(Photo : miliciens chiites de l’organisation Badr paradant devant les chars Abrams américains offerts par « l’armée irakienne »)
Israël à Ashton Carter : les Forces iraniennes ne doivent pas chercher à repousser Daesh vers la frontière israélienne sur le Golan

Bien que le Premier Ministre Binyamin Netanyahu ait fait appel au Congrès américain pour qu’il s’oppose à l’approbation  de « l’accord de rêve » dont bénéficie l’Iran, cet accord n’est pas sa principale affaire à traiter avec le Secrétaire d’Etat américain à la Défense Ashton Carter, avec lequel une rencontre est prévue le lundi 20 juillet. Carter lui-même a déclaré aux reporters que les deux pays « pourraient s’entendre sur le fait qu’ils ne sont pas d’accord ».

L’inquiétude dominante d’Israël, en ce moment, selon les sources militaires de Debkafile, concerne la possible fin de partie de Téhéran dans son combat contre l’Etat Islamique (Daesh), c’est-à-dire en repoussant les djihadistes de Daesh pour qu’ils combattent les forces israéliennes de Tsahal sur le Golan et atteignent aussi la frontière jordanienne.

Les gardiens de la Révolution Iranienne tiennent les rênes du commandement des « Forces Populaires de Mobilisation », une collection de milices chiites rassemblées pour combattre Daesh en Irak. Nentanyahu et le Ministre de la Défense Moshe Ya’alon demanderont à Carter si les Etats-Unis ont le moindre contrôle sur les centres de commandements iraniens en Irak et en Syrie et sont en position pour stopper Téhéran dans sa volonté d’arnacher le Hezbollah et les troupes syriennes, qui aident ces milices à éliminer la menace que Daesh pose à ses alliés à Damas et Bagdad en détournant les djihadistes de Daesh vers Israël et la Jordanie.

Ce péril a d’abord montré le bout de son nez, quand, juste après la signature de l’accord nucléaire de Vienne, entre les six puissances mondiales et l’Iran, le 14 juillet, les responsables américains de la sécurité, le Ministre des affaires étrangères Sergeï Lavrov et le Ministre iranien des affaires étrangères, Javad Zarif ont déclaré que la prochaine étape consistait à bâtir une vaste coalition pour combattre Daesh.

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milicien chiite pro-iranien équipé du char Abrams

Netanyahu a soulevé cette préoccupation en s’adressant au Secrétaire des affaires étrangères britanniques Philip Hammond, lorsqu’il est arrivé à Jérusalem le 16 juillet, deux jours après la conclusion de l’accord de Vienne. Bien que la mission formelle du Secrétaire consistait à clarifier l’accord devant les dirigeants israéliens, son véritable objectif était de lui transmettre une lettre rédigée par le Premier Ministre Britannique David Cameron. Dans sa lettre, Cameron a expliqué que sa décision d’étendre les missions de bombardement de la RAF d’Irak jusqu’en Syrie (qui dépend de son approbation par le Parlement en septembre) n’avait rien à voir avec la politique de Washington, mais était simplement motivée par la menace islamiste en suspension au-dessus de la sécurité nationale britannique.

La Grande-Bretagne, a t-il dit, n’agit pas pour soutenir l’alignement des forces du Hezbollah, de la Syrie et de l’Iran en rang d’oignon contre le groupe islamiste Daesh ; pas plus qu’elle ne fait partie du retournement de veste de l’administration Obama, qui cherche,désormais, à soutenir le Président syrien Bachar el Assad. Les bombardiers britanniques ne prendront Daesh pour cible que dans le cadre des seuls intérêts de la Grande-Bretagne.

 

Netanyahu a débattu avec Hammond de l’étendue de la coordination américaine avec les mesures militaires prises par l’Iran en Irak. Il a affirmé que si partenariat étroit déborde en Syrie, Israël sera mis bon gré mal gré dans une position de devoir prendre des mesures proactives pour se défendre. Le Premier Ministre a informé son invité britannique, avec la ferme intention que ce message atteigne également Washington, qu’Israël n’a pas l’intention de se laisser coller contre le mur par une quelconque force chiite commandée par l’Iran, qui, prospectivement, viendrait s’assoir le long de ses frontières, ni par des djihadistes de Daesh chassés de leurs bastions syriens et repoussés jusque-là.

Samedi 7 juillet, le Général Martin Dempsey, Président de l’Etat-Major conjoint américain est arrivé à Bagdad pour une visite qui n’a pas été annoncée par avance. Réuni à huis-clos avec un panel d’officiers supérieurs américains et responsables de l’armée, Dempsey a passé en revue la situation de la guerre contre Daesh et déterminé que l’Irak n’avait pas besoin de forces supplémentaires ni de « conseillers » sur le terrain pour assister les forces irakiennes qui cherchent à en chasser les terroristes de Daesh.

Clairement, Washington confie de plus en plus le fardeau de la lutte contre Daesh à Téhéran. Dempsey a entamé un point de discussion sur l’opération visant à libérer Ramadi que les islamistes ont conquis à la mi-mai. « L’objectif est, désormais, d’isoler Ramadi, et de paralyser les capacités de Daesh soit de s’en retirer soit de renforcer les groupes présents », a t-il dit.

Sur le papier, ce serait l’armée d’Irak qui dirigerait cette importante contre-offensive. Mais sur le terrain, la guerre est faite par les fameuses « Forces de Mobilisation Populaires » chiites dirigées par l’Iran.

Le message véhiculé par Dempsey a été lu entre les lignes par Israël, l’Arabie Saoudite et la Jordanie, bien avant l’arrivée en visite d’Ashton Carter, dans chacune de leurs capitales, cette semaine : Ne vous attendez pas à un retrait de l’Administration Obama de son étroite collaboration avec l’Iran dans son combat contre Daesh. C’était la conséquence directe de l’accord nucléaire, indépendamment de la façon dont ce renforcement de l’Iran pourrait affecter leurs propres sécurités nationales.

 

DEBKAfile Reportage Exclusif 20 juillet 2015, 9:52 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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