Le Hamas et l’Etat Islamique coopèrent étroitement, malgré les pressions égyptiennes

 Le Wilayat Sinaï (La Province du Sinaï) appartenant au groupe djihadiste Daesh, vient d’ouvrir un bureau des médias et de la propagande à Gaza, envoie ses blessés se faire soigner dans les hôpitaux des Islamistes palestiniens et dirige des tunnels de contrebande très lucratifs dans la Bande de Gaza

Bien que la coopération entre les dirigeants du Hamas à Gaza et la filiale de Daesh dans le Sinaï ait notablement baissé au cours de ces dernières semaines, certains documents, auxquels le journaliste Avi Issacharoff, du Times of Israel a eu accès, ont été publiés dans la presse. Ils démontrent que les deux organisations poursuivent leur coordination et se soutiennent mutuellement dans de très nombreux domaines cruciaux pour elles.

Malgré les pressions exercées par l’Egypte, qui mène un combat de tous les instants contre l’insurrection  dirigée par la soi-disant « Province du Sinaï » de Daesh, le Hamas a refusé de réprimer les trafics clandestins de Daesh à travers les tunnels contrôlés par ses membres, dsous la frontière entre Gaza et le Sinaï. Le groupe terroriste palestinien perçoit plutôt cette activité comme une source de nouveaux revenus et il a récemment augmenté ses taxes sur les produits importés par les trafiquants de Daesh dans la Bande de Gaza.

Cela marque un changement notable dans la politique menée ces derniers mois, au cours desquels le Hamas a arrêté des membres de Daesh dans la Bande, dans une tentative visant à infléchir les activités du groupe Daesh. Cette répression a conduit à la fermeture des tunnels de contrebande gérés par Daesh. Ces tunnels, selon certaines sources,viennent de rouvrir très dernièrement.

Le Hamas autorise dorénavant les membres de Daesh à orchestrer leurs opérations de production de matériel médiatique (de propagande), qui comprennent des messages revendiquant leur responsabilité dans des attentats terroristes dans le Sinaï, au Caire et sur d’autres sites à l’intérieur de l’Egypte.

L’Egypte est au courant de ces activités, y compris concernant le bureau de propagande de Daesh, mais elle semble apparemment fermer les yeux sur cette coopération.

Ces derniers jours, les attaques menées par la filiale de Daesh en Egypte contre les forces égyptiennes se sont intensifiées, dans la zone d’El Arish, sur la côte nord de la Péninsule du Sinaï, débouchant sur un pic aigu dans le nombre de morts parmi les soldats égyptiens. On pense que l’armement utilisé dans ces attaques provient de Gaza.

Il n’est pas facile de comprendre pourquoi l’Egypte choisit de feindre d’ignorer la relance de ces trafics clandestins ou le bureau de communication de Daesh avec les médias, qui a ouvert sous l’égide et grâce à la protection du Hamas.

Une évaluation suggère que ces activités pourraient aussi être lucratives pour certains commandants de l’armée égyptienne dans cette zone. Il est aussi probable que l’armée égyptienne se méfie de ne pas contrarier et radicaliser les tribus bédouines du Nord du Sinaï, parmi lesquels Daesh recrute beaucoup de ses djihadistes et pour lesquels la contrebande avec Gaza est une source de tout premier ordre de revenus et d’emplois.

Quelle que soit la cause de l’apparente indifférence de l’Egypte, des responsables pensent que cela prote atteinte autant à la sécurité de l’Egypte qu’à celle d’Israël. Par exemple, chaque fois que l’Egypte ouvre le passage terminal de Rafah à l’aide humanitaire et permet aux gens de transiter depuis et vers la Bande de Gaza, quelques 1.000 tonnes de béton traversent aussi tranquillement la frontière. Une partie de ce béton est vendu à un prix exorbitant pour contribuer à remplir les coffres du Hamas et le reste est directement affecté à la construction de tunnels d’attaques ou/ et de contrebande.

Dans une lettre datant du 4 décembre, le chef du Conseil de Protection du Consommateur de Gaza, le Dr Raed Zaki al-Jazar s’est plaint des taxations exercées par le Hamas sur les biens et produits provenant des passages frontaliers, mais absolument pas de ceux en provenance des tunnels de contrebande!

Cette lettre, adressée au Directeur du Ministère de l’économie nationale du Hamas, le Dr Ayman Abed, souligne que ces augmentations dans le tarifs des produits en provenance des passages frontaliers, réduit artificiellement leur compétitivité. Jazar a aussi protesté du fait que les produits originaires des tunnels de contrebande ne sont pas officiellement comptabilisés. Changer cette politique encouragerait une concurrence plus équitable, écrit-il.

A copy of a letter from Gaza Consumer Protection Council chief Dr. Raed Zaki al-Jazar about Hamas taxation of imports.

Une copie de la lettre du chef de la protection des consommateurs à Gaza, le Dr. Raed Zaki al-Jazar protestant contre l’augmentation des taxes à l’importation.

Cette lettre a été envoyée avant que Daesh ne ferme ses tunnels de Rafah afin de protester contre l’arrestation par le Hamas de certains de ses membres.

Another document seen by The Times of Israel reveals that the Hamas government recently approved a tax bump for a wide variety of goods entering via the tunnels. A ton of cement saw an import tax jump of $20, from $35 to $60. A similar increase was instituted for iron (from $40 for a ton to $65), and even on fruits and vegetables (from $15 per ton to $35), as well as electrical appliances.

Un autre document obtenu par le journaliste Avi Issacharoff, du Times of Israel, révèle que le régime du Hamas a récemment approuvé des augmentations d’impôts pour une large variété de produits entrant grâce aux tunnels. Une tonne de ciment  a connu un bond en avant de 20 $ dans l’imposition du prix à l’importation, de 35$ à 60$. Une augmentation identique a été instituée pour l’acier ( de 40$ à 65$) et même sur les fruits et les légumes (de 15$ la tonne à 35$), ainsi que sur les appareils électriques.

Le Hamas a aussi augmenté les prix affectés à ses propres reventes de ces produits à l’intérieur de la Bande de Gaza. Une tonne de ciment qui coûte à peine 500 NIS (144$) est à présent revendue par le gouvernement du Hamas à environ 800 NIS (209$).

Ces revenus sont cumulés par les responsables principaux du Hamas, auxquels les Egyptiens permettent de voyager depuis et vers la Bande de Gaza, par le passage terminal de Rafah, en pleine connaissance du fait qu’ils transportent de vastes sommes de liquide dans leurs bagages, lorsqu’ils reviennent.

Selon nos sources à Gaza, ces opérations de contrebande massives aidant directement Daesh sont dirigées par les chefs de file de l’aile militaire du Hamas dans les zones centrales et sud de la Bande de Gaza, dont Muhammad Shabana, commandant des Forces du Hamas à Rafah, au sommet de la pyramide. D’autres dirigeants de ces opérations comprennent Muhammad Sinwar, commandant des forces du Hamas dans le centre de la Bande de Gaza et la région de Khan Younis et le chef des renseignements militaires du Hamas, Ayman Nofal, qui commandait le région centrale jusqu’à très récemment. Emir Khaled Tilah, un responsable central dans la branche militaire du groupe et propriétaire personnel de plusieurs tunnels de contrebande, est également impliqué.

Le Hamas continue également de prendre grand soin des blessés,parmi les combattants de Daesh, qui sont emmenés vers ses hôpitaux à travers les tunnels. Un personnage central de la fourniture de cette aide est le Dr Muhammad Rantisi, frère du chef du Hamas décédé le 17 avril 2004, Abdel Aziz al-Rantisi, dans une élimination ciblée lancée par Tsahal, moins de 3 semaines à peine après celle menée contre son mentor, le Cheikh Ahmed Yassin, que leurs noms soient à jamais effacés. Rantisi vivant est un orthopédiste réputé de l’Hôpital Shefa de Gaza (Quartier-Général de l’entité terroriste, en cas de guerre), qui a des liens très étroits avec le Hamas.

JForum avec des extraits de compte-rendu d’Avi Issacharoff

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