Des drones iraniens détournés contre Beyrouth?

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Alors même que des photos apparaissaient de drones du même type que ceux fournis par l’Iran aux Houtis, Debkafile nous entretient d’une tentative d’élimination sur un agent de liaison régional important, en pleine rue à Beyrouth…

L’attaque présumée de drones -dont la provenance israélienne n’est pas démontrée, au contraire- dans la capitale libanaise aurait plutôt visé des conteneurs prêts à l’expédition, avec “des machines faites pour mélanger du propulseur de haute qualité” au cœur de missiles à guidage de précision, selon ce qu’a rapporté mardi le quotidien britannique The Times.

On n’arrête pas le progrès  :

Le Haaretz du 28 août croit détenir la clé de l’énigme : Israël serait parvenu à mettre au point un dispositif permettant de déceler un drone, de “lire” ses fonctions de fond en comble, d’en prendre le contrôle … et de le détourner contre ses “pilotes à distance”. Ainsi, le fait que ces drones étaient bien bien “iraniens” ne pose plus de problème insoluble… Mais l’avertissement est sévère, car par systématisation de la contre-mesure, à l’avenir tout drone agressif pourrait bien frapper celui-là même qui l’envoie… On restera donc prudent sur cette trouvaille spéculative d’Haaretz.

2èmement, les cibles : quelles étaient-elles d’après les recoupements? 

 

Nous ne connaîtrons probablement jamais toute l’histoire de ce qui s’est passé à Beyrouth dimanche matin, mais une chose est sûre : si les drones explosifs étaient israéliens, il s’agissait d’une opération d’une ampleur sans précédent.

Israël reste muet sur les informations en provenance du Liban, comme l’Etat Juif a tendance à le faire. Cela laisse donc le public s’en remettre aux histoires racontées par le Hezbollah, l’ennemi de Tsahal, et aux réseaux sociaux.

Alors allons-y avec ce que nous savons :

Quelques heures à peine après que l’armée de l’air israélienne a frappé une cellule de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution iranienne, dirigée par deux membres du Hezbollah prévoyant une attaque par drone explosif contre Israël, deux drones de la DIJ sont apparus dans les cieux au-dessus de Dahiyeh. L’un d’eux s’est écrasé après avoir été touché par des pierres, tandis que l’autre a explosé, blessant trois personnes et causant des dommages importants au bureau de presse du Hezbollah.

Selon le Hezbollah, les deux drones transportaient chacun 5,5 kg de C4 et étaient en «mission suicide» et non de reconnaissance ou de civils. Cette charge aurait tout aussi bien avoir eu pour mission l’auto-destruction de ces drones, plutôt que leur capture…

Alors que le Hezbollah et les forces armées libanaises ont rapidement accusé Israël de l’attaque, beaucoup à Jérusalem ont accusé l’Iran. Si l’Iran ne peut pas lancer son attaque par drone tueur contre le nord d’Israël depuis la Syrie, pourquoi ne pas essayer depuis le Liban? Peu probable.

Ces drones de la DIJ ne peuvent pas voler trop loin de leurs opérateurs au sol, quelques kilomètres au mieux. Cela signifierait que leurs opérateurs étaient au sol dans la forteresse du Hezbollah. Une telle opération aurait peut-être risqué non seulement la capture des moyens israéliens par le groupe chiite ou les forces libanaises, mais également une guerre totale entre les deux pays ennemis.

Les agents israéliens n’auraient-ils pas pu faire autre chose, autrement? Au lieu de drones explosifs, peut-être une voiture piégée ou une élimination avec des hommes armés de silencieux?

Israël a été accusé de tellement d’opérations à travers le monde, alors pourquoi pas à Beyrouth? Mais il est peu probable que le bureau des médias pose une menace imminente pour la sécurité des citoyens israéliens. Ce devait être quelque chose – ou quelqu’un d’autre.

La vidéo présumée de la scène diffusée sur les réseaux sociaux montrait l’un des drones planant au-dessus d’un parking, attendant peut-être une cible. D’autres images de la scène montraient deux camions en flammes après l’explosion.

Mais la question demeure : quelle pourrait être une cible aussi importante pour qu’Israël se mette à risquer une telle opération? Selon un reportage du Times, la cible n’était pas un responsable du Hezbollah de haut rang comme Hassan Nasrallah qui se cache profondément sous terre dans son bunker, mais plutôt les camions en flammes vus sur les images.

Selon des sources de renseignements citées dans le rapport, les 2 camions transportaient des caisses avec des machines pour mélanger un propulseur de haute qualité, à l’usage des missiles à guidage de précision provenant d’une installation de stockage à proximité, qui contenait un malaxeur industriel haut de gamme, nécessaire pour mélanger des propulseurs à combustible solide, pour des missiles de précision de haute qualité.

Le mélangeur de fabrication iranienne, considéré comme l’un des éléments clés de la technologie des missiles de précision, a été sérieusement endommagé et le mécanisme de contrôle informatisé qui se trouvait dans une caisse séparée a été totalement détruit lors de l’explosion.

Le Hezbollah essaie depuis des années de fabriquer des missiles à guidage de précision pour compléter son arsenal, et Israël tente depuis des années de l’en empêcher.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a averti en décembre que le Hezbollah tentait de mettre en place une infrastructure permettant de convertir les missiles sol-sol en missiles de précision, près du port de la ville et de l’aéroport international Hariri.

Selon des sources, des responsables du Hezbollah ont pris la décision consciente de transférer le centre de gravité du projet de missile de précision – sur lequel ils s’affairent depuis un certain temps – de la Syrie vers l’espace civil au cœur de Beyrouth.

Il existe d’autres sites à Beyrouth et ailleurs où des membres du Hezbollah s’emploient de la même manière à établir des infrastructures qui seront désignées pour le stockage et la conversion futurs de missiles de précision. Selon des sources, Israël surveille ces sites avec une grande gamme de capacités et de moyens et dispose de nombreuses informations sur le projet de missile de précision du Hezbollah. Israël savait que ces camions constituaient une menace imminente. Ils étaient la cible des drones explosifs.

L’arsenal du Hezbollah, composé d’environ 130 000 roquettes, est constitué principalement de petites roquettes et de missiles sol-sol, portables et non guidés, d’une portée de 10 km environ. et 500 km. Le groupe dispose également de plusieurs types de missiles sol-air et sol-mer.

Mais les responsables israéliens estiment que le groupe terroriste chiite libanais possédera plus de 1 000 missiles à guidage de précision dans une décennie, ce que l’armée israélienne et Jérusalem ne veulent à aucun prix.

C’est quelque chose qu’Israël justifie dans sa campagne élargie contre l’Iran. D’abord en Syrie, puis elle aurait commencé le mois dernier en Irak. Et maintenant au Liban même.

Une autre version plausible de cet événement serait la suivante : 

Al Quds, qui comprend les milices opérant en dehors de l’Iran et les armes terroristes responsables des attaques, a subi un véritable coup dur lorsqu’Israël a contrecarré sa tentative d’attaque à l’aide de drones, en passant le premier à l’offensive, il y a quelques jours, et en détruisant les entrepôts où les drones armés étaient stockés, dans des bases en Irak.

Ce coup dur a permis aux rivaux de Soleimani, au sein de la direction iranienne, de demander une nouvelle réduction des énormes budgets alloués à la force Al Qods, compte tenu de la crise économique iranienne, principalement à la suite de sanctions internationales. Cette crise a obligé les dirigeants iraniens à supprimer quatre zéros de la monnaie locale pour tenter de faire face à l’hyperinflation et à la dépréciation par rapport au dollar.

Le Hezbollah est venu en aide à Soleimani en signalant, peu de temps après, qu’Israël aurait attaqué ses bureaux à Beyrouth – un rapport dont la fiabilité est douteuse. Le rapport indiquait initialement que deux UAV israéliens avaient explosé. En l’absence de toute preuve à ce sujet, on a signalé qu’un drone piégé avait explosé, mais le reportage a ensuite remplacé ce “détail” descriptif par un autre type de drone, qui ne peut pas voler assez loin pour se rendre d’Israël jusqu’à Beyrouth. Les photographies distribuées par le Hezbollah montrent un bureau avec des tables renversées ne subissant aucun dommage réel. Le but principal  de ces reportages est de détourner l’attention des rapports embarrassants en Syrie sur le revers subi par Soleimani.

 

Les drones de Beyrouth étaient iraniens et non israéliens, selon des images

Malgré les images de l’accident révélant que les drones ont été fabriqués en Iran, le Premier ministre libanais passe à l’offensive, accusant Israël de “menacer la stabilité de la région”

Des images de la scène des deux drones qui se sont écrasés dimanche à Beyrouth révèlent que des dispositifs aériens sans pilote ont été fabriqués en Iran et non en Israël, comme cela a été rapporté dans les médias arabes.

Un groupe terroriste libanais, le Hezbollah, a déclaré dimanche que deux drones israéliens étaient tombés au-dessus de Beyrouth, l’un des deux étant bourré d’explosifs et causant de graves dommages à un “bâtiment abritant le bureau de presse du Hezbollah”.

Drone qui s'est écrasé à Beyrouth, fabriqué en Iran (Photo: Reuters)

Drone qui s’est écrasé à Beyrouth, fabriqué en Iran (Photo: Reuters)

Les images montrent que le même type de drones est utilisé par des alliés iraniens – des groupes rebelles chiites houthis – au Yémen et lors d’attaques contre des installations pétrolières en Arabie saoudite. Que s’est-il donc réellement passé?

Dans l’intervalle, le Premier ministre libanais Saad Hariri a décrit le crash des deux drones comme une violation et une “agression” contre la souveraineté libanaise, ajoutant que les drones “israéliens” constituaient “une menace pour la stabilité régionale et une tentative d’accroître les tensions”.

Dommages causés par l'accident du drone à Beyrouth (Photo: AFP)

Dommages causés par l’accident du drone à Beyrouth (Photo: AFP)
Il a déclaré dimanche que les développements survenus pendant la nuit constituaient une menace pour la stabilité régionale et une tentative de pousser la situation vers une nouvelle escalade.

L’incident signalé est survenu quelques heures après que l’IAF a frappé une force iranienne près de Damas, la capitale de la Syrie, qui, selon Israël, prévoyait de lancer des “drones tueurs” sur son territoire.

Associated Press a contribué à ce reportage

ynetnews.com

Israël en mode anti-terroriste: une attaque par drone à Beyrouth était un assassinat ciblé sans laisser d’indices. Frappes sur la Beqaa libanaise. Un drone frappe un convoi du PMU

Dans son compte-rendu exclusif de l’accident du drone à Beyrouth le 25 août, DEBKAfile peut révéler son véritable objectif : l’assassinat ciblé d’un officier de liaison opérationnel du Hezbollah avec le chef d’Al Qods, Qassem Soleimani, commandant suprême du Mid-East en Iran.[Mais Debkafile n’explique pas l’usage d’un drone “houti”, ni réellement par qui? La thèse reste fragile] Cette opération correspondait de manière significative à l’opération aérienne israélienne en dehors de Damas, qui avait permis d’éviter une attaque imminente de drones iraniens.

Il n’est pas étonnant que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ait semblé pâle et choqué quand il a menacé de punir Israël dans un discours prononcé dimanche après-midi.

L’attaque de drones, “selon les sources militaires et les services de renseignements de DEBKAfile”, est la première élimination cibleé qu’Israël ait jamais commis par voie aérienne dans une rue principale de Beyrouth. Soleimani l’a, par la suite, qualifié de tentative “folle”. Le premier des deux drones a été désarmé, lors d’une mission de reconnaissance visant à suivre les mouvements de l’officier de haut profil au sein du Hezbollah, ciblé dans la rue Mouawad, dans le district chiite de Dahya, au sud de Beyrouth.

Des boutiques chics qui attirent les touristes bordent un côté de cette rue. De l’autre, se trouvent des logements très secrets utilisés par les plus gros terroristes du Moyen-Orient associés à l’Iran lorsqu’ils séjournent dans la capitale libanaise – des chefs rebelles yéménites houthis et des chefs du Hamas palestinien et du Jihad islamique, pour n’en nommer que quelques-uns. Les occupants de ces résidences soigneusement dissimulées ont tendance à rester cachés, parmi eux l’officier du Hezbollah visé.

Le premier drone a été envoyé samedi soir pour localiser où il se trouvait.

La liquidation de ce maillon important de la chaîne entre l’Iran et son principal mandataire dans son repaire caché avait pour but de faire comprendre à Soleimani et Nasrallah qu’Israël s’intéresse de près à ce personnage clé et sait où le trouver. Le premier drone a donc volé dangereusement à basse altitude au-dessus de la rue Mouawad et était donc une proie facile pour un jeune garçon de la région, qui a voulu lancer un gros caillou et le faire chuter à terre, un exploit dont il s’est vanté plus tard. Tsahal a, alors lancé un deuxième drone dans la rue. Il était plein d’explosifs. Sa cible n’était pas le centre de presse du Hezbollah, comme on le dit généralement, mais une voiture devant le bâtiment voisin. À peine l’officier du Hezbollah visé par l’assassinat est-il entré dans la voiture lorsque celle-ci a été touchée par le drone armé qui était programmé pour le suivre jusqu’à chez lui.

Si Israël maintient le rythme des dernières 48 heures, l’opération dans la rue Mouawad, tout comme l’attaque aérienne contre une villa abritant des drones iraniens au sud de Damas, pourrait s’avérer être le coup d’ouverture d’une nouvelle offensive de guerre contre l’Iran et ses supplétifs, avant que leurs plans d’agression ne deviennent sérieux.

Dimanche, Tsahal a continué à avancer.

La puissante milice pro-iranienne irakienne Hashd al-Shaabi, ou Forces de mobilisation populaire (PMU), a accusé Israël de l’attaque meurtrière perpétrée par un drone sur deux camions qui passaient devant la ville frontalière irakienne d’Al Qaim pour se rendre à la frontière syrienne. Au moins 10 miliciens ont été tués, y compris un officier supérieur, dans ce que le PMU a appelé une “attaque flagrante avec une couverture aérienne sur la zone par des avions américains, en plus d’un grand ballon pour surveiller la zone proche de l’emplacement de l’incident”.

DEBKAfile indique que la cible était le 45 e bataillon du PMU, chargé de transporter des armes iraniennes d’Irak à la Syrie et au Hezbollah au Liban.

Tôt lundi matin, les médias libanais ont rapporté que l’armée de l’air israélienne avait attaqué des cibles du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) dans la région de la Bekaa, près de la frontière syrienne. Cette attaque a eu lieu après que trois roquettes palestiniennes ont été tirées de Gaza sur Sderot et d’autres communautés voisines. Deux ont été interceptés par Dôme de Fer et le troisième a explosé sans danger sur une route. Cependant, des éclats d’obus ont touché les 4 000 personnes présentes à un festival à Sderot. Au moins 16 personnes ont été blessées dans la panique.

De plus amples détails sur les coulisses de l’escalade de la confrontation entre Israël, l’Iran et le Hezbollah seront exposés dans les prochains jours.

debka.com

5 COMMENTS

  1. A posteriori, on sait maintenant que ce sont bien les deux cartons qui étaient visés, lesquels contenant un mélange destiné aux roquettes leur apportant plus de précision.
    Cette destruction engendre un an de retard pour ce programme terroriste. Bravo Tsahal!…

  2. Il est vraisemblable que cet imbroglio cache une lutte de factions iraniennes opposées à la stratégie voire aux buts de l’Iran dans la région.

  3. Ysraël n’a jamais été et ne sera jamais un état terroriste.
    Une armée qui envoie des tracts, des SMS, et des mails avant de frapper ne peut etre terroriste.
    Un commandement qui annule une opération pour épargner les civils autour est une chose que seule l’armée la plus morale du monde sait faire. Au grand dam des nations, comme on le voit tous les jours…
    La barre est très haute, trop haute, pour elles.
    Elles s’en enragent…
    Donc, Si Ysraël n’a point frappé, c’est que, enfin, une sorte de “nuit des généraux” a lancé un programme ciblé, enfin, pour que ces dictatures chiites soirnt poussées, dans le moindre des scénarii, dehors.
    Une excellente nouvelle, qui soudain va empêcher ces saligauds de dormir tranquillement.
    Quelques soient les eructations du debris collabo Aoun…

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