On ne sait pas encore si l’information objective y gagnera au change, mais la Chaîne de la Télévision publique Fr 2 vient de diffuser l’annonce du remplacement de Charles Enderlin, par Franck Genauzeau, un reporter plus jeune et peut-on espérer, moins passé sous le rouleau-compresseur de la propagande anti-israélienne des syndicats de journalistes, quoiqu’il émarge de la même rédaction. 

Peut-être, justement, pourra t-on éprouver la petite différence entre un « reporter » homme de terrain, ayant baroudé dans divers pays d’Afrique et du Moyen-Orient, ce qu’a fait, ces dernières années Franck Genauzeau, et un « journaliste »-correspondant qui se contente d’occuper un bureau pour y faire régner ses théories oiseuses sur les « responsabilités » ontologiques du conflit… (« C’est la faute à bibi », tout le monde le sait!).

Pour salutaire que pourrait paraître ce zapping d’une génération à l’autre, il n’effacera pas de si tôt les immenses dégâts commis par son prédécesseur dans la radicalisation de l’opinion française, au cours des 15 années écoulées et l’image du petit Mohamed continuera de marquer d’une pierre noire comme la Qa’aba, la légende des origines de l’Intifada palestinienne, encore aujourd’hui reproduite avec une ironie amère par les caricaturistes qui dépeignent une tragédie bien plus vaste : celle des réfugiés de Yarmouk, pris entre le marteau-pilon de Bachar al Assad et l’enclume des décapiteurs de l’Etat Islamique, décrêtant tout Palestinien, désireux d’un Etat et de frontières ou serviteur zélé de l ‘Iran chi’ite, à travers le soutien au Hamas, comme un apostat aux yeux de l’Islam « véridique » version Al-Baghdadi:

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Le « petit Mohamed » version Bachar : autrefois réfugié derrière un bloc de béton, il reçoit désormais sur la tête les barils de bombes iraniennes larguées par l’air force syrienne…Aliam vitam, alio mores

 Jihadistes de Daesh liquidant définitivement la « question palestinienne ».

Charles Enderlin est demeuré droit dans ses bottes, indéboulonnable au poste depuis 1981, dont il se servait comme d’une tribune politique pour faire passer son message mégalomaniaque, sa vision du monde, le plus souvent, au détriment des ennemis politiques qu’il détestait. 

Ainsi a t-on pu croire, la semaine passée, que sa nouvelle charge contre Le Temple et ceux qui attendent sa refondation (au bas mot, quelques millions de Juifs en prière chaque jour) signait l’heure du « grand retour ». Au contraire, il aurait fallu entendre qu’il s’agissait d’un baroud d’honneur, du chant du cygne (magnifique), une sorte de moment d’hommage, à l’heure de battre en retraite. 

Que sait-on exactement de Franck Genauzeau? Assez peu de choses, à vrai dire, sinon que les quelques reportages sur Israël auquel il a participé ne sont, à ce jour, pas entachés de la même réputation incendiaire que ceux de son prédécesseur, producteur de mises en scène made in Pallywood. 

Genauzeau dispose, quoi qu’il en soit, d’une occasion en or de participer au rééquilibrage et à l’assanissement de l’information, à une ère moins dynosaurienne de l’information, où l’on sait tous, globalement, que le fameux conflit palestino-israélien, si chèrement jalousé par les chancelleries qui l’entretiennent, n’est pas l’épicentre de l’ensemble des plaques tournantes qui déstabilisent, actuellement, le Moyen-Orient, à l’heure de l’import-export de terroristes, entre Paris et Istanbul… 

On ne peut que parier qu’il saura franchir le pas qualitatif, à la lumière de reportages comme ceux ci-dessous, où il visite les tunnels à l’origine de la dernière passe d’armes entre Tsahal et le Hamas, l’été dernier. Au moins semble t-on lire en filigrane qu’il y a bien un agresseur terroriste lanceur d’opérations en territoire israélien et une réplique appropriée (appréciée ou pas en tant que telle par l’opinion, ce qui est d’un autre registre, en l’âme et conscience du spectateur, sans besoin d’être idéologiquement aiguillé), de la part de l’Etat qui les démantèle…

Ou plus bas, lorsqu’il rend compte de l’inhumation des victimes juives des attentats de Paris, en janvier dernier…

Marc Brzustowski

 

 

Les images qui ouvrent ce sujet ont été tournées par le Hamas. Un commando émerge d’un tunnel en territoire israélien, armes à la main, avant de se rapprocher d’un baraquement de l’armée. Ils profitent de l’effet de surprise pour ouvrir le feu et abattre cinq soldats israéliens. Cette vidéo a été diffusée sur la télévision du Hamas, mais elle sert aussi la communication d’Israël. En effet, les tunnels constituent l’objectif prioritaire de l’intervention armée d’Israël dans la bande de Gaza depuis plus de trois semaines.

Des tunnels en béton, longés de câbles électriques

Nos confrères de France 2 ont pu visiter l’un d’eux, choisi au préalable par l’armée israélienne. Il se situe à un kilomètre environ des premières habitations israéliennes, et passe sous la frontière à une quinzaine de mètres de profondeur. Ce tunnel est entièrement en béton. Il est longé par des câbles électriques – qui alimentent les machines pour percer la terre – et téléphoniques – car les portables ne peuvent capter sous terre. Au sol, des rails permettent d’acheminer le béton et d’évacuer la terre.

« On a trouvé des kits de kidnapping pour enlever des civils et des militaires, à en croire le capitaine Daniel. Ils avaient même prévu des tranquillisants. » Depuis le début de la guerre, une quarantaine de tunnels auraient été découverts, parfois à quelques centaines de mètres des habitations. « Comment se fait-il que les services de renseignement n’aient rien vu venir ? », s’interroge une habitante. Douze soldats sont morts au cours d’incursions du Hamas menées à l’aide des tunnels.

francetvinfo.fr, Mis à jour le , publié le

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