EKeV: « ..Tu rendras Grâce à l’Éternel.. »(vidéo)

Chiourim.com 2019

Réciter le Birkat Hamazone

 

Ce cours est dédié à la Mémoire de David Bar Esther MEIMOUN Z’l 12 Av 5780

La Paracha Ekev met l’accent sur les valeurs «matérielles » d’Eretz Israël. C’est ainsi que la qualité de son blé et de son orge, de ses raisins et de ses figues, de ses grenades, de ses olives et de ses dattes illustre l’ampleur des bénédictions divines toutes spéciales accordées à cette terre.

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C’est alors que nous est prescrite une mitsva merveilleuse que l’on doit accomplir après chaque repas conséquent – notamment pris avec du pain : « Tu mangeras et tu te rassasieras, et tu loueras Hachem ton D.ieu pour le bon pays qu’Il t’a donné ».

Rav Guédalya Schorr zatsal explique que cette mitsva du « Birkat Hamazone » appartient à la fois aux deux catégories existantes des mitsvot : les commandaments positifs (il faut toujours se souvenir de Hachem), et les mitsvot négatives (ne jamais L’oublier).

En effet, grâce à nos paroles de remerciements ainsi adressées à D.ieu pour la nourriture qu’Il nous a donnée comme Il le fait pour toutes Ses créatures, nous obéissons au commandement positif suivant : « Tu te souviendras de Hachem ton D.ieu, car c’est Lui qui te donne la force de t’enrichir (…) », (Dévarim, chapitre 5, verset 18).

Or, la Torah nous dit aussi en nous prescrivant une interdiction : « Garde- toi d’oublier Hachem, ton Dieu, de négliger Ses préceptes, Ses institutions et Ses lois, que Je t’impose en ce jour. Peut-être, jouissant d’une nourriture abondante, bâtissant de belles maisons où tu vivras tranquille, voyant prospérer ton gros et ton menu bétail, croître ton argent et ton or, se multiplier tous tes biens, peut-être ton coeur s’enorgueillira-til, et tu oublieras l’Éternel, Ton Dieu qui t’a tiré du pays d’Égypte, de la maison de servitude. (…) Et tu diras en ton coeur : ‘ C’est ma propre force, c’est le pouvoir de mon bras, qui m’a valu cette richesse ’ ! », (Dévarim, chapitre 8, versets 11 à 17).

Se prémunir contre l’oubli… pour ne pas oublier l’immense générosité de Hachem ! Or, nous constatons là que la Torah s’étend bien plus longuement sur l’aspect négatif de ces commandements que sur leur caractère positif. Pourquoi cela ?

 C’est que, selon le Or Ha’hayim Hakadoch, l’homme est constamment guetté par son mauvais penchant… Celui-ci a ainsi recours à de nombreuses « ruses » pour lui faire oublier que tout lui vient de Hachem. Et dès le moindre oubli à ce niveau, la voie devient libre pour que le mauvais penchant inocule dans l’être humain des désirs de désobéissance à Hachem, jusqu’à lui faire désirer d’adorer des idoles (voir le verset 19). La moindre fissure dans la muraille de la gratitude que nous devons manifester envers le Créateur est génératrice de ce qu’il y a de pire en matière d’opposition à Hachem.

Tout cela illustre donc clairement le fait qu’il est très important de toujours être conscient que c’est Hachem qui nous donne tout ce que nous avons !

Une attitude de « reconnaissance » et de louanges censée nous inciter à reconnaître en toute circonstance la Providence divine. D’autant que dans la haftara de Chabbat ‘Hazon, le Chabbat précédant Ticha béAv, nous avons entendu le prophète Isaïe clamer ses reproches de toutes ses forces : « Un boeuf connaît son possesseur, un âne la crèche de son maître, mais Israël ne connaît rien, Mon peuple n’a pas de discernement ! », (chapitre 1, verset 3).

Initier le monde à la connaissance de D.ieu par le Birkat Hamazon. Le ‘Hidouché Harim citait son maître, le fameux rabbi de Kotzk, qui rapportait le Midrach relatant comment notre patriarche Abraham Avinou invitait des idolâtres, leur servait un bon repas et les incitait ensuite à réciter le « Birkat Hamazone » afin de remercier le Créateur grâce auquel ils venaient de se rassasier.

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C’est en fait de la sorte qu’Abraham initiait le monde à la connaissance divine, à partir des remerciements et de la gratitude contenus dans le Birkat Hamazone, des sentiments susceptibles de pouvoir submerger un athée et de le transformer en croyant ! Il est donc surprenant, disait le rabbi de Kotsk, que nous ne parvenions pas aux plus hauts niveaux de crainte de Hachem en récitant simplement notre Birkat Hamazone…

Rabbénou Bé’hayé explique quant à lui que D.ieu a accompli tous les miracles « nécessaires » de la Sortie d’Égypte pour nous faire atteindre notre but et nous installer en Terre Promise.

Voilà pourquoi c’est grâce à nos souvenirs que nous pouvons nous permettre de pleinement ressentir notre gratitude envers Hachem, un devoir que nous assumons en récitant avec concentration le Birkat Hamazone, faute de quoi nous risquons de perdre toutes nos valeurs juives et toute proximité avec D.ieu !

 

D.ieu attend la prière exprimant la reconnaissance des Justes ! Or, Hachem attend de recevoir les prières des Justes car Il est bon et aspire à nous combler de Ses bienfaits : Il souhaite donc qu’on Le remercie et qu’on prie pour solliciter de Lui les bienfaits dont nous avons besoin.

Grâce à cette idée avancée par rabbénou Bé’hayé, nous découvrons une immense richesse dans le Birkat Hamazone: car se côtoient dans ce texte fabuleux à la fois notre modestie consistant à remercier Hachem – car, encore une fois, nous Lui devons tout, absolument tout ! -, et aussi une fierté extraordinaire de l’honneur inappréciable de contribuer aux décisions qu’Il prend dans Sa bonté pour nous sustenter.

De nos jours, notre vraie place en tant que Juifs est en Eretz-Israël. Même si notre exil aux quatre coins du monde s’est prolongé pendant de si longs siècles, cette dispersion ne saurait constituer pour nous une norme de vie.

Or, il suffit que la téchouva – le repentir authentique de tout notre peuple – prenne sa véritable dimension pour que Eretz-Israël nous reçoive enfin tous ensemble sous la conduite du Machia’h !

Voilà pourquoi dans notre vie, où qu’elle se déroule, le Birkat Hamazone garde toute sa valeur et toute sa signification contribuant à nous attacher encore davantage à D.ieu. Il est certes bon de manger du pain, mais sachons donc ensuite faire un Birkat Hamazone digne de ce nom !

Rav Hayim Yaacov Schlammé

Chiourim.com

 

 

 

PARASHAT EKEV 5780 COMBIEN COÛTE UN PAS ????

Caroline Elishéva REBOUH le 05.08.2020

Ce petit mot de trois lettres qu’est le vocable Akev עקב a retenu l’attention de pratiquement tous les exégètes.

Le mot akev signifie talon. En changeant les voyelles et en prononçant « ekev » la signification change et devient différente cela peut signifier « à cause de » ou cela peut signifier « en raison de » ainsi, à cet endroit, la phrase signifie que si le peuple respecte les lois, ‘mishpatim’, en compensation, le peuple, recevra une récompense.

Ekev désignant le talon soit l’extrémité de notre corps, propose ainsi une allusion, si vous gardez les lois, au bout du compte, vous recevrez une récompense.

Or, les Sages ne nous ont-ils pas enseigné (Pirké Avoth) de nous astreindre à appliquer les lois sans espoir de récompense ?

Dans ce domaine, en réalité, nous nous retrouvons face à un véritable dilemme car lorsque nous parlons de récompense nous l’entendons avec un effet immédiat alors que les exégètes font comprendre que cette récompense aura lieu avec un « effet-retard » ….

Le Keli Yakar souligne que dans le texte il n’est question que des mishpatim et pas des houkim car, dit-il, si nous sommes astreints à appliquer des houkim qui ne tombent pas sous le sens donc, à plus forte raison nous devons nous astreindre à observer ce que nous pouvons essayer de comprendre et plus nous y mettons du nôtre, et plus nous embellissons la mitsva et plus grande sera notre récompense.

Pour la plupart des commentateurs le mot « ekev » enseigne qu’il n’appartient pas à l’homme de faire un tri parmi les 613 commandements parmi lesquels se trouvent des mishpatim que nous comprenons et des houkim que nous ne comprenons pas et devons assumer d’emblée.

De même, il ne nous appartient pas de savoir quelle sera la récompense qui sera attribuée à chacun pour son obéissance et son zèle à appliquer les lois.

L’approche du Rav Yossef Patsanowsky de Pawionitz dans son livre Pardess Yossef est très fouillée et, de ce fait, paraît très attachante.

Il fit le décompte des lettres de Ekev pour arriver à la somme de 172 qui est le nombre des lettres contenues dans le décalogue et, non seulement cela, il prétend que dès la parashat Hayé Sarah, la Torah fait allusion au Décalogue en ceci : lorsqu’Eliezer, l’esclave d’Abraham, se rendit à Haran pour en ramener la future épouse d’Isaac, et, lorsqu’il s’avéra que sa rencontre avec Rivka était la bonne, il sortit de son sac une boucle d’or et deux bracelets ; la Torah, dont nous savons qu’elle n’utilise pas de mots inutiles, précise que la boucle était en or et qu’il y avait deux bracelets.

Or par le fait que le mot bracelet est au pluriel nous comprenons fort bien qu’il y en a au moins deux en ce cas pourquoi préciser ? Pour le Pardès Yossef, il est tout-à-fait clair que ces détails font référence au Décalogue : le « nezem » (la boucle) pesait « béka » zahav (בק »ע זהב) soit 172 grs (?) en rapport avec les 172 lettres du décalogue, 2 bracelets qui se portent ensemble comme les deux tables de pierre qui ne se séparent pas et chacun pesant 10 (grs?) comme les 10 Paroles… et, de même que la Torah fournit des détails, il importe que l’homme consacre une attention extrême sur des détails qui forment un tout : ainsi le respect dû aux parents est un macrocosme composé d’une infinité de microcosmes et chacun d’eux doit être peaufiné afin d’en faire une perfection.

Dans les différents midrashim, nos grands sages nous font remarquer à travers les arcanes de l’Histoire un certain nombre d’enseignements concernant des récompenses accordées à des personnages non-juifs pour leur conduite vis-à-vis d’HaShem lui-même ou vis-à-vis de nos Patriarches.

Par exemple :
Dans la Meguilat Ruth, la deuxième belle-fille de Noémie se nomme Orpa car, les Sages expliquent on a vu sa nuque (en hébreu, nuque se dit oref) lorsqu’elle a quitté sa belle-mère… Sa nuque et non pas ses talons !!! Nous reviendrons sur cette idée dans quelques instants.

Dans les Psaumes 126, 6, le roi David chante : הָלוֹךְ יֵלֵךְ, וּבָכֹה– נֹשֵׂא מֶשֶׁךְ-הַזָּרַע:בֹּא-יָבֹא בְרִנָּה– נֹשֵׂא, אֲלֻמֹּתָיו. Soit : C’est en pleurant que s’en va celui qui porte les grains pour les lancer à la volée, mais il revient avec des transports de joie, pliant sous le poids de ses gerbes.

Ekev ou Akev c’est en quelque sorte poser un pied en avant sur le sol pour avancer non seulement pour marcher mais pour évoluer, pour avancer et progresser. Lorsqu’HaShem a ordonné à Abraham LEKH LEKHA c’est non seulement pars, mets- toi en route mais l’idée est aussi de se faire un chemin pour aller de l’avant, pour se faire un chemin et chaque pas fait dans cette direction est un pas qui rapportera une récompense.

Si le pharaon a eu une récompense pour avoir accompagné Abraham vers sa dernière demeure, si, beaucoup plus tard, l’Ange Gabriel empêcha Nabuchodonosor de faire plus de 3 pas et reçut sa récompense à ce sujet, à plus forte raison, Abraham qui voua sa vie au Créateur reçut-il une récompense en « allant » devant le Saint béni soit IL !

Ce qui revient à mettre en évidence que celui qui fait certains pas en retire un bénéfice.
On cite ainsi que lorsqu’Eglon, roi de Moav a reçu un messager qui se réclamait d’HaShem, Eglon, se leva de son trône par respect pour l’Eternel, imprégné de crainte révérencielle pour le Maître du Monde. Son salaire/récompense fut que par l’entremise de l’une de ses filles, un roi règnera sur Jérusalem : Salomon descendant de Ruth.

De même, font remarquer les Maîtres du Midrash, lorsqu’arriva le temps où Abraham rejoignit ses pères, le pharaon d’Egypte se joignit aux obsèques et il fit 4 pas après la dépouille mortelle du Patriarche ces 4 pas lui furent « remboursés » pourrait-on dire par le fait que les descendants d’Abraham furent exilés en Egypte 400 ans.

Que cela signifie-t-il ? Si HaShem demande de nous souvenir du shabbat pour l’observer cela signifie qu’il nous appartient de nous accrocher aux moindres détails qui composent l’observance du shabbat pour nous en délecter.

Et, même si le fait de tirer un délice du shabbat consiste à faire quelques pas de plus pour entendre une meilleure drasha ou si nous devons consacrer des efforts supplémentaires pour faire en sorte que shabbat soit encore plus beau que d’habitude, le Saint béni soit IL pour Lequel tout est visible prend tout en considération.

Et, si nous avons 613 commandement devant nous, nous pourrions nous spécialiser dans l’un d’eux au moins pour pouvoir jouir d’une bonne place dans le monde futur …

Caroline Elishéva REBOUH

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