Attentat de l’AMIA : arrestations historiques en Argentine

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Cela constitue une preuve décisive que c’est bien le régime de Téhéran qui a commis le crime, a déclaré vendredi le président de l’AMIA.

Les arrestations “confirment que l’Iran est le principal responsable” de l’attentat de l’immeuble AMIA au centre-ville de Buenos Aires le 18 juillet 1994, dans lequel 85 personnes sont mortes et des centaines d’autres ont été blessées, a déclaré Agustin Zbar, président de l’AMIA à Iton Gadol, le journal de la communauté juive argentine.

L’Iran a toujours nié sa responsabilité, malgré qu’Interpol (l’agence internationale de maintien de l’ordre.) de “notices rouges” ait dénoncé l’implication de six activistes iraniens et du Hezbollah, recherchés dans le cadre de l’attentat à la bombe.

Le juge fédéral argentin, Claudio Bonadio, a demandé jeudi au sénat du pays de priver l’ancienne présidente, Cristina Fernandez de Kirchner, (2007-2015) de son immunité afin de pouvoir la poursuivre pour trahison dans le cadre d’un premier procès. Elle est passible d’une peine maximale de 25 ans d’emprisonnement. La justice lui reproche d’avoir signé un pacte avec Téhéran pour que des hauts fonctionnaires iraniens, soupçonnés d’avoir commandité l’attentat contre la mutuelle Amia, soient entendus par des magistrats argentins à Téhéran faute de pouvoir le faire à Buenos Aires.

L’ancien ministre des Affaires étrangères Hector Timerman est également assigné à résidence, tandis que plusieurs autres lieutenants de Kirchner ont été arrêtés par la police ou empêchés par les autorités de quitter le pays.

L’enquête de Bonadio qui porte sur les allégations de collusion avec l’Iran est basée sur la plainte déposée contre Kirchner et ses associés par l’ancien procureur fédéral Alberto Nisman. Ce dernier avait passé une décennie à enquêter sur l’attentat de l’AMIA avant d’être assassiné dans son appartement de Buenos Aires en janvier 2015. Le cœur de la plainte de Nisman était l’affirmation qu’en janvier 2011, Timerman avait signé un pacte secret avec son homologue iranien par lequel les deux pays s’engageaient à une soi-disant «commission vérité» concernant l’attentat à la bombe de l’AMIA. Des témoignages ultérieurs de l’enquête de Bonadio ont montré que l’augmentation du commerce et même l’échange de technologie nucléaire étaient approuvés par le pacte.

Notant que 23 ans s’étaient écoulés depuis l’attentat de l’AMIA, Zbar a déclaré: «Nous avons parcouru un chemin long et ardu pour démontrer, avec de nombreuses preuves, la responsabilité intellectuelle et matérielle des citoyens et des fonctionnaires de l’État iranien et du groupe terroriste Hezbollah, dans l’attaque contre le siège de l’AMIA. ”

Zbar a ajouté qu’il espérait que les autorités argentines enquêtent également sur la complicité locale dans l’attentat, et que Carlos Telleldin, un homme d’affaires accusé d’avoir fourni le camion utilisé dans l’attentat de l’AMIA, soit jugé mdeux décennies plus tard.  Zbar a déclaré qu’il espérait que l’audience prochaine de Telleldin et “les progrès de l’enquête sur la mort d’Alberto Nisman” mèneraient finalement au procès des Iraniens qui avaient planifié et exécuté l’atroce attenta de l’AMIA.

“Dès le début, l’AMIA s’est fermement opposée au pacte avec l’Iran”, a déclaré Zbar. “La recherche de la justice est notre priorité depuis le 18 juillet 1994, et nous n’abandonnerons jamais tant que tous les coupables de ce crime contre l’humanité n’auront pas été condamnés et emprisonnés”.

Vendredi, des milliers de partisans de Kirchner ont organisé un rassemblement à la célèbre Plaza del Mayo de Buenos Aires pour protester contre ce qu’ils ont décrit comme une persécution de l’ancien président parrainée par le gouvernement. Kirchner a affirmé à plusieurs reprises que les allégations de Nisman contre elle et son gouvernement sont une invention.

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