John Kerry a essuyé la rebuffade d’Abu Mazen, lorsqu’il lui a demandé de calmer les incitations au terrorisme contre les Israéliens 

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est reparti les mains vides de sa dernière rencontre avec le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmud Abbas (Abu Mazen) à Amman samedi 21 février – ce qui ne devrait pas l’avoir beaucoup surpris puisqu’il était déjà prévenu. Les sources de Debkafile au Moyen-Orient révèlent que Kerry en  est revenu persuadé qu’en définitive, Abbas ne donnerait pas un iota à Israël sur aucun des dossiers politique ou sécuritaire. Le leader palestinien n’a jamais dévié de sa conviction qu’il est du devoir de la communauté internationale de contraindre par tous les moyens Israël à offrir aux Palestiniens un Etat qui leur soit propre – sans la moindre des négociations directes.

A cette fin, Kerry a trouvé Abu Mazen accroché de toutes ses forces à l’initiative proposée par le Président français François Hollande, en vue d’une conférence internationale qui établirait sans discussion un Etat Palestinien, permettant ainsi aux Palestiniens d’échapper à toute nécessité de dialogue avec Israël.

La France a, en fait, mis en garde Israël que, sans progrès vers une solution à deux Etats de ce conflit, Paris prendrait les devants et reconnaîtrait un Etat Palestinien de son propre chef.

Le dirigeant palestinien est déterminé à faire campagne pour l’initiative française dans le mois à venir, guère intimidé par les avertissements répétés du Secrétaire américain que Washington ne le suivrait pas dans cette voie, même si la France dépose cette motion devant le Conseil de Sécurité.

Mais Kerry a, par-dessus tout, été déconcerté de devoir essuyer les rebuffades d’Abu Mazen, lorsqu’il lui a simplement demandé de faire un discours ou de publier un communiqué quelconque appelant les Palestiniens à arrêter leurs attaques terroristes contre Israël, qui entrent, actuellement, dans leur cinquième mois consécutif. Tous ses efforts pour persuader le chef palestinien de faire en sorte que la violence puisse se tasser ont été faits en vain.

Un membre influent de l’entourage de Kerry a déclaré aux sources de Debkafile : « Abbas pense évidemment que le terrorisme sous sa forme présente est un bon instrument pour faire triompher sa politique, bien qu’il ne veuille pas l’admettre en public ». La source a décrit l’humeur du Secrétaire d’Etat à l’issue de sa rencontre, comme : « déçu et choqué ».

Les sources militaires de Debkafile remarquent qu’Abbas marche sur un fil extrêmement ténu et tendu. Alors qu’il trouve qu’une certaine dose de violence est utile pour permettre aux Palestiniens de vider leur sac de ressentiments, il donne néanmoins l’ordre à ses services de sécurité de coopérer partiellement avec Israël de façon à ce que la violence palestinienne ne lui échappe pas des mains et qu’il en devienne la prochaine cible.

Et face à lui, il a le rappel constant des conséquences du retrait israélien de la Bande de Gaza, qui s’est traduit par le règne sans partage du Hamas. On doit à tout prix empêcher que cela advienne dans la bande cisjordanienne de Judée-Samarie.

Nonobstant cette réalité incontournable, la vieille controverse séculaire qui harcèle régulièrement la politique israélienne a de nouveau fait surface cette semaine, quand le chef des renseignements militaires, le Major-Général Herzl Halévi a été cité (ou mal cité) en train de commenter, il y a quelques semaines, lors d’une réunion du cabinet sécuritaire, que seul un effort diplomatique entre Israël et les Palestiniens aurait quelque chance d’apaiser l’actuelle vague de terrorisme.

Cette théorie, réfutée à chaque fois qu’un nouveau cycle de discussions de paix a déclenché un nouvel éclatement de terrorisme palestinien au cours de ces trois dernières décennies, a également été réfutée de manière cinglante lors de la rencontre Abbas-Kerry à Amman.

Des fuites récentes du cabinet de sécurité israélien, bien que fréquemment citée hors contexte, montrent que les évaluations des renseignements tombent à côté de la plaque – à la fois concernant la question palestinienne et les perspectives du conflit syrien.

Cela peut avoir à faire avec le délai pris par le Premier ministre Binyamin Netanyahu pour la désignation d’un nouveau Directeur du Conseil National de Sécurité, pour prendre la suite de Yossi Cohen, qui a été nommé Directeur du Mossad. Il apparaît que Netanyahu n’est pas très content des évaluations des renseignements déposées sur son bureau et qu’il peut décider de s’en dispenser en commandant le travail d’un autre évaluateur.

On a aussi trouvé comme naquant de substance, les remarques faites par le Ministre de la Défense Moshe Ya’alon le 22 février, depuis le pont du Destroyer américain l’USS Carney, qui mouille l’ancre dans le port de Haïfa, dans le cadre des exercices conjoints de défense anti-missile Juniper Cobra 2016.

Ya’alon a déclaré : « Les Etats-Unis et la Russie, qui sont tous deux actuellement actifs dans la guerre en Syrie, reconnaissent tous deux la liberté d’Israël à agir pour la défense de ses intérêts ».

Alors que les deux grandes puissances peuvent bien, effectivement, reconnaître en principe cette liberté, Israël peut bien avoir la certitude qu’il s’abstiendra de toute action susceptible de le faire accuser de mettre en péril les chances d’un cessez-le-feu devant entrer en vigueur en Syrie le 27 février. Autant la Russie que les Etats-Unis s’assureront également qu’aucune puissance extérieure, qu’il s’agisse de la Turquie, de l’Arabie Saoudite ou Israël, n’intervienne militairement dans le conflit syrien quels que puissent bien être leurs intérêts sécuritaires nationaux.

DEBKAfile Reportage Spéciale 23 février  2016, 1:40 PM (IDT)

 

Adaptation : Marc Brzustowski

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Stephan Cobut

Kerry a assez défendu les terroristes maintenant ils ne l ‘écoutent même plus- à la fin de leur donner raison et d’accuser Israël ; comme la France qui veut un état palestinien et s’attaque sans fin à Israël ; alors que la France est à la dérive complète ; et incapable de gérer le terrorisme dans ses frontières , verrons nous un con comme Tarik Ramadan devenir président de la France ??? le monde a donné raison à l’ Iran contre Israël et l’ on voit ce que cela apporte ; avec cette Europe de merde .Et Obama qui aura pendant huit ans démoli la stabilité du monde au profit de l’ islam et a tout donné pour la destruction d’Israël ; j’ espère qu’il sera puni pour cela .