Pilar Rahola au cœur d’une enquête
La journaliste et écrivaine Pilar Rahola est au centre d’une controverse judiciaire en Espagne. Le parquet des crimes de haine de Barcelone a ouvert une procédure préliminaire après une plainte déposée par deux militants de l’Organisation de la Jeunesse Socialiste de Catalogne (OJS). Ces derniers avaient interrompu une conférence de Rahola en 2024 en lui lançant de la peinture rouge, dénonçant son soutien affiché aux actions d’Israël à Gaza. La plainte accuse Rahola de discours de haine envers les Palestiniens et d’incitation liée à des crimes présumés dans la région, évoquant notamment une complicité dans un génocide. Les militants reprochent à la journaliste d’agir comme une collaboratrice rémunérée du régime sioniste et de déshumaniser les victimes palestiniennes tout en blanchissant les auteurs présumés, ce qui, selon eux, crée un climat d’hostilité.
L’accusation s’appuie notamment sur un article de Rahola dans El Nacional où elle reprend une citation du philosophe Bernard-Henri Lévy, affirmant qu’un génocide aurait été rapide si Israël en avait eu l’intention. Elle critique également la rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese. Les plaignants invoquent les articles 510 et 607 du Code pénal espagnol relatifs à l’incitation à la haine et à la complicité de génocide. Cette procédure préliminaire vise à déterminer si la plainte a un fondement juridique. Face à cette situation, la Fédération des Communautés Juives d’Espagne (FCJE) a fermement rejeté toute tentative de transformer un débat politique en persécution idéologique, soulignant que la liberté d’expression demeure un pilier non négociable de la démocratie.
Le Congrès Juif Européen a également exprimé son inquiétude, insistant sur le fait que les désaccords politiques doivent être réglés par le débat et non par l’intimidation ou la censure. Les deux organisations ont dénoncé les références de l’OJS à une prétendue « conspiration sioniste internationale », qualifiée de trope antisémite classique. Depuis les attaques du Hamas en octobre 2023, Pilar Rahola est une voix influente en Espagne et en Amérique latine en défense d’Israël, contestant régulièrement les accusations de génocide. La communauté juive de Barcelone a salué son engagement en faveur de la liberté, de la démocratie et de la coexistence. L’ambassade d’Israël en Espagne a également exprimé son soutien total à Rahola face aux tentatives d’intimidation.
Pilar Rahola a réagi avec fermeté, affirmant que cette procédure ne la fera pas taire. Elle a déclaré que sa liberté de pensée est non négociable et que les tentatives de censure ou d’intimidation échoueront. Elle a insisté sur son refus de se conformer à une pensée unique, soulignant que son esprit critique reste intact malgré les pressions. Cette affaire illustre les tensions vives autour du conflit israélo-palestinien en Espagne, où les débats sur la liberté d’expression, la critique politique et les accusations d’incitation à la haine se croisent et s’opposent avec intensité.
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