Recep Erdogan tente de briser l’axe Jérusalem-Athènes-Nicosie

Depuis quelque semaines, la Turquie d’Erdogan envoie ici et là des signes d’une volonté de réchauffer ses relations avec Israël, ou du moins les « attiédir ».

Le dictateur turc fait mine de rester à l’écart de ces manœuvres mais ceux qui s’expriment ne pourraient le faire sans son assentiment.

Recep Erdogan voudrait-il ainsi effacer une ardoise faite d’animosité verbale féroce envers Israël, d’activisme international anti-israélien, de soutien actif au Hamas et d’ingérence intolérable à Jérusalem ?

L’une des dernières propositions « alléchantes » faites à Israël par des canaux officieux est venue de la part du contre-amiral à la retraite Jihat Yaik, très proche de Recep Erdogan, qui propose ni plus ni moins à Israël de conclure un pacte avec Ankara sur un partage des zones maritimes entre les deux pays en Méditerranée orientale sur le même modèle que l’alliance conclue entre la Turquie et la Libye au mois de juin.

En vertu de cet accord, qui ne repose sur aucune base juridique internationale, Israël se verrait étendre de manière significative ses zones maritimes économiques afin d’y prospecter sur des gisements éventuels, mais sur le compte des eaux territoriales de Chypre ainsi que de 125 îles grecques dont la Turquie fait fi.

La contrepartie d’un tel pacte serait donc la rupture de l’alliance stratégique scellée entre Israël, Chypre et la Grèce. Alliance dont le volet énergétique a été ensuite étendu à l’Egypte, la Jordanie et à l’Autorité Palestinienne.

Pour l’analyste Ehoud Yaari, spécialiste du Moyen-Orient, en-dehors de l’attitude hostile de Recep Erdogan envers Israël jusqu’à présent, le président turc propose à Israël une « marchandise » qui ne lui appartient pas !

En fait, ces tâtonnements entrent dans le cadre d’une stratégie géopolitique impérialiste turque remise au goût du jour en 2006 par l’idéologue turc Cem Gürdeniz sous le nom de de la « Patrie bleue » (« Mavi Vatan »).

Cette théorie déjà présente au début du 20e siècle à l’époque de Kamal Atatürk est une doctrine qui propose d’étendre et imposer la souveraineté turque sur une zone maritime de 462.000 km2 autour du pays, en mer Noire au nord, en mer Egée à l’ouest et en Méditerranée au sud.

C’est notamment en vertu de cette doctrine que le dictateur turc tente de poser ses pions loin des frontières de son pays, et pour lui, Israël est apparemment le verrou qu’il faudrait faire sauter en Méditerranée orientale pour briser l’alliance internationale qui se crée contre la Turquie dans cette région.

Pour cela, le néo-sultan a mis en sourdine ses féroces attaques contre l’Etat juif et il serait prêt à faire des « cadeaux » à Israël tout en serrant les dents : reprise de l’échange d’ambassadeurs ou « écouter » les doléances israéliennes concernant le soutien de la Turquie au Hamas.

Recep Erdogan serait même prêt à autoriser le gazoduc sous-marin EastMed à passer par les côtes anatoliennes pour livrer le gaz israélien à l’Europe, ce qui en raccourcirait l’itinéraire.

Ceci aurait pour effet de céder à la Turquie le robinet de exportations de gaz israélien vers le continent européen !

Pour Ehoud Yaari, comme pour quiconque n’a pas la mémoire courte et est doté d’un brin de bons sens, il serait irresponsable pour un gouvernement israélien de se laisser appâter par les doux chants de sirènes qui reviennent soudainement depuis Ankara.

Le prix en serait trop lourd pour les alliances stratégiques scellées par Israël dans la région comme pour la fiabilité de l’Etat juif.

Photo Illustration

Source LPH

5 Commentaires

  1. Ce serait une vision à court terme. Cette trahison ne serait pas oubliée de sitôt par la Grèce, Chypre et d’autres. De manière générale, ce serait surtout un argument pour les antisémites.

  2. Soit erdogan est vraiment stupide pour penser un seul instant qu israel va briser l’alliance avec ses pays vraiment amis pour ses beaux yeux de dictateur néo impérialiste et antisémite. Soit il a des informations précises qui laissent à penser que l’alliance avec la Grèce et Chypre n’est pas si solide que ça.

  3. Vaux mieux continuer avec Athènes et Nicosie concernant l’exploitation du gaz , car la Turquie va être virée de l´Otan , Erdogan n’aura Pas le soutien de l’UE et Essaie de se rapprocher d’israël pour son intérêt personnel, les israéliens doivent ruser pour analyser les S400 russes vendu au sultan afin de casser les codes de ces missiles que les syriens et iraniens ont ….

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