French lawyer Gilles-William Goldnadel poses at his office on February 10, 2015 in Paris. AFP PHOTO / JOEL SAGET (Photo by Joël SAGET / AFP)

Gilles-William Goldnadel: «La comédie parlementaire en trois actes de la France Insoumise»

Par Gilles William Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Une femme a saisi le «comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles» de La France Insoumise, estimant que le nouveau président de la commission des Finances Éric Coquerel a eu des «gestes déplacés» à son égard. Pour l’avocat, cette affaire est révélatrice de l’hypocrisie de la gauche radicale.

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.

La comédie parlementaire «La farce d’Éric Coquerel» fut donnée en trois actes au théâtre Bourbon la semaine dernière.

Premier acte. Le doyen, d’un âge respectable et ordinairement respecté, délivra un discours de facture classique. Mais il se trouve que José Gonzalez est d’un parti qui se veut national mais que d’aucuns tiennent pour nationaliste. Il se trouve également qu’il a grandi dans ce territoire d’outre-mer que Charles X et son successeur ont cru devoir conquérir pour empêcher les razzias barbaresques.
Il se trouve encore que la tradition parlementaire veut que le doyen évoque son passé. José Gonzalez s’exécuta donc en évoquant les affres de son exil obligé en 1962 avec des mots émus qui devinrent émouvants. Sans jamais aborder la question politique.
Mais c’en était déjà trop pour le parti des Insoumis que certains tiennent, mais en secret, pour enragés.
Il suffit pour ces derniers d’entendre un Français pleurer son enfance algérienne et un blanc évoquer la tragédie pied- noir, pour qu’il déclenche dans l’Assemblée un tohu- bohu indigné.
Le 5 Juillet, l’on commémorera le massacre d’Oran où, dans l’indifférence de la France, au moins 700 Français d’Algérie et des musulmans furent immolés alors même que l’Algérie avait obtenu l’indépendance. Puissent tous les inconsolables Gonzalez de France être consolés, ne serait-ce que pour montrer le bras de l’honneur aux sans cœurs.

Un jeune et nouveau député, en tenue négligée, refusa celle tendue par l’un de ses collègues du parti national. À ce stade de la goujaterie et de la forfanterie réunies, l’auteur suggère que les honnêtes représentants de la nation devraient refuser la main des malotrus obtus. Histoire de voir la vergogne changer enfin de camp. Gilles-William Goldnadel

J’en viens ainsi à l’acte II qui concerne non le bras, mais la main.
Un jeune et nouveau député, en tenue négligée, refusa en effet celle tendue par l’un de ses collègues du parti national. Pour la plus grande joie de ses amis.
L’impoli, Insoumis, se nomme Louis Boyard.
Nous l’avions connu très gentil, encore que Grande Gueule, dans une autre vie.
Pour justifier son geste ou plutôt son absence, il excipa, dans le cadre toujours de cette comédie qui se voulait d’esprit, un risque de contamination par le simple toucher de deux maladies de l’âme humaine qu’il identifia en savant comme celle du racisme et de l’antisémitisme.
Au regard des connaissances scientifiques des temps présents, il semblerait que le jeune Louis Boyard, à l’instar de bien d’autres, souffre d’un cruel retard. Il semble ignorer qu’alors que le parti national a guéri de ses deux maladies, le sien propre en manifeste les symptômes les plus cruels. C’est ainsi qu’il a participé à des manifestations de mahométans radicaux proches de ces Frères musulmans tenus pour terroristes dans nombre de contrées.
C’est ainsi encore que deux de ses collègues, Danièle Obono et Danielle Simonnet, ont convié à Paris Jeremy Corbyn, tenu pour un antisémite virulent par son propre parti.
C’est dire combien l’argument prophylactique tenait de l’art comique.
À ce stade de la goujaterie et de la forfanterie réunies, l’auteur suggère que les honnêtes représentants de la nation devraient désormais refuser la main des malotrus obtus. Histoire de voir la vergogne changer enfin de camp.

 

Éric Cocquerel, extrêmement à la gauche de cette gauche extrême, a manifesté en faveur de Georges Ibrahim Abdallah, terroriste libanais, condamné par la France pour avoir participé à l’assassinat de deux diplomates américain et israélien, en exhibant fièrement le portrait de son héros. Gilles-William Goldnadel

 

Dernier acte. Qui tient plutôt du drame. Jeudi dernier avec la passivité, sinon la complicité, de certains membres de ce parti conservateur qui a connu bien des malheurs en raison de ses erreurs, Éric Cocquerel, extrêmement à la gauche de cette gauche extrême, a accédé à la présidence de la fort stratégique Commission des finances.
Nous n’aurions pas assez d’un livret pour évoquer les hauts faits du promu.
C’est ainsi, notamment, que cet élu citoyen a manifesté en faveur de Georges Ibrahim Abdallah, terroriste libanais, condamné par la France pour avoir participé à l’assassinat de deux diplomates américain et israélien, en exhibant fièrement le portrait de son héros.
C’est encore lui qui, en son fief, ceint de l’écharpe tricolore, accompagna une troupe d’étrangers dans l’illégalité pour occuper la basilique Saint-Denis où reposent nos rois de France.
On a déjà vu parlementaire inspirant davantage l’estime et la confiance.
Alors que j’allais mettre le point final à cette tragi-comédie en trois actes, voici qu’un rebondissement inattendu le porte au vaudeville.
Après qu’Éric Coquerel eut été élu, la militante Rokhaya Diallo, ordinairement proche de son mouvement pour cause d’indigénisme et de racialisme, mais avec de plus gracieuses manières, déclara son étonnement sur les ondes qu’un tel poste pût échoir à un homme que l’on disait trop empressé auprès des dames.
À ces mots, le parti Insoumis déclara toute son indignation par la plume électronique de son chef, dans le même style enlevé dont il avait usé sinon abusé, dans une affaire Taha Bouhafs, avant que ce dernier ne démissionne piteusement.
Les féministes du parti, Clémentine Autain et sa voisine écologiste Sandrine Rousseau, celles qui ordinairement tirent sur le premier mâle blanc accusé d’avoir osé un compliment trop hardiment troussé, jurèrent sur le Capital qu’elles n’avaient jamais entendu la moindre rumeur concernant celui qu’elles tenaient pour parfait gentilhomme.

S’agissant d’un parti qui s’est fait une spécialité d’« écouter la parole des femmes », qui considère que tout mâle blanc qui ose complimenter une femme sur sa poitrine est un violeur en puissance, la soudaine surdité de ses féministes diplômées tient de la complicité.Gilles-William Goldnadel

Mais coup de théâtre sur coup de théâtre, on apprenait hier dimanche que le citoyen président Éric Coquerel était à présent contraint de s’expliquer dans le journal paraissant ce jour-là sur des accusations dont il contestait encore étrangement l’existence.
Et voilà que Patatras! Nouveau rebondissement, on apprenait vers les onze heures que Sophie Tissier, ayant porté autrefois un gilet de couleur jaune, avait saisi le «comité de suivi des violences sexistes et sexuelles» du parti concernant le sieur précité de comportements inappropriés . . .
Qu’il soit permis à ce stade de l’intrigue à l’auteur de révéler à son lecteur que celui-ci, en dépit des rigueurs de l’âge et de sa maladresse y conséquente à maîtriser l’outil électronique, avait livré la veille les noms de l’accusatrice et d’une autre encore.
Qu’il lui paraît étonnant qu’il ait fallu attendre la promotion de l’accusé pour que ces accusations déjà anciennes soient portées à la connaissance du public par une presse ordinairement plus curieuse en cette matière féministe très moderne.
Qu’enfin et surtout qu’en tant qu’avocat, homme et citoyen, il est le dernier à vouloir accuser publiquement un homme présumé innocent en ce domaine très subjectif et sensible avant toute éventuelle mise en examen judiciaire.
Mais s’agissant d’un parti qui s’est fait une spécialité quasi médicale d’«écouter la parole des femmes», qui considère que tout mâle blanc qui ose complimenter une femme sur sa poitrine est un violeur en puissance, la soudaine surdité de ses féministes diplômées tient de la complicité.
Que pour ne pas trop plagier le cinématographe de Monsieur Lumière, il intitulera finalement sa pièce à rebondissements «Les arroseuses arrosées».
Mais il survient malheureusement dans la vie que ce qui ressemble à une mauvaise comédie d’été s’achève en drame quand tombent le rideau et les feuilles.

1 COMMENTAIRE

  1. Bravo pour cette tribune, il est bien de connaître un peu l’histoire de certains élus anti français antisémites qui ont toujours tous un passé pas très net , pour en avoir une opinion et cela veut diriger le pays , de Gaulle avait bien dit que le pays était rempli de veaux ..

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