Le président russe Dmitri Medvedev a estimé qu’il fallait envoyer un « message sévère » à toutes les parties en Syrie, y compris à l’opposition, jugeant qu’on pouvait qualifier de « terroristes » certains de ses membres, dans un entretien sur la chaîne Euronews.
« Je crois que si nous décidons d’adresser un message sévère à la Syrie, nous devrions faire la même chose à l’égard de l’opposition, Ceux qui scandent des slogans anti-gouvernementaux, sont des gens très divers. Certains d’entre eux sont, clairement, des extrémistes. D’autres peuvent même être qualifiés de terroristes », a jugé Dmitri Medvedev, dans cet entretien réalisé jeudi et qui sera diffusé vendredi matin par la chaîne d’information basée en France.

« Il est vrai que nous reconnaissons que des problèmes ont lieu en Syrie. Nous avons conscience de l’usage disproportionné de la force, et du grand nombre de victimes, et c’est quelque chose que nous désapprouvons », a affirmé le président russe.

« Nous sommes prêts à soutenir différentes approches, mais elles ne doivent pas être fondées sur une condamnation unilatérale des actes du gouvernement et du président Assad. Il faut envoyer un message fort à toutes les parties du conflit. L’intérêt de la Russie pour une telle solution réside aussi dans le fait que la Syrie est un pays ami, avec lequel nous avons de nombreuses relations économiques et politiques », a souligné le président russe.

Selon les Nations unies, les violences quasi-quotidiennes en Syrie ont fait au moins 2.200 morts depuis le début des manifestations mi-mars, en majorité des civils. Le régime soutient en revanche qu’il lutte contre « des bandes terroristes armées ».

Mercredi, la Russie s’était opposée plus franchement que jamais à une condamnation ou à des sanctions contre la Syrie au Conseil de sécurité, malgré les appels du ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, en visite à Moscou, à faire cesser des « crimes contre l’humanité ».

Alliée de longue date de la Syrie et fournisseur d’armements à ce pays, la Russie bloque depuis des mois une condamnation du régime syrien au Conseil de sécurité de l’ONU.

Moscou s’est aussi opposé au départ du président Bachar el-Assad, réclamé par les Occidentaux et a désapprouvé l’embargo de l’Union européenne sur les importations de pétrole syrien pour sanctionner le régime de Damas.

La Russie, comme elle n’a cessé de le faire depuis le début des mouvements de mobilisation qui ont secoué plusieurs pays du monde arabe et musulman, prône la non-ingérence en Syrie depuis le début des manifestations en mars.

Moscou s’était également abstenu avec la Chine lors du vote de la résolution 1973 qui a permis l’intervention de l’Otan en mars en Libye, avant de critiquer les opérations militaires occidentales contre le régime du colonel Kadhafi, estimant qu’elles outrepassaient le mandat de l’ONU.

PARIS, 8 sept 2011 (AFP)

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