HISTOIRE – Alors que l’antisémitisme est traditionnellement appréhendé comme le fait de personnes racistes, proches des milieux identitaires ou néo-nazis, plusieurs voix s’élèvent pour dire qu’il existe également un antisémitisme de gauche.
Mais qu’en est-il réellement ? LCI a posé la question à Renée Dray-Bensousan, historienne, présidente de l’association de la recherche et de l’enseignement à la Shoah (Ares).

Le Rassemblement national n’a pas été invité à participer à la manifestation contre l’antisémitisme prévue ce mardi soir à Paris.

Et si des représentants de La France insoumise seront bien là, plusieurs de ses membres sont critiqués pour leur réaction trop tardive ou leur condamnation a minima de l’agression dont a été victime Alain Finkielkraut samedi dernier.

Les deux partis sont accusés de faire le jeu de l’antisémitisme, d’être ambigus et pas assez sévères sur le sujet, notamment par des membres du gouvernement comme Agnès Buzyn.

Et alors que l’antisémitisme est plus souvent attribué à la droite identitaire ou néo-nazie, plusieurs voix s’élèvent pour dire qu’il existe également un antisémitisme d’extrême gauche.

Ce mardi matin sur l’antenne de LCI, Eric Zemmour déclarait d’ailleurs : « Les milieux d’extrême gauche critiquent Israël avec les Palestiniens, et pas tellement l’Arabie saoudite qui bombarde les Yéménites tous les jours. »

Ou encore: « L’antisémitisme contre les Rothschild et contre ces juifs-là (les riches, ndlr) part de l’extrême-gauche, comme aujourd’hui, de Proudhon, de Marx… Proudhon était antisémite, il avait des phrases très dures, qui aujourd’hui résonnent durement. Il dit ‘Il faut les brûler’…. On est en 1840 et c’est une idole de l’extrême gauche. »

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Il est faux de dire qu’il y a un antisémitisme de droite et un antisémitisme de gauche. C’est de l’antisémitisme, point à la ligne ! Renée Dray-Bensousan.

Selon l’historienne et présidente d’Ares (Association de la recherche et de l’enseignement à la Shoah) Renée Dray-Bensousan, « l’antisémitisme peut être de droite, de gauche, de n’importe où ».

Elle s’explique : « Je ne peux pas catégoriser historiquement l’antisémitisme d’extrême gauche et d’extrême droite. Il y a un antisémitisme d’extrême gauche, il y a un antisémitisme de droite. Ce qu’il y a de commun à tout ça, c’est la perception que l’on a des juifs. Dans les nations européennes, la minorité juive peut être perçue comme néfaste sur le plan socio-économique. L’antisémitisme de droite est racial, viscéral. Mais vous avez aussi des antécédents d’antisémitisme chez des penseurs socialistes de gauche comme Proudhon. L’antisémitisme de gauche se représente les juifs comme une force capitaliste. Mais c’est une représentation. Cela n’a rien à voir avec la réalité. » 

Selon l’historienne chercheuse, il est surtout important de répéter qu’il est « faux de dire qu’il y a un antisémitisme de droite et un antisémitisme de gauche. C’est de l’antisémitisme, point à la ligne ! »

Historiquement, « le mot antisémite a été créé au 19e siècle par Wilhelm Marr », précise Renée Dray-Bensousan. « Il se décompose ainsi : anti, pour contre, et sémitisme, parce que dans le mot sémitisme il y a le mot sem. D’après la Bible, Sem, fils de Noé, est le père, l’ascendant de tous les peuples qui vivent dans cette partie du Moyen-Orient. »

Selon l’historienne, « il faut faire une différence entre l’antijudaïsme qui définit les juifs comme une religion, descendants des hébreux, et la conception moderne apparue avec Marr de l’antisémitisme en tant que race. L’antisémitisme moderne s’exprime donc depuis le 19e siècle. Avant on parlait plutôt d’antijudaïsme. » 

Par ailleurs, réserver le concept d’antisémitisme aux seuls juifs est un abus de langage car tous les sémites ne sont pas juifs , et tous les juifs ne sont pas sémites, ajoute-t-elle.

lci.fr

4 Commentaires

  1. L’antisémitisme, c’est une chose bien claire. Mais ceux qui protègent les agresseurs et les tueurs de Juifs, les policiers qui, sont sur place lorsque Finkelkraut se faut insulter et qui ne bougent pas ou ceux qui refusent de prendre les plaintes des Juifs agressés qui vont jusqu’à les menacer de les arrêter s’ils ne dégagent pas ou les procureurs qui classent les plaintes sans suite ou les juges d’instruction qui cherchent à tous prix à faire passer un assassin pour un déséquilibré pour lui éviter la prison et qui refusent de rendre justice à leur victime. Ou bien les autorités qui sont censées faire respecté la loi pour tout le monde et qui mettent ces actes sous le tapis lorsqu’ils se produisent et lorsqu’un Juif se défend et qui font tout pour le casser. Et je ne parle pas des belles déclarations qui ne sont suivies que par du vent. Quand un ministre Israélien appelle les Juifs de France à faire leur alyah pour se protéger de ce virus, une députée Française l’accuse de manœuvre électorales. Alors qu’est-ce qu’il faut faire ? Ne pas faire d’élections en Israël lorsqu’il y a des actes antisémites ou ne faut-il pas qu’il y ait des actes antisémites lorsqu’il y a des élections ? La France n’est pas un pays antisémite. D’accord alors qu’est-ce qu’elle est ? D’oû viennent ces comportements ? De quoi parle-t-on exactement ?

  2. L’art de noyer le poisson ou d’enfiler des perles (pour rester polie).
    Sans compter que cette pseudo historienne ignore que l’antisémitisme est un terme précis et historiquement daté qui désigne spécifiquement les préjugés racistes envers les juifs. Qu’elle commence par consulter un dictionnaire. Point à la ligne.

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