Les rapports de force au Moyen-Orient vus comme un « jeu d’échecs »? Mieux vaut dire que c’est du poker!
La situation chaotique, pour ne pas dire anarchique, qui règne dans la majeure partie du Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) est souvent comparée, par sa complexité, à un jeu d’échecs.
Cela n’a rien à voir avec les Echecs, un jeu qui comporte ses règles et n’est strictement gouverné que par le calcul rationnel [NDLR : quoique le mental y joue un rôle appréciable]
Non, cette situation ressemble bien plus au jeu de poker. Au poker, les jeux en main sont de valeurs inégale, mais peuvent être renforcées par un bluff efficace ; ce faisant, le poker, à la différence des échecs, est un jeu dominé par l’émotion plus que la raison et la main la plus forte, très souvent, n’est pas forcément celle qui gagne.

Actuellement, la plupart des parties impliquées dans le jeu, à la fois à l’interne et à l’externe, sont très occupées à faire monter les enchères des autres joueurs. La Russie menace la Turquie de sanctions économiques et par l’affichage de moyens militaires.
L’Iran joue comme s’il n’avait qu’une main faible avec une grande habileté, comme il l’a fait au cours de ces deux dernières années, en envoyant ses troupes dans la mêlée en Irak et en Syrie. La Turquie abat un avion russe et envahit effectivement, le nord de l’Irak. L’Etat Islamique exporte le terrorisme grâce à ses différentes branches (Vilayats) en France, aux Etats-Unis, en Libye, dans le Sinaï, au Yémen et en Afrique subsaharienne, loin de ses bases en Syrie et en Irak. La France fait honte aux Etats-Unis en les rejoignant pour attaquer les infrastructures pétrolières et les convois de transport de Daesh.
Le Royaume-Uni a décidé de pénétrer dans un espace aérien déjà surpeuplé en Syrie et les Kurdes consolident leur emprise sur le Nord-Est de la Syrie, mais recouvrent aussi le territoire perdu en Irak, aux mains de l’Etat Islamique.
Quiconque sait jouer au poker envisage les résultats probables au final de cette façon. En définitive, avec l’accumulation d’une énorme mise résultant des enchères successives, l’un des joueurs va en voir un autre et lui montre les cartes qu’il a en main. Puis tous les autres doivent en faire autant. Les bluffs sont découverts et le joueur qui a la meilleure main emportera la partie.
Ou tout le monde passe la main et plie, permettant au bluffeur le plus habile d’emporter la mise, sans avoir même à montrer les cartes qu’il possède.
Mon pari, en me fondant sur l’évaluation des compétences de chaque joueur, depuis plusieurs mois, est que la conclusion précédente est la plus probable. Le joueur qui a la main la plus forte la joue comme si elle était faible et certains des joueurs avec une main effectivement plus faible la jouent avec plus d’habileté. L’Iran va emporter la mise et l’utiliser pour récompenser les joueurs qui sont ses alliés.
Si j’ai raison, quel va en être le résultat? La Turquie, les Etats-Unis et l’Occident en général seront les plus gros perdants, mais aussi l’Etat Islamique. Dès qu’Assad sera fermera aux commandes d’une Syrie alaouite tronçonnée, Daesh sera entouré d’ennemis de tous côtés et fera l’objet d’un jeu visant à aboutir à son suicide régional.
Les plus gros point d’interrogation concernent les Kurdes et Israël. L’Iran n’a aucune raison de favoriser les Kurdes, au contraire, sauf comme une arme à utiliser contre les Turcs et ils sont bien capables d’en user. Dans le même temps, Israël, qui a fermement refusé de relancer ou de se coucher, puisqu’il est resté entièrement hors-jeu ( sur le dessus de table), devrait sortir intact de l’apogée finale, mais avec de sérieux problèmes potentiels avec les supplétifs de l’Iran, en particulier le Hezbollah.
Cependant, l’Etat juif pourrait continuer à consolider sa position à l’égard de l’Arc Sunnite au sud, de l’Egypte à la Jordanie en passant par le Conseil de Coopération du Golfe, à l’exception notable du Qatar.
La puissance militaire d’Israël continue d’augmenter, avec entre autres, le test réussi du missile anti-missiles Hetz (Arrow).
Il commence à ressembler à un porc-épic qui peut, non seulement dissuader ses ennemis, mais aussi lancer ses épines pour les attaquer si nécessaire. Aucun autre habitant de ce charmant royaume des animaux, aussi féroce soit-il, ne se frotte au porc-épic. Mieux vaut être son ami et allié.
Norman A. Bailey, Ph.D., is Adjunct Professor of Economic Statecraft at The Institute of World Politics, Washington, D.C., and a researcher at the Center for National Security Studies, University of Haifa. This column was also published by Globes, the Israeli business daily.
Mercredi 16 Décembre 2015 | Posted by WorldTribune.com
Adaptation : Marc Brzustowski.
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Ce qui se passe actuellement au Moyen Orient, mais plus largement dans le monde, n’est ni un jeu d’échec ni un jeu de poker, c’est tout simplement la 3e Guerre Mondiale. Cela a commencé à la fin de la 2e GM, les 2 Blocs, l’un Russe, l’autre Américain, ont commencé à se combattre par des pays satellites interposés, on a appelé cela la guerre froide. Puis cela a été la course à l’armement. Après nous avons assisté à l’apparition du terrorisme à l’échelle planétaire.
Parallèlement à cela, comme pendant la 2e GM, la chasse aux Juifs et à Israël a commencé, mais cette fois-ci, elle n’est pas menée par les SS nazis, mais par la Ligue Arabe qui regroupe tous les pays Arabes et même au-delà. Ceux qui les soutenaient étaient d’un côté le Bloc Russe et de l’autre plus sournoisement l’Amérique.
Il manquait pour achever le tableau de trouver le Führer de service, qui a été trouvé en la personne du nouveau Calife Arabe, Bakr, qui déclara la guerre au monde en juillet 2014. Depuis cette, date nous nous trouvons impliqués dans la 3e GM. Et comme pendant la 2e GM, l’Amérique s’allie avec la Russie pour combattre le Califat de Bakr.
Voilà en quelques mots comment je vois la situation actuelle.