Le chemin de pèlerinage entre Jérusalem et la cité de David

1
3395

La découverte du chemin de pèlerinage entre Jérusalem et la cité de David

 

 

Le 1er juillet 2019, l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, et le conseiller de Trump pour le Proche Orient, Jason Greenblatt, ont inauguré « la route du pèlerinage », route qui n’est autre que le chemin qu’empruntaient les juifs se rendant au Mont du Temple, lors de leur pèlerinage (époque du second Temple). Au 1er siècle de notre ère, Flavius Joseph mentionnaient déjà les millions de juifs qui utilisaient cette voie (lors des fêtes de pessah, chavouot et soukot), après la prise d’un bain rituel dans le bassin de Shiloah (situé dans la Cité de David). Cette découverte, tout à fait prodigieuse, devrait, sans conteste, modifier la perception de tous ceux qui nient l’existence d’un lien entre les juifs et leur capitale éternelle.

La découverte « du chemin de pèlerinage » est l’aboutissement de recherches archéologiques menées de longue date. Dans un premier temps, les archéologues ont découvert la piscine de Shiloah. Par la suite, ils ont retrouvé le canal de drainage des eaux entre la Cité de David et la ville de Jérusalem (nommé « la rue hérodienne »). Au cours des cinq dernières années, les chercheurs israéliens ont finalement découvert 350 mètres de cette « route du pèlerinage », et décidé de son excavation. Ainsi, il sera prochainement possible d’emprunter à nouveau cette route historique, pour rejoindre le Mont du temple depuis la Cité de David.

L’excavation de cette voie n’a pas été simple à réaliser. C’est l’organisation Elad qui a procédé aux aménagements visant à relier la partie de la route souterraine à la piscine de Shiloah. Pour éviter l’effondrement des habitations situées au dessus, Elad a été contraint de poser des poutres en acier dans le tunnel, ce qui a généré un coût faramineux : plusieurs centaines de millions de dollars ont été versées, en partie par le gouvernement israélien, mais surtout par les donateurs privés, comme Sheldon et Miriam Adelson, ou encore par le fondateur d’Oracle Larry Ellison, voire enfin par le cofondateur de WhatsApp, Jan Koum. L’opération devrait toutefois être rapidement rentabilisée, grâce à la visite escomptée (par la fondation Elad « Ir David ») d’un million de visiteurs par an (dès son ouverture officielle qui devrait intervenir d’ici quelques mois).

De même, le Directeur de l’Autorité des antiquités israéliennes, Yisrael Hasson, est tout à fait confiant : «Le projet, approuvé par le conseil des ministres, dans le but de préserver et de développer la zone de l’ancienne Jérusalem, permettra de créer une expérience de visite globale dans cette région unique. Nous en sommes actuellement à la deuxième phase du plan, ce qui améliorera considérablement l’ensemble du domaine ». Pour lui, « l’Autorité des antiquités israéliennes a vocation à prendre le rôle de gardien national du patrimoine et des sites culturels en Israël».

Sur un plan scientifique, les vestiges découverts sur cette voie (pièces, morceaux de catapultes…) témoignent de la révolte de Jérusalem ayant opposé les Juifs aux Romains (il y a de cela 2000 ans). A cette époque, les juifs refusaient la présence romaine à Jérusalem et ont, notamment, utilisé cette voie pour chercher refuge. En vain. C’est alors qu’à titre de rétorsion, les romains ont décidé de détruire le (second) Temple de Salomon.

Il convient toutefois de souligner la formidable résilience des opposants juifs : les pièces de monnaie retrouvées sur le site portent l’inscription « libre Sion », illustrant la conscience juive de ce que la bataille était perdue d’avance. Les révoltés juifs ont juste entendu marquer l’événement en frappant des pièces, de sorte que le peuple juif n’oublie jamais les actes de bravoure accomplis par les défenseurs de Jérusalem.

Depuis, les autorités israéliennes qui gèrent la Cité de David (dont une partie, 6%, se trouve dans la ville palestinienne de Silwan ), ont décidé de débaptiser certaines rues pour leur donner le nom de célèbres Rabins de l’époque, et l’ancien maire de Jérusalem, Nir Barkat, a déclaré : « les millions de touristes qui se rendront chaque année à Silwan comprendront mieux le lien entre la Cité de David et le peuple juif ».

Pour sa part, David Friedman a rappelé que la découverte de cette route était d’autant plus importante que : « Le public américain a apporté un soutien considérable à la Cité de David ». Il a jouté : « C’est encore un autre exemple – et un grand exemple – de la reconnaissance des valeurs judéo-chrétiennes sur lesquelles les deux nations ont été fondées ». Il a finalement conclu : « le chemin de pèlerinage est une preuve étonnante et tangible de la prière juive à l’époque du Second Temple. Cela donne vie à la vérité historique de cette période capitale de l’histoire juive ». Or, «La paix entre Israël et les Palestiniens doit être fondée sur un fondement de vérité. La Cité de David fait progresser notre objectif collectif consistant à rechercher une résolution fondée sur la vérité. C’est important pour toutes les parties au conflit ».

Bien évidemment, et sur le plan symbolique, cette découverte constitue une tragédie pour les palestiniens qui ne cessent de nier le lien existant entre le peuple juif et Jérusalem. Par ailleurs, sur le terrain juridique, ils déplorent les décisions des tribunaux israéliens concernant l’expulsion des personnes palestiniennes occupant des immeubles de Silwan, sans droit ni titre.

Pour ce faire, les tribunaux israéliens ont décidé d’étendre à Silwan (En juin 2019), la Loi sur « les biens des absents » (adoptée en 1950). Au terme de ce texte, les palestiniens ayant quitté le territoire entre le 29 novembre 1947 (date du plan de partage adopté par l’Onu) et le 14 mai 1948 (date de la création d’Israël) sont considérés comme « absents ». Leurs biens sont, depuis, confiés à « un gardien des biens des absents », tenu de les gérer, de procéder aux réparations, d’expulser les occupants sans droits ni titre, ou encore de procéder au transfert du titre de propriété, à condition que ce transfert s’opère au profit d’une autorité chargée du développement du pays (article 19). C’est dans ce contexte que le « Gardien » de ces biens a décidé de vendre les immeubles vacants, à la fondation Elad, à l’origine de l’éviction des palestiniens sans droit ni titre.

Une autre mécontente est Amnesty International qui déplore que le site de tourisme en ligne Tripadvisor présente « la Cité de David » comme l’une des « attractions principales de Jérusalem ».

Pour autant, le grand perdant restera l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) qui ne cessent d’adopter des résolutions anti israéliennes (contestant tout lien entre Jérusalem et le peuple juif). En octobre 2016, l’Unesco a adopté une résolution sur Jérusalem-Est visant à « protéger le patrimoine culturel palestinien », en déplorant « les fouilles illégales » d’Israël dans la Vieille ville (sic). La résolution a même nommé le « Mont du Temple » par son appellation arabe « Al-Aqsa / Al-Haram Al-Sharif », le qualifiant de « lieu saint de culte musulman » (sic). Le 5 mai 2017, une autre résolution sur le statut de Jérusalem a décrêté : « toutes les mesures prises par Israël, une puissance occupante, qui ont altéré ou visent à altérer le statut de la ville sainte de Jérusalem » seront « nulles et non avenues et doivent être annulées » (sic)

Il n’appartient pas à l’Unesco de revisiter l’histoire et d’imposer des « principes culturels » en fonction d’une pensée majoritaire : sur le terrain historique, la sensibilité dominante ne saurait s’imposer, au mépris de la réalité et de la Vérité.

Par Maitre Bertrand Ramas-Muhlbach

1 COMMENT

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.