La chasse aux sangliers divise Haïfa

La méthode musclée du nouveau maire de Haïfa, Yona Yahav, pour éradiquer les nuisibles sangliers errant dans les rues de la ville côtière soulève une vive polémique. En à peine quelques semaines, des centaines d’animaux ont été abattus par des chasseurs mandatés, au grand dam des défenseurs de la cause animale qui dénoncent un véritable « massacre ».

Dès son entrée en fonctions fin 2022, Yahav avait fait de la lutte contre la prolifération de ces nuisibles urbains l’une de ses priorités de mandat. Promettant de débarrasser Haïfa de ses sangliers dans un délai de 90 jours, il a obtenu l’aval des autorités environnementales pour recourir à l’abattage si nécessaire, via un accord avec l’Autorité de la Nature et des Parcs.

Une décision qu’il justifie par l’inefficacité des précédentes méthodes de régulation, jugées trop laxistes. « Ces bêtes n’ont plus peur de l’homme et menacent nos enfants dans les quartiers résidentiels », a-t-il lancé avec fermeté devant un tribunal, où il était interrogé par des avocats animaliers sur ces pratiques jugées radicales.

Le débat houleux a été relancé après la diffusion d’images choquantes montrant des carcasses ensanglantées de sangliers abandonnées près des poubelles à même la chaussée. Une situation qui a poussé des riverains révoltés à porter plainte auprès de la police pour actes de cruauté animale et mise en danger d’autrui par des tirs à proximité d’habitations.

 

Face à la polémique, la municipalité assure respecter à la lettre l’accord conclu avec les autorités environnementales, qui autorise l’abattage en dernier recours si le comportement de l’animal devient menaçant et qu’il ne craint plus la présence humaine.

« Un sanglier qui mange dans les poubelles sans prendre la fuite à l’approche d’une personne est considéré comme ayant perdu sa peur de l’homme, et à ce titre représente un danger potentiel qu’il faut neutraliser », plaide un responsable municipal.

Mais l’association vegan Let Live Live, à l’origine du recours en justice, dénonce des « tirs aveugles et un massacre indigne ». Ses avocats assurent disposer de preuves accablantes de sangliers abattus alors qu’ils ne représentaient aucun danger, contredisant la version officielle. Ils ont tenté en vain d’obtenir une injonction urgente pour mettre fin à ces pratiques.

Au-delà du seul sort des sangliers, c’est aussi le style résolument musclé et sans compromis du nouvel édile qui est remis en cause. Ses dérapages verbaux insultants contre les militants animaliers, traités de « gamins venus de Tel-Aviv qui mettent en danger nos enfants », ont même valu un rappel à l’ordre du juge pendant l’audience.

Le dérapage ne s’est pas arrêté aux portes du tribunal, Yahav poursuivant ses invectives une fois sorti face aux défenseurs de la cause animale. Une attitude qui choque dans un pays où le mouvement animaliste prend une ampleur grandissante.

Le dossier sanglier illustre la difficile cohabitation entre l’homme et la faune sauvage en milieu urbain, et le défi de trouver un juste équilibre entre impératifs de salubrité et de sécurité publiques, et respect du bien-être animal prôné par une partie de la société israélienne.

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