Les forces de sécurité syriennes ont mené jeudi une vague d’arrestations dans le pays, interpellant notamment Najati Tayara, un militant des droits de l’Homme de Homs (centre), a-t-on appris auprès d’organisations de défense des droits de l’Homme.
Les forces de sécurité ont « lancé une campagne d’arresta”tions dans plusieurs villes », a indiqué dans un communiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Cette organisation basée à Londres a indiqué que ces arrestations, menées mercredi et jeudi, avaient visé notamment des manifestants et des organisateurs des manifestations anti-régime.

Parmi les personnes interpellées figurent Adnane al-Choukhri, le maire de la ville de Banias, une des places fortes de la contestation dans le nord-ouest du pays.

Des militants, journalistes et intellectuels ont également été arrêtés dans la capitale Damas mais aussi à Alep (nord), Homs (centre) et Lattaquié (nord-ouest).

Un militant des droits de l’Homme de Homs a notamment été arrêté dans cette ville, selon le président du Centre syrien pour la défense des détenus d’opinion et de la liberté d’expression Khalil Maatouk.

« Les forces de sécurité ont arrêté aujourd’hui le militant Najati Tayara dans la rue à Homs (…) il a été conduit dans un endroit inconnu », a-t-il dit à l’AFP.

M. Tayara avait fait état mercredi d' »opérations de ratissage » à la périphérie de Homs, parlant d’habitants « terrifiés ».

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme avaient fait état plus tôt de l’intervention de soldats et membres des services de sécurité dans la matinée dans les villages d’Al-Bayda et Al-Qariri, près de Banias. Ils ont arrêtés des « dizaines » de personnes.

Les arrestations se poursuivaient également à Banias, où l’armée est entrée avec des chars le 7 mai, avait-il ajouté à l’AFP.

Dans le même temps, deux leaders du Parti du peuple démocratique (interdit), Amr Qachach et Fahmi Youssef, ont été relâchés sous caution jeudi, a indiqué à l’AFP l’avocat Ibrahim Maliki.

Ces personnes, arrêtées respectivement les 1er mai et 28 avril, avaient été accusées de « porter atteinte au prestige de l’Etat ».

Par ailleurs, un appel à manifester vendredi en soutien aux manifestantes détenues en Syrie a été lancé sur la page « The Syrian Revolution 2011 » créée par de jeunes militants hostiles au régime de Bachar el-Assad.

Plusieurs manifestantes ont été arrêtées lors de rassemblements ponctuels de femmes ces dernières semaines, en particulier à Damas et à Banias, pour appeler à la libération de leurs proches ou à la fin du siège des villes. Quatre manifestantes avaient été tuées le 7 mai à Banias, selon les militants.

« Syrian Revolution 2011 » a affirmé la semaine dernière que les manifestations se poursuivraient « tous les jours » en Syrie, mais celles-ci semblent de plus en plus difficiles à organiser en raison de la répression. Le régime a renforcé son emprise sur plusieurs foyers de la contestation et procédé à des milliers d’arrestations, dont des chefs de file du mouvement.

Depuis le début du mouvement mi-mars en Syrie, entre 600 et 700 personnes ont été tuées, et au moins 8.000 personnes ont été interpellées ou sont portés disparues, selon des ONG.

NICOSIE, 12 mai 2011 (AFP) –

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