Affaire Merah, dix ans après : la tuerie de l’école juive a bouleversé Israël

Le 19 mars 2012, le terroriste Mohammed Merah assassine quatre personnes dont trois enfants devant le collège-lycée Ozar Hatorah de Toulouse. La tragédie résonne dans le monde entier, et plus particulièrement en Israël. Dix ans après, le pays s’apprête lui aussi à commémorer la mémoire des victimes.

Les corps de Jonathan Sandler, ses fils Arié et Gabriel, et de la petite Myriam Monsonégo arrivent à Jérusalem deux jours après la tuerie.Les corps de Jonathan Sandler, ses fils Arié et Gabriel, et de la petite Myriam Monsonégo arrivent à Jérusalem deux jours après la tuerie. © Maxppp – Jim Hollander

 

C’est une histoire française, avec des victimes françaises, un assassin français, en France. Mais la tuerie de l’école juive le 19 mars 2012 à Toulouse a bouleversé Israël. Parce que ces quatre victimes sont juives bien entendu, mais aussi parce que les corps de la petite Myriam Monsonégo, ceux de Jonathan Sandler et de ses deux petits garçons Arié et Gabriel, sont très rapidement transférés en Israël. Ils reposent au cimetière Guivat Shaul de Jérusalem.

Émotion, antisémitisme et exode

Jonathan Sandler avait 30 ans, il est né à Bordeaux, a grandi à Versailles, il avait la double nationalité franco-israélienne comme ses deux fils, Arié six ans né à Paris, Gabriel trois ans et demi, né à Jérusalem. Comme aussi Myriam, huit ans et demi, née à Toulouse, benjamine de la famille Monsonégo dont le patriarche Yaacov dirige encore le collège-lycée Ozar Hatorah. Leurs morts constituent les premiers meurtres d’enfants juifs en France depuis la Seconde guerre mondiale.

Ces événements faisaient l’ouverture de tous les journaux télévisés, avec des éditions spéciales sur toutes les chaînes israéliennes, a vécu aux côtés des Français la traque, le siège et la neutralisation du terroriste trois jours après le carnage. Le 21 mars, les dépouilles des quatre victimes arrivent à Jérusalem pour une cérémonie très intense en émotions. « Cela s’est déroulé pas très loin du bureau de Radio France, cet enterrement était bouleversant avec des milliers de personnes venues y assister. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, était là avec sa kippa, ce sont des images qui ont fait le tour d’Israël », raconte Frédéric Métézeau, le correspondant de Radio France en Israël. Un après, en 2013, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu s’était rendu à Toulouse.

Selon un récent sondage de l’université hébraïque de Jérusalem, 39% des Israéliens estiment que la France est le pays européen le plus antisémite. Et la conséquence directe de l’attentat de Toulouse, ce fut l’exode de dizaines de familles juives toulousaines, qui ont faire leur « alyah » en s’installant en Israël.

« Ces familles toulousaines parties en Israël que j’ai rencontrées ne regrettent pas d’avoir quitté la France. Elles me disent, regardez, trois ans après Ozar Hatorah en 2015, c’est l’attentat de l’Hyper Casher… »

C’est le cas de la veuve de Jonathan Sandler et maman d’Arié et Gabriel. Eva Sandler, elle-même, est partie vivre à Jérusalem avec son dernier enfant, une petite fille âgée de moins d’un an quand son père et ses frères ont été assassinés. Elle a refait sa vie, et depuis peu, réapparaît ponctuellement lors d’événements publics avec une dignité qui force le respect. À l’image de cette cérémonie très intimiste dans une synagogue au mois de février dernier dans le quartier français de Bayit Vegan, cérémonie organisée à la date anniversaire selon le calendrier hébraïque, avec des rabbins renommés, quelques officiels et Samuel Sandler, le grand-père des enfants et père de Jonathan.

Le dimanche 20 mars, Toulouse s’apprête à accueillir une grande cérémonie d’hommages à la Halle aux Grains à l’initiative du CRIF, avec Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, François Hollande mais aussi Isaac Herzog, le président israélien.

Bénédicte Dupont France Bleu Occitanie

1 COMMENTAIRE

  1. Je n ai jamais cru a la fable officielle selon laquelle Merah avait été abattu aprés un siège

    il fallait absolument le supprimer pour eviter qu il ne raconte aux juges comment il avait réussi a berner les services secrets français, en « jouant » pour eux, tout en se jouant d’ eux

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