Le Président soudanais Omar El Béchir quitte sans encombre l’Afrique du sud ; un tribunal statue qu’il aurait dû être arrêté.
Le Président soudanais Omar El Bécghir, membre de la confrérie des Frères Musulmans, s’est enfui d’Afrique du sud, le 15 juin, en dépit d’une injonction d’un tribunal, la veille, requérant qu’il demeure dans le pays jusqu’à la décision d’un Juge disant s’il doit être arrêté et transféré immédiatement à la Cour Pénale Internationale (CPI), pour répondre des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Les dirigeants d’Afrique du sud ont déclaré qu’ El Béchir était libre de quitter le pays, puisqu’il s’y était rendu en mission diplomatique, qui tombait en-dehors de l’engagement pris par le gouvernement d’arrêter les suspects de crimes de guerre, présents sur son territoire.
Ce n’est qu’après son départ que le Tribunal a réaffirmé qu’il aurait dû être arrêté.
Le Juge Hans Fabricius de la Haute-Cour d’Afrique du sud a déclaré que le Tribunal aurait dû se conformer à la requête des mouvements des droits de l’homme, pour que l’Etat honore sa promesse envers la CPI et arrêté Omar El Béchir.
[En lien : Reportage : l’Armée Soudanaise fait du viol au Darfour une arme de guerre , Feb. 16]
Omar El Béchir se trouvait à Johannesburg, le 14 juin pour le Sommet de l’Union Africaine (UA).
Le Président Soudainais Omar el Bachir est recherché pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, à cause des actions de son régime au cours de la répression des rebellions au Darfour. La CPI a diffusé son premier mandat d’arrêt contre Béchir en 2009.
La CPI continuera ses poursuites en vue de l’arrestation d’el Béchir et pourrait sanctionner l’Afrique du Sud pour avoir défié son autorité, selon Julian Nicolls, un margistrat de premier plan impliqué dans les procédures de la CPI, qui s’est confié à la BBC.
« Nous évaluerons les mesures à prendre prochainement contre ce refus de l’Afrique du Sud d’arrêter et d’extrader M. El Béchir ».
L’Afrique du sud était un chaud partisan due la CPI, lorsqu’elle a été créée en 2002, mais ce soutien s’est effondré au cours de ces dernières années, et beaucoup la considère comme trop focalisée sur l’Afrique, alors qu’elle négligerait des abus et violations au Moyen-Orient et en Amérique Latine.
« La Cour Pénale Internationale n’est plus utile pour atteindre les objectifs pour lesquels elle a été créée », a prétendu le Congrès National Africain (ANC), le parti qui a conduit Nelson Mandela au pouvoir, le 14 juin.
L’Union Africaine a accusé, en 2013, la CPI « de chasser les Africains de façon raciste » et a commencé à faire du lobbying sur des dossiers impliquant des figures régnantes et chefs d’Etat qui devaient être déferés devant des tribunaux africains. En 2014, la CPI a levé les accusations contre le Président Uhuru Kenyatta du Kenya, citant unmanque de preuves, concernant des accusations sur son rôle supposé dans les violences électorales de 2007.
Les groupes des droits de l’homme affirment que les problèmes de l’UA avec la CPI n’excusent en aucune façon l’Afrique du sud d’avoir manqué à son engagement envers le tribunal.
« Les obligations légales de l’Afrique du Sud, en tant que pays-membre de la CPI signifient qu’elle doit coopérer à l’arrestation d’el Béchir et non à ses projets de voyage », déclare Elise Keppler, directrice associée de Human Rights Watch.
El Béchir a remporté un nouveau mandat de cinq ans, lors des élections d’avril, que les partis d’opposition ont boycotté et que les diplomates occidentaux ont dénoncé comme truquées. Selon les Nations-Unies, 300.000 personnes ont été massacrées dans des conflits, au cours de sa mandature au poste de Président. Le Soudan, quant à lui prétend réduire ce chiffre à 10.000 personnes.
Lundi 15 Juin 2015 | Posté par WorldTribune
Adaptation : Marc Brzustowski.
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