Israël : Kfar Qassem une repentence institutionalisée, où l’on juge en temps de paix des évènements qui se déroulent en temps de guerre.

Il y eu plusieurs massacres de Juifs durant cette période. Ils sont passés sous silence.

Massacre de Kfar Etzion

Le massacre de Kfar Etzion eut lieu le , durant la guerre de Palestine quand le Goush Etzion, un bloc de 4 colonies juives situé à mi-chemin entre Jérusalem et Hébron fut pris par la Légion arabe transjordanienne et des irréguliers arabes palestiniens. Sur les 131 personnes présentes, 127 parmi lesquelles 21 femmes sont tuées dans les combats ou massacrées après s’être rendues.

Massacre du mont Scopus 

Ceci pour contextualiser les évènements.

 

Nous n’avons pas besoin de la divulgation des protocoles »: à Kfar Qassem, ils exigent la reconnaissance officielle du massacre.

Les archives de Tsahal ont révélé des documents dramatiques du procès de Kfar Qassem, 66 ans après le massacre au cours duquel 49 habitants de ce village ont été abattus par les forces de sécurité israéliennes – mais les familles endeuillées aspirent à une reconnaissance officielle par l’État. « La fuite est étrange, nous n’arrêterons pas tant que l’Etat n’aura pas pris ses responsabilités », a déclaré le président du Mouvement islamique.

La repentance du Président Yitsaak HERZOG, en hébreu, puis en arabe en direction des dirigeants arabes sur les évènements de Kfar Qessem, qui passe sous silence les assassinats de plus de 200 civils israéliens à la même époque et sur les mêmes lieux.

Les présidents et les ministres se sont déjà excusés pour le massacre, maintenant les documents sont également révélés – mais à Kfar Qassem, ils ne sont pas satisfaits de cela. De longues années de lutte ont porté leurs fruits avec l’ouverture de centaines de pages des protocoles du procès Kfar Qassem . Les habitants attendent la prochaine étape – qui est une reconnaissance nationale du massacre qui s’est produit il y a environ 66 ans, au cours duquel 49 personnes ont été abattues par des combattants du Micmar Hagvoul – la police des frontières-.

Le 29 octobre 1956 est un jour qu’aucune famille de Kfar Qassem n’oubliera jamais. « La vérité éclate. Je lis enfin les mots que j’ai rêvé de lire toute ma vie », a déclaré Issawi Frej, ministre de la coopération régionale et membre d’une famille endeuillée de Kfar Qasim.

A cette époque, la ville était un petit village, dont les habitants étaient principalement engagés dans l’agriculture et les travaux de construction dans les colonies voisines – et vivaient sous le régime militaire. Le massacre a eu lieu le premier jour de l’opération Kadesh, avec l’ordre du commandement central d’imposer un couvre-feu à tous les villages arabes de la zone du triangle – de peur qu’une guerre n’éclate avec la Jordanie. Le commandant de la division territoriale de l’époque, Issachar Shadami, a décidé d’avancer l’heure d’entrée du couvre-feu de 21h00 à 17h00, et la notification en a été donnée aux chefs de village une demi-heure avant l’entrée du couvre-feu. Lorsque les travailleurs de Kfar Qassem sont rentrés chez eux sans être au courant du couvre-feu, ils ont été abattus par le bataillon des gardes-frontières opérant dans le village.

Le ministre Frij a fait référence aux révélations des documents dramatiques et a déclaré qu’ils révèlent « la preuve du meurtre planifié, de la porte orientale de Kfar Qassem qui a été laissée ouverte dans l’espoir que les survivants comprendraient le message et s’échapperaient. Mais parallèlement à la douleur, il y a aussi un peu de soulagement. » Selon lui, « Pendant si longtemps, notre pays a cherché à nous cacher la vérité sur le massacre qui a fait du tort à toutes les familles de Kfar Qassem, y compris ma famille, et continue de nous accompagner jusqu’à ce jour. Maintenant, la vérité est connue, tout comme le plan d’expulsion, bien qu’il n’ait pas été publié officiellement, il est présent à chaque page Le procès-verbal ».

Le « plan taupe », qui a été exposé selon divers témoignages de l’échelon militaire de l’époque, révèle que le massacre de Kfar Qasim n’était que la pointe de l’iceberg d’une opération militaire globale de transfert de la population du Triangle. Cheikh Safwat Farij, le président du Mouvement islamique, a perdu son oncle dans le massacre tandis que son père a été blessé.Il se souvient encore aujourd’hui de ce douloureux massacre.

Selon lui, il a fallu 30 ans à son père pour raconter ce qui s’est passé ce jour-là. « Nous n’avions pas besoin de la divulgation d’une partie des protocoles du tribunal pour savoir quels étaient les crimes de massacre à Kfar Qasim. En tant qu’habitants, nous connaissons très bien les détails », a-t-il déclaré.

Le père de Sheikh Farij a été le premier à être blessé dans le massacre, son frère qui se tenait à côté de lui a été assassiné. Les deux faisaient partie du premier groupe de travailleurs qui sont entrés dans la colonie et ont absorbé le feu sans aucun avertissement. « Ce qui nous semble étrange à ce jour, c’est le retrait de la responsabilité officielle de l’État. Chaque année, nous organisons des cérémonies pour commémorer les victimes du massacre et exigeons que l’État le fasse, et nous n’arrêterons pas cette demande tant que la reconnaissance n’aura pas été obtenue et que le l’État porte sa responsabilité », explique-t-il.

Le président Yitzhak Herzog est venu à la dernière cérémonie à la mémoire des victimes du massacre et a demandé pardon. Dans un discours qu’il a prononcé à l’époque, il a déclaré en arabe : « Je demande pardon en mon nom et au nom de l’État d’Israël ». Il a précisé: « Tuer et blesser des innocents est strictement interdit. Ils doivent rester au-dessus de toute controverse politique. »

Ce n’est donc que la deuxième fois depuis le massacre que le président du pays participe à une cérémonie de commémoration des morts. Le dernier président à le faire était Reuven Rivlin en 2014 . Sept ans auparavant, le président du pays de l’époque, Shimon Peres, s’était rendu à Kfar Qasem et avait déclaré qu' »un incident très difficile s’est produit ici dans le passé, pour lequel nous sommes vraiment désolés ». Dans le passé, des ministres du gouvernement ont déjà exprimé leur chagrin face à l’incident, au cours duquel des combattants du MGB ont abattu 49 habitants de la colonie. Rivlin, lors de sa visite il y a sept ans, a qualifié l’incident de « meurtre criminel ».

Rami Amer, adjoint au maire de Kfar Qassem et éminent militant social, a également commenté la publication des détails et a déclaré que les habitants les connaissaient déjà. « Cela les blesse qu’il n’y ait pas de reconnaissance officielle. En tant que guide pour les groupes qui viennent à Kfar Qasim, j’ai l’impression que les citoyens israéliens ne connaissent pas les détails de l’horrible massacre. Nous travaillons tout au long de l’année pour dénoncer et commémorer les victimes C’est une grave tache dans l’histoire d’Israël et des conclusions doivent en être tirées et reconnues. »

Amer travaille depuis de nombreuses années dans le musée qui a été créé pour commémorer le massacre et dans des activités de sensibilisation pour la nouvelle génération, afin qu’ils connaissent et apprennent le massacre. Il fait l’activité dans les milieux éducatifs, même si le ministère de l’Éducation n’a pas officiellement reconnu le massacre.

« La documentation qui vient d’être ouverte traite principalement du ‘plan taupe’ qui était à l’origine du massacre de Kfar Qassem. Les archives de Tsahal refusent toujours de révéler beaucoup de matériel supplémentaire qu’elles détiennent sur le plan, et le tribunal militaire a également empêché l’ouverture de plusieurs documents et d’une série de photographies de la scène du massacre. L’Institut Aqabat continue de travailler pour ouvrir tous les documents confidentiels sur le massacre de Kfar Qassem et le programme des taupes, au profit du public israélien en général et des familles des victimes du massacre en particulier. »

Contexte

À la suite de la guerre de 1948 et des accords d’armistice israélo-jordanien en avril 1949, la zone frontalière dite du « Triangle » qui comprend le village de Kafr Qassem est cédée à Israël. Elle comprend une quinzaine de villages arabes pour environ 12 000 habitants5,6 et est placée sous administration militaire dans le cadre de « Lois d’urgence » qui leur donnent tout pouvoir pour contrôler la population.

Entre 1949 et 1956, les plans israéliens d’installation d’immigrants juifs dans ce secteur sont mis à mal par les « infiltrations frontalières » menées par les Palestiniens et les bédouins, bien que pas toujours à des fins violentes. On décompte ainsi chaque année entre 10 000 et 15 000 incidents. Au total, ils provoqueront la mort de plus de 200 Israéliens et entre 2 700 et 5 000 infiltrés.

En , à la suite de la montée des tensions avec l’Égypte, les Israéliens préparent conjointement avec les Français et les Britanniques une offensive contre Gaza et le Sinaï qui doit les conduire jusqu’aux portes du Canal de Suez. De manière à parer d’éventuelles incursions de groupes armés venant de Jordanie, les unités du Magav, la police des frontières, se voient confier la mission de surveiller le front oriental et en particulier les villages arabes israéliens du « Triangle ». Les services de renseignement israéliens s’attendent à ce que la Jordanie entre dans la guerre au côté de l’Égypte après l’attaque israélienne.

Mise en place du couvre-feu

Tsahal. Dans la journée du  1956, il donne l’ordre pour que soit appliqué un couvre-feu sur huit villages arabes du Triangle et que l’on tire sur toute personne qui ne le respecterait pas.

Vers 13 heures, le commandant du bataillon des gardes-frontières, Shmuel Malinki, réunit ses officiers et leur transmet les ordres, ceux-ci devant être appliqués dès 17 heures. Certains objectent que des ouvriers arabes sont au travail dans leurs champs et qu’ils ne sont pas au courant du couvre-feu. S’ensuit alors une discussion. À la question : « Que faire dans ce cas ? », le commandant répond en arabe : « Allah Yarhamhum », ce qui signifie « Que dieu les prenne en miséricorde ». Quant à savoir ce qu’il faut faire pour les femmes et les enfants, Shmuel Malinki répond : « Sans sentiments », argumentant qu’il « est préférable que, dès le premier soir, il y ait des morts dans chaque village parce que cela facilitera le maintien du couvre-feu et aidera à l’exécution de la mission dans les jours qui suivront ».

Massacres

Le lieutenant Gabriel Dahan est responsable de l’application du couvre-feu à Kafr Qassem. Il notera plus tard : « il était évident qu’il ne s’agissait pas de forces combattantes ou hostiles, mais de gens de retour à leur village qui ne cherchaient pas à se cacher, ils étaient en tenue de travail et portaient des corbeilles dans leurs mains. »

Il interprète les instructions au pied de la lettre à plusieurs occasions.

  • Un camion transportant des femmes est arrêté. Elles demandent grâce. Elles sont abattues.

  • quinze personnes à bicyclettes sont interceptés et priés de descendre puis « sont criblés de balles ».

  • Plusieurs camions transportant des ouvriers sont successivement arrêtés. À chaque fois, passagers et conducteur sont abattus.

Sur quelques heures, ce sont 48 (ou 49) villageois qui sont abattus à bout portant par les personnels placés sous le commandement de Malinki, dont 6 femmes et 23 enfants âgés de 8 à 17 ans.

Réactions immédiates

La nouvelle du massacre fut censurée et le public israélien ne l’apprit que plusieurs semaines après, quand le premier ministre David Ben Gourion dévoila les conclusions d’une enquête secrète.

Commission d’enquête

Il y eu une commission d’enqête dont les résultats sont restés sous la censure.

« Sulha »

Le  (soit un an et une semaine après les événements), les autorités israéliennes organisent une cérémonie dite de « réconciliation » (ou « sulha » en arabe, qui désigne une méthode traditionnelle de résolution de conflits entre des familles ou des clans au Moyen-Orient) réunissant plus de 400 dignitaires, dont des ministres et des membres de la Knesset du parti Mapaï, des représentants du gouvernorat militaire de la région et des notables de villages voisins.

La cérémonie commence par une minute de silence en mémoire des victimes et est marquée par un fastueux repas ainsi que de nombreux discours appelant les villageois à dépasser la tragédie pour reprendre la coexistence pacifique avec leurs voisins juifs, leur promettant de « généreuses » réparations financières. Selon le journal Davar et la Jewish Telegraphic Agency — médias proches du pouvoir de l’époque –, Haj Abdalah Calef qui participe à la commission d’enquête, Ibrahim Rbi au nom des victimes et Ahmed Sarsour ainsi que le maire de Kafr Qassem (dans une déclaration lue par son petit-fils) présentent leurs condoléances aux familles des victimes ainsi qu’au gouvernement israélien, déclarant notamment « il s’agit aussi d’une tragédie pour le gouvernement israélien et le peuple tout entier ». Le grand rabbin de Petah Tikva, présent à la cérémonie, adresse ses vœux aux participants. Selon la JTA, le montant global des indemnités versées par le gouvernement israélien a été d’environ 400 000 livres israéliennes, soit entre 6 000 et 8 000 livres par famille (soit entre 3 000 et 4 000 dollars selon le cours de la livre israélienne en 1955).

À l’époque, si le journal israélien Davar donne — comme la plupart des médias « mainstream » — un compte-rendu plutôt favorable à la cérémonie, les journaux arabes israéliens, Al-Ittihad et Al-Mirsad — soutenus par le parti communiste anti-sioniste MAKI et d’extrême gauche MAPAM — dénoncent cette sulha comme « une escroquerie destinée à escamoter le procès », et affirment que les participants arabes ont subi de « très fortes pressions pour assister à la cérémonie ». Dans une étude publiée en 2006, l’universitaire Shira Robinson présente cette cérémonie comme « extravagante » et « minutieusement orchestrée pour permettre au gouvernement de s’approprier une coutume bédouine afin d’élaborer une version artificielle de l’histoire » qui « célèbre » la « réconciliation » de deux parties en conflit dans un contexte « de prétendue violence symétrique ». Par ailleurs, pour Shira Robinson, le fait que le gouvernement ait tenté de faire participer les accusés du massacre à la cérémonie — seul point auquel les villageois ont pu s’opposer à l’époque — accrédite la thèse des autorités locales actuelles de Kafr Qassem selon laquelle « la cérémonie était principalement destinée à alléger le verdict de la cour et préparer la voie à une libération anticipée des accusés ». Du point de vue arabe, pour ceux qui ont vécu ces événements ou qui en ont entendu parler, « la cérémonie elle-même est aujourd’hui rétrospectivement considérée comme une agression à la dignité des victimes » et une « tache indélébile » dans l’histoire israélienne ». Dans un article publié en 2008, le professeur Susan Slyomovics corrobore cette perspective sur la cérémonie, s’appuyant notamment sur le témoignage d’Ibrahim Sarsur — originaire de Kafr Qassem dont il a été maire, actuel parlementaire israélien élu sur la Liste arabe unie — pour qui « Ben Gourion avait besoin d’une « sulha » avant la fin du procès », notamment pour « dégager la responsabilité du gouvernement envers les victimes ». Ibrahim Sarsur conclut : « Jusqu’à ce jour, à Kafr Qassem, pas une seule personne n’approuve la façon dont le gouvernement israélien a traité le massacre et ses conséquences ».

Poursuites judiciaires

Les policiers responsables sont jugés et condamnés à de courtes peines de prison. L’événement suscite une importante réflexion en Israël dans le domaine judiciaire (sur la question pour les militaires et les policiers de désobéir aux ordres illégaux). Ce drame est également à l’origine d’un changement politique sur les responsabilités des gouvernements israéliens vis-à-vis de leurs citoyens d’origine arabe. Onze policiers des frontières et les soldats impliqués dans le massacre ont été accusés d’assassinat. Le , huit d’entre eux ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison. Malinki fut condamné à 17 ans d’emprisonnement, Dahan à 15 ans. Le fait que d’autres commandants locaux désobéirent à l’ordre Shadmi a été cité par la Cour comme l’une des raisons pour rejeter l’allégation de Dahan qu’il « n’avait pas le choix ». À la suite de diverses remises de peine, Malinki et Dahan restèrent emprisonnés 5 ans.

Répercussions légales, éthiques et culturelles

En , Yuli Tamir, ministre de l’éducation israélien, a ordonné aux écoles à travers le pays de commémorer le massacre de Kafr Qassem et de réfléchir sur la nécessité de désobéir à des ordres illégaux. En , le président israélien, Shimon Peres, a présenté des excuses pour le massacre. Lors d’une réception dans le village pour la fête musulmane de l’Aïd al-Adha, il a déclaré être venu à Kafr Qassem pour demander aux villageois leur pardon. « Un événement terrible s’est passé ici dans le passé, et nous en sommes sincèrement désolés » a-t-il dit. Le fondateur du Mouvement Islamique en Israël, Sheikh Abdullah Nimr Darwish, prit la parole pendant la cérémonie pour appeler aux dignitaires religieux des deux côtés à construire des ponts entre les Israéliens et les Palestiniens.

Le procès du massacre de Kafr Qassem fut le premier qui considéra la question de savoir quand des membres des forces de sécurité israéliennes sont tenus de désobéir à des ordres illégaux. Les juges ont décidé que des soldats n’ont pas l’obligation d’examiner chaque ordre reçu dans le détail quant à sa légalité et qu’ils ne sont pas en droit de désobéir aux ordres simplement sur la base d’un sentiment subjectif mais que si certains ordres sont manifestement illégaux, on doit leur désobéir. Dans son rendu, le juge Benjamin Halevy a ainsi déclaré que :

« La marque de distinction d’un ordre manifestement illégal est qu’au-dessus d’un tel ordre devrait flotter, comme un drapeau noir, un avertissement : ‘Interdit !’. Pas une illégalité formelle, dissimulée ou partielle dissimulée, pas une illégalité qui n’est apparente qu’aux juristes; mais : une violation évidente et claire de la loi, une illégalité certaine et impossible à manquer qui est immédiatement apparente dans un ordre, la nature criminelle claire d’un ordre ou d’actions que les ordres commandent de faire, une illégalité qui bouleverse et outrage le cœur, quand l’œil n’est pas aveugle et le cœur n’est pas imperméable et corrompu. C’est le niveau d’illégalité requis pour nier le devoir du soldat d’obéir et lui faire porter la responsabilité criminelle de ses actions. »

JForum.fr – Ynet

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