Un diplomate iranien a été arrêté il y a quelques jours au Caire pour espionnage et a été interrogé par le Parquet de sûreté de l’Etat, a annoncé dimanche l’agence officielle égyptienne Mena.

Une source judiciaire a confirmé à l’AFP son arrestation, qui a toutefois été démentie par la section d’intérêts iraniens au Caire. « Le Parquet de sûreté de l’Etat a commencé aujourd’hui son enquête avec le diplomate iranien Qassem al-Hosseini qui travaille à la section d’intérêts iraniens au Caire », a affirmé la Mena. M. Hosseini, qui a été arrêté il y a quelques jours, est accusé « d’espionnage au profit d’un Etat étranger (l’Iran) dans le but de nuire aux intérêts de l’Egypte ».

Selon l’enquête préliminaire, le diplomate rassemblait « des informations sur l’Egypte concernant les derniers évènements que le pays a vécus et les conditions qu’il traverse, puis il les envoyait aux services de renseignement iraniens ». La section d’intérêts iraniens au Caire a démenti ces informations. « Il se trouve dans l’ambassade au moment où je vous parle. Il ne s’est rien passé de la sorte, il n’a pas été arrêté », a affirmé à l’AFP un responsable de la section qui a souhaité ne pas être identifié.

L’AFP a demandé à parler à M. Hosseini mais il n’a pu être joint. Une source informée a par ailleurs déclaré à la chaîne iranienne en arabe Al-Alam que le diplomate « est actuellement à son poste et travaille normalement » à la section d’intérêts iraniens au Caire. « Nous suivons l’affaire », a-t-elle ajouté sans autres précisions.

L’Egypte et l’Iran ne disposent plus que de sections d’intérêts dans leurs capitales respectives depuis que Téhéran a rompu ses relations diplomatiques avec Le Caire en 1980, après la révolution islamique, pour protester contre la conclusion en 1979 d’un accord de paix entre l’Egypte et Israël. Les deux pays ont des rapports en dents de scie depuis trois décennies mais depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février, les déclarations évoquant une reprise des relations se multiplient de part et d’autre. L’Egypte s’est dite prête à ouvrir « une nouvelle page » avec l’Iran, qui l’a appelée à faire un « pas courageux » pour rétablir les relations diplomatiques.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil al-Arabi a déclaré mercredi que la question d’une reprise des relations diplomatiques avec l’Iran serait soumise au Parlement, actuellement dissous en attendant une élection en septembre. M. Arabi a précisé que son pays voulait ouvrir un « nouveau chapitre avec tous les pays ».

Fin avril, le Premier ministre égyptien, Essam Charaf, en visite au Koweït, avait tenu à rassurer les pays du Golfe, qui craignent l’influence de l’Iran, en affirmant qu’une normalisation des relations de son pays avec Téhéran ne nuirait pas à la sécurité des riches monarchies arabes du Golfe.

LE CAIRE, 29 mai 2011 (AFP) –

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