Avec un minimum de bonne foi et d’intégrité morale, le Quai d’Orsay devrait, au moins, lire entre les lignes le message d’Abbas. Il dit clairement que son héritage politique correspond à la Charte de l’OLP, jamais abrogée, d’un Etat Palestinien du Jourdain jusqu’à la Mer. Mais Abbas est contraint de se contenter du plan « par étapes » de Farouk Kadoumi (1974), disant qu’un territoire vaut mieux que deux tu l’auras, qu’il faut d’abord s’implanter et que, seulement après, on agira pour détruire l’Etat Juif. Par résolutions diplomatiques, action « juridique », boycott, ou terrorisme. Abbas le redit, à chaque fois qu’il refuse, par réciprocité, la reconnaissance de l’Etat d’Israël. Donc Abbas dit clairement qu’il ne veut pas de « Solution à deux Etats ». En outrepassant cette condition sine qua non, et en proposant cette résolution unilatérale de « reconnaissance sans sécurité ni réciprocité », coûte que coûte, la France officielle s’allierait, implicitement, avec tout projet de destruction, par étapes ou par moyen nucléaire, de l’Etat d’Israël. La crise diplomatique risquerait, alors de prendre des proportions jamais atteintes, car on peut compter sur une abrogation de fait de toute alliance stratégique. C’est dans ce camp que les ultimatum d’Abbas souhaitent entraîner l’Hexagone. A lui de voir, ce que ce sont ses intérêts globaux au Proche et Moyen-Orient. 

Abbas : « Si la France insiste sur la reconnaissance du caractère juif de l’État d’Israël nous ne négocierons pas »

FRANCE-PALESTINE

Le président de l’Autorité palestinienne, le négationniste Mahmoud Abbas, a menacé mardi de rejeter le projet français de résolution à l’ONU de règlement du conflit israélo-palestinien si la France insiste sur la reconnaissance par les Palestiniens du caractère juif de l’État d’Israël.

« Si la France insiste sur la reconnaissance du caractère juif de l’État d’Israël nous ne soutiendrons pas son projet de résolution à l’ONU », a menacé Abbas, le dirigeant palestinien lors d’une réunion du Conseil révolutionnaire du Fatah.

Le projet français a pour base les « frontières » de 1967 avec des échanges territoriaux, Jérusalem comme capitale pour les deux États, une formulation reconnaissant le caractère juif de l’État d’Israël, un calendrier pour les négociations finales et la convocation d’une conférence internationale.

La résolution française devrait être portée au Conseil de sécurité courant septembre lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies.

Y.T. – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

Publié le 17 juin 2015
 

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