la plus efficace par rapport au coût. »

Ce n’est pas la première fois que l’Allemagne éprouve des difficultés dans le domaine des drones. Outre l’échec du Talarion, abandonné par EADS Cassidian (aujourd’hui Airbus Defence & Space), Berlin avait dû renoncerau drone HALE (Haute Altitude Longue Endurance) EuroHawk étant donné que son constructeur, Northrop-Grumman, fit des difficultés pour permettre à cet appareil d’obtenir une certification européenne. Cette affaire avait d’ailleurs mis le ministre de la Défense, qui était à l’époque Thomas de Maizière, sur la sellette.

Posté dans Europe, Forces aériennes par Laurent Lagneau Le 01-09-2016

opex360.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.