Avraham Burg, chairman of the Jewish Agency and head of the World Jewish Restitution Organization's delegation to the Washington Conference on Holocaust Era Assets, gestures while talking in his Jerusalem office Sunday Nov. 29 1998. Burg warned countries attending the conference not to try to cut corners in reaching a deal on restitution and said Jewish organizations will not accept nothing less than full disclosure and restitution by those who proffited from the Holocaust.(AP PHOTO/Nati Harnik)

Annexion : Avraham Burg préfère un Etat binational 

Le 30 juin 2020, l’ancien Président de la Knesset, Avraham Burg, a livré son sentiment sur la future extension de souveraineté israélienne sur une partie de la Cisjordanie. Après l’avoir comparée à « l’annexion russe de la Crimée » (et sous entendu la nécessité d’un embargo contre Israël), il a conclut son propos en suggérant sa préférence pour un Etat binational et l’extension d’une citoyenneté israélienne à l’ensemble des palestiniens. Cette analyse est bien surprenante pour un ancien Président de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale.

Avraham Burg s’est tout d’abord expliqué sur son opposition à l’annexion de 30% de la Cisjordanie, conformément au Deal du Siècle du Président américain Trump. Pour lui, sont proscrites « toutes mesures violentes et unilatérales, contrairement au besoin urgent de coopération entre les Etats, les institutions, régions sociétés ». Voire, elle « nuirait aux communautés palestiniennes et israéliennes » (sic). Rappelons donc, à l’ancien Président de la Knesset, que les territoires concernés sont peuplés de juifs, administrés par Israël, et que la Loi israélienne y est déjà applicable.

L’ancien député (élu Président de la Knesset en 1999 et devenu Président de l’Etat d’Israël par intérim lors de la démission du Président Weizmann en 2000) a alors développé les raisons de son opposition en comparant « l’annexion » au cas de l’Alsace et de la Loraine sous souveraineté française, puis passée sous celle de l’Allemagne, avant de redevenir française. Il a, alors, posé la question de savoir ce que dirait la France, si l’Allemagne décidait d’annexer à nouveau cette région : « la France s’y opposerait et la décision mettrait à mal l’ordre de l’Union Européenne » avant de terminer son propos, en bon moralisateur : « la Loi est applicable à tous ». Bien évidemment, les situations n’ont rien à voir les unes avec les autres : la Cisjordanie (précédemment jordanienne) est devenue un territoire sans maître lorsque le Royaume Hachémite y a renoncé en 1988. Ce sont alors les accords israélo palestiniens d’Oslo qui ont réparti les prérogatives sur ce territoire entre Israël et l’Autorité palestinienne en 1995. Si l’Onu a posé, avec la résolution 58/292 du 6 mai 2004, que ce territoire était le « territoire palestinien occupé », il n’en demeure pas moins que l’Etat de Palestine, reconnu par l’Onu le 29 novembre 2012, ne s’est vu affecté aucun territoire particulier : il n’y aura donc aucune captation du territoire d’un autre.

Avraham Burg s’est ensuite exprimé sur l’élection de Benjamin Netanyahou qui avait fait de « l’annexion » une priorité de son programme. Après avoir fustigé les circonstances de sa nomination en tant que Premier Ministre alors que « la majorité des israéliens a voté contre lui », il a regretté que ses adversaires politiques « spécialement Benny Ganz » soient de « faibles et pathétiques adversaires politiques ».  Pour l’ancien Président de la Knesset, il devrait être « interdit pour tous les États, de contrôler la vie quotidienne de millions de personnes sans les laisser voter pour leur représentation». Le légaliste Avraham Burg devrait pourtant respecter les institutions israéliennes et son principe de proportionnelle intégrale. Si le système démocratique israélien ne lui convient pas, il peut toujours émettre des suggestions, mais la Loi lui est opposable. Il termine alors son propos par une pirouette  en affirmant « Israël dénie les droits démocratiques des Palestiniens. Par conséquent, l’annexion est une mauvaise mesure ». Bien évidemment, si les palestiniens entendent accéder à l’expression démocratique, il leur appartient de mettre en place des institutions palestiniennes en éliminant préalablement, le Fatah, le Hamas et toutes les organisations terroristes qui les instrumentalisent. Israël y est étranger. L’extension de souveraineté israélienne n’impactera en rien leurs droits que leur propre système bafoue.

Avraham Burg s’est ensuite expliqué sur le point de savoir si (tout comme le reconnaît le Président Français Emmanuel Macron) la critique d’Israël constituait « un antisémitisme masqué » : « la haine de l’autre se traduit par la xénophobie, l’homophobie, l’islamophobie, et bien évidemment la haine des juifs ». Il estime toutefois que l’antisémitisme ne doit pas être « une blanchisseuse dans le cadre de la machine de propagande de Netanyahou pour échapper à la critique légitime des mesures prises par Israël » (sic) ajoutant « en tant qu’Israéliens, nous ne pouvons et nous ne devons pas nous cacher derrière cela pour accepter une politique comme celle de l’occupation des territoires palestiniens ». S’il confirme la nécessité « de ne pas légitimer l’antisémitisme » il considère « nécessaire de pouvoir critiquer Israël comme n’importe quel Etat ». Manifestement, Avraham Burg est imprégné des thèses des ennemis d’Israël. Il n’en démord pas : pour lui, la Cisjordanie est un « territoire palestinien occupé » alors qu’il s’agit juste d’un territoire annexé par la Transjordanie en 1951, et abandonné par le Royaume Hachémite en 1988.

L’ancien Président de la Knesset a alors livré son sentiment sur ce que l’Union Européenne devrait entreprendre. Selon lui, l’Europe aurait une certaine responsabilité historique puisqu’elle a considéré le territoire comme une aire coloniale avec « les frontières artificielles Sykes-Picot de 1916 ». Il ne souhaiterait, toutefois pas, que l’UE « ait un double standard vis-à-vis d’Israël à cause d’un sentiment de culpabilité ». C’est alors qu’il a lancé « La même politique que celle engagée contre la Russie envahissant la Crimée doit être appliquée à Israël » (sic). Autrement dit, Avraham Burg ne serait pas opposé à la mise en place d’un embargo contre Israël s’il étendait sa souveraineté sur des pans de Cisjordanie. Qu’il se rassérène. Les situations ne sont pas comparables : si l’Onu a essayé de transformer ses fantasmes idéologiques de 2004 en « Droit international », et essayé de les imposer comme thèses universelles, Avraham Burg ne doit pas en être abusé.

Pour Avraham Burg il est donc très simple de stopper Trump et Netanyahou : « il suffit de dire non » : « Si l’Europe s’y oppose, Israël ne le fera pas » (bien qu’elle soit pour lui « faible et apologétique »). Sur ce point, l’ancien Président de la Knesset, gagnerait à aider l’UE à se sortir de ses projections idéologiques et fantasmées en la plaçant devant le seule vérité géopolitique : il n’y a jamais eu « de territoires palestiniens » et encore moins de « territoires palestiniens occupés ».

Le dernier point abordé par Avraham Burg concerne la mort de la solution à deux Etats que signerait l’annexion. Pour autant, il explique que la solution à deux Etats était morte « avec la seconde Intifada », « lorsque Ehud Barak a indiqué n’avoir pas de partenaire pour la paix », quand « Ariel Sharon est allé sur le Mont du Temple », quand « les palestiniens ont utilisés la violence », et depuis « la captation des terres, le cantonisation et la fragmentation de l’Autorité palestinienne »…

Pour lui, la question n’est plus celle d’un ou deux Etats mais la nature d’un seul Etat : soit « un seul Etat avec deux régimes » (les juifs étant privilégiés et les palestiniens discriminés), soit « un seul Etat du Jourdain à la Méditerranée avec les mêmes droits pour tous les individus ». Pour lui, c’est la seule problématique (sic).

En somme, Avraham Burg partage le fantasme des ennemis d’Israël qui n’aspirent qu’à sa disparition (notamment par la fusion des populations juives et palestiniennes) alors qu’il devrait incarner les valeurs fondamentales du sionisme et de l’indépendance du peuple juif sur sa terre d’Israël retrouvée. C’est bien dommage.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

8 Commentaires

  1. Vraiment une perte de temps et d’espace que celle de lire les sornettes de ce genre de personnage , dont je me demande ce qu’ils font encore en Israel.
    Helas Israel a aujourd’hui plus d’ennemis à l’interieur du pays , et qui font un travail de sape,qui j’espère ne finiront pas par le détruire
    definitivement

  2. Zut alors , je trouve son idée pas si bête, ça n’enlève rien à Israël d’accepter des…muz, des Chrétiens… des Athées, des… Chépakoi comme citoyens, en plus c’est déjà le cas alors!)
    Un seul Etat,avec des pouvoirs locaux super-importants et un Singapour du Proche-Orient à Gaza, triste pour le Hamas, l’AP et le Hezbollah, et alors?

  3. C’est à cause de ces hommes politiques juifs et israéliens, de plus ayant exercé les plus hautes fonctions, que nous juifs de diaspora qui essaient de défendre les positions politiques israéliennes, sommes désarmés, quand on désarme ses frères, on les laisse à la merci de leurs ennemis, c’est ce que l’on appelle « une traîtrise », de plus cet individu est plus royaliste que le roi, il demande à ce que l’UE, prenne vis à vis d’Israel, les mêmes sanctions qu’elle a appliquées à la Russie suite à son annexion de la Crimée, quand on a des amis comme lui, nul besoin d’avoir des ennemies ! Il est lamentable, d’être aussi ignorant de l’Histoire de son propre pays.

  4. Il y eût il y a 2000 un grand Pontife, Cohen Gadol, qui, après 80 ans d’exercice (!) tourna à l’opposition et est à l’origine des Tsedoqim, mouvement refusant la Loi orale, induite par Moïse notre Maître , la Mishnah, et donc, sapant, pour plus tard les Talmuds, le Tour, le Shoul’han Aroukh’ etc…
    En fait, reprochant le judaïsme rabbinique…
    Et les Pharisiens.
    Les descendants des Tsedoqim (car c’était depuis son nom) sont les Caraïtes, une secte non reconnue dans le canon juif.
    Pour laquelle on peut faire du feu Shabbath, hors du domicile,
    Abattre le bétail à la musulmane etc…
    Comme quoi, même un géant peut renier le fondement du judaïsme…
    Alors un président de knesset !?

  5. Qui s’intéresse aux élucubrations de ce dégénéré à part ceux qui le citent ou font appel à lui lorsqu’ils veulent cracher sur Israël ?
    Cette forme de folie israélienne relève de la psychiatrie.
    Ainsi, au prétexte d’humanisme et de fraternité, certains s’aveuglent au point de ne pas voir/comprendre que les palestiRIENS ne rêvent que d’une chose : faire disparaitre Israël de la région, quitte à massacrer la totalité de ses citoyens, y compris ces “généreux” tarés…

  6. Je ne le méprise car il a adopté deux orphelins, mais il est très gauchiste malgré sa Kippa.
    Ses opinions ne sont certainement pas une bonne référence pour l’avenir d’Israël !

    La protection dont Israël jouit malgré ces gauchistes aux opinions suicidaires est la preuve que Dieu existe et est avec nous.

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