Onu: enquête en cours sur des viols d’enfants par des soldats français à Bangui
Des militaires internationaux sont déployés dans la capitale de Centrafrique depuis décembre 2013

Des soldats des troupes internationales, et particulièrement de l’armée française sont soupçonnés d’avoir commis des abus sexuels graves sur des enfants en Centrafrique, selon un rapport de l’Onu divulgué parThe Guardian mercredi.
« Les sanctions les plus fermes seront prononcées envers des soldats français si les soupçons d’abus sexuels sur une dizaine d’enfants en Centrafrique entre décembre 2013 et juin 2014 sont confirmés » a indiqué mercredi le ministère français de la Défense.
Le quotidien britannique dévoile les dessous d’un rapport de l’ONU, concernant l’ouverture d’une enquête tenue secrète contre de nombreux militaires français qui auraient abusé de mineurs « en échange d’argent ou de nourriture » en 2013 à Bangui.
Tandis que les miliciens chrétiens anti-Balaka et les musulmans de la Sélaka s’affrontaient dans la capitale de Centrafrique, des milliers de civils ont fui les combats pour se réfugiés dans des camps à l’aéroport de M’Poko, où les viols auraient eu lieu.
Des témoignages d’enfants, dont certains âgés de 9 ans, ont été récoltés par les enquêteurs de l’Onu.
Le Guardian décrit ce rapport « confidentiel », par ailleurs très détaillé, faisant état d’exactions comme des « viols » et des « sodomies » en échange de nourriture.
Un garçon de 9 ans raconte avoir été agressé sexuellement par deux soldats alors qu’il était à un point de passage, espérant trouver de quoi se nourrir.
Le rapport d’enquête de l’Onu a été révélé en juillet 2014 par Anders Kompass, un travailleur humanitaire en poste à Genève qui a décidé de saisir lui-même les autorités françaises.

Le ministère de la Justice a annoncé que le parquet de Paris ouvrait une enquête préliminaire sur le sujet en juillet dernier. Kompass, qui aurait court-circuité sa hiérarchie en dévoilant de son propre chef l’affaire, a été suspendu pour avoir fait fuiter le rapport interne et confidentiel de l’Onu, selon le Guardian.
Plus de 1000 soldats français sont encore stationnés en Centrafrique, où des troupes internationales ont été déployées à l’apogée des combats en décembre 2013, lorsque la France a lancé la mission Minusca. Or ce dossier – gênant pour les Nations unies – pourrait rendre le travail de l’Onu sur place semé d’embûches.
![]() |
![]() |









































