Israël peut-il battre le stade 2 du coronavirus?

Israël lutte contre la deuxième phase du coronavirus tout en perdant peu à peu la confiance du public, l’outil essentiel qui a aidé le gouvernement à atteindre un succès de classe mondiale en battant la première vague de la pandémie. Cette confiance fond rapidement car, de jour en jour, le virus contamine inlassablement en moyenne plus de mille nouveaux cas confirmés à travers le pays. Jeudi 9 juillet, 1 104 nouveaux cas ont été confirmés, portant le total cumulé à 33 557. Le nombre de personnes gravement malades est passé de 86 à 113, et quatre nouvelles villes devaient être cernées par des confinements et bouclages locaux : Bet Shemesh, les quartiers de Jérusalem, Raanana et Kiryat Malachi.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu n’a pas tenu sa promesse d’apporter en moins de «48 heures» un paquet financier d’ici mercredi soir, 8 juillet, à l’intention des entrepreneurs. C’était une ligne rouge pour le million de personnes que les fermetures de la pandémie ont mis au chômage et les milliers d’entreprises en faillite, en particulier dans les industries du tourisme, de l’aviation et du divertissement. Netanyahu a fait cette promesse lors d’une violente altercation avec les chefs d’entreprise lundi. Le programme devait consister en un plan de redressement de six mois offrant un filet de sécurité sociale pour tous et une indemnisation sans délai à tous les demandeurs. L’administration fiscale du ministère des Finances devait alors commencer à transmettre l’aide. Mais le plan n’a pas pu se concrétiser à temps, bien que les commandes soient passées et que l’argent – 5 milliards de shekels – soit là. Lorsque Netanyahu a pris à partie les fonctionnaires des impôts, ils lui ont dit que leurs ordinateurs étaient conçus pour une fonction de reversement leur permettant d’encaisser des impôts et qu’il faudrait les reprogrammer pour qu’elles puissent accorder des liquidités.

Cela n’a été qu’un problème de plus dans une série de tracas, de ratés et de pannes provoqués par des ministères gouvernementaux complaisants et rigides – les pires réticents à suivre les ordres étant le Trésor, l’assurance nationale et les autorités de protection sociale. Ces questions irritantes ont été exacerbées par des directives opaques en constante évolution pour le comportement adaptatif du public. À eux seuls, les hôpitaux ont réussi à répondre à l’urgence, mais à un prix élevé pour le personnel.

Ensuite, l’application de suivi et de traçage du Shin Bet, approuvée provisoirement pour identifier les contacts des cas confirmés et ainsi rompre la chaîne d’infection, a trop souvent connu des ratés. De nombreuses personnes ont été condamnées à tort à la quarantaine obligatoire. Les opérateurs du Shin Bet ont accusé le ministère de la Santé de ne pas avoir assuré la bonne transmission des résultats assortis de tests complémentaires. Cependant, les victimes confinées de force, lorsqu’elles ont appelé la ligne d’urgence du ministère pour se plaindre, n’ont pas pu bénéficier d’un régime d’assouplissement pour faits d’erreurs constatées.

L’amende pour avoir omis de porter des masques a été portée à 500 shekels (environ 120 dollars et 105 €) et 5 000 shekels pour les restaurants qui ont dépassé les limites de 20 convives à l’intérieur et 30 assis à l’extérieur. Les policiers qui ont patrouillé dans les rues pour faire respecter ces règles ont été sommés d’aller doucement et d’approcher les primo- contrevenants par des avertissements. Dans quelques cas, des agents ont été pris en photo pour avoir épinglé violemment des contrevenants ou traiter durement un mineur. Ces images sont apparues sur les écrans de télévision et les réseaux sociaux – un autre élément qui a sapé le moral et la confiance du public dans les autorités.

Les tests de coronavirus ont commencé lentement par manque de personnel et d’installations et ont maintenant dépassé 20 000 par jour. Les tests épidémiologiques sont beaucoup plus lents et manquent encore de main-d’œuvre.

Cette semaine également, Betar Ilit, une petite ville de 60 000 âmes, a été placée mercredi en confinement d’une semaine. Les citoyens se plaignent qu’à moins que les 280 cas confirmés ne soient évacués, ce chiffre doublera et triplera en un rien de temps, car la plupart appartiennent à des familles nombreuses vivant dans de petits appartements exigus. Cet aspect de la propagation a été négligé.

Les circonstances d’exercice du pouvoir de Netanyahu ont radicalement changé depuis qu’il a réussi à sortir le pays de la crise du Covid-19, au cours des deux premiers mois de l’épidémie. Il n’a pas été contesté à ce moment-là, lorsqu’il a mené la bataille contre un ennemi inconnu, dans des émissions nocturnes à destination de la nation, soutenu solidement par un ministère de la Santé prêt à se conformer à toutes les directives. En tant que chef d’un gouvernement intérimaire, il n’avait pas les mains liées par la Knesset et pouvait exercer des pouvoirs d’urgence. Le public était harcelé par un ennemi inconnu, qui le poussait à obéir docilement aux règles du séjour à la maison.

Porté par la forte baisse des chiffres de l’infection, Netanyahu a répondu aux demandes pressantes de rouvrir l’économie, les entreprises, les écoles et les transports publics. Les citoyens extatiques ont ouvert leurs portes à la libre circulation, ont jeté leurs masques et ont été faire la fête en s’entassant les restaurants et les cafés et en dansant lors des grands mariages. Les hôpitaux ont fermé leurs services de coronavirus.

En mai, le Likud de Netanyu et Kahol Lavan de Benny Gantz ont formé un gouvernement de coalition et Netanyahu s’est occupé de tenter de faire décoller l’annexion d’une partie de la Cisjordanie.

Toutes ces actions étaient terriblement prématurées. Le Covid-19 n’avait pas disparu. Il s’était seulement regroupé et se préparait à un assaut plus important au cours des deux dernières semaines de juin. À ce moment-là, Netanyahu a été forcé de faire appliquer ses décisions devant un gouvernement éléphantin et conflictuel de 36 ministres et une opposition parlementaire impatiente de montrer son courage de braver les directives. Le 3 juillet, avant d’imposer des restrictions pour lutter contre la propagation fulgurante du coronavirus, le Premier ministre a dû demander à la Knesset une mesure spéciale pour permettre au gouvernement de répondre rapidement et sans attendre une sanction parlementaire préalable. Cela a pris trois jours précieux. Lorsqu’il a été critiqué pour avoir contourné les institutions démocratiques, Netanyahu a cité d’autres démocraties qui avaient eu recours à des réglementations d’urgence en temps de guerre.

Les experts s’attendent à ce que le coronovirus subsiste encore un an ou même plus. Le gouvernement lourd, chahutant, indocile et inefficace et ses départements doivent revoir leurs attitudes rigides et réformer pour dissiper l’humeur grandissante de désespoir et de méfiance du public à son égard. Sans une coopération publique étroite dans le respect des règles sanitaires, le coronavirus ne sera pas suffisamment maîtrisé pour que le pays retrouve un semblant de normalité. D’énormes montants d’indemnisation qui parviennent finalement aux propriétaires d’entreprises sans emploi et ruinés calmeront une partie de la désaffection. Il faudra également disposer de capitaux pour stimuler la reprise économique et éviter ou minimiser une récession.

Can Israel beat Coronavirus Stage 2?

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