Bnei Brak : vers une séparation des sexes dans la rues
La ville de Bnei Brak, majoritairement peuplée d’ultra-orthodoxes, s’apprête à mettre en place une séparation des sexes dans deux de ses rues principales, Shlomo Hamelech et Ezra. Cette initiative, soutenue par les autorités religieuses locales, consiste à installer des panneaux et des barrières pour empêcher les hommes et les femmes de se croiser sur les trottoirs. Ce projet, en développement depuis plusieurs années, pourrait s’étendre à d’autres artères très fréquentées de la ville. La municipalité a demandé aux habitants de respecter ces nouvelles directives, affirmant que les consignes des rabbins sont « très claires et se passent de commentaires ».
La spécificité de Bnei Brak réside dans sa population presque exclusivement haredi, contrairement à Beit Shemesh où cohabitent ultra-orthodoxes, modern-orthodoxes et laïcs. Cette homogénéité religieuse semble renforcer l’application des directives des rabbins, qui jouissent d’une forte influence locale. La municipalité justifie la mesure comme un respect des traditions et des demandes des grands leaders religieux, sans envisager de compromis. Cette situation soulève des questions sur la place des femmes dans l’espace public au sein des communautés ultra-orthodoxes et sur la portée des décisions judiciaires dans ces contextes.
À court terme, la mise en place de ces barrières pourrait accentuer les tensions entre partisans de la séparation et défenseurs des droits des femmes. L’extension possible de cette pratique à d’autres rues de Bnei Brak laisse présager une intensification du phénomène. La controverse illustre un conflit plus large entre les normes religieuses strictes et les principes d’égalité et de liberté individuelle, dans un cadre où les autorités civiles et religieuses s’entremêlent. La réaction des habitants et des autorités israéliennes dans les semaines à venir sera déterminante pour l’évolution de cette affaire.
La décision de Bnei Brak de séparer les sexes dans ses rues principales marque une nouvelle étape dans la confrontation entre traditions ultra-orthodoxes et exigences de la société israélienne en matière d’égalité. Alors que la Cour suprême avait déjà tranché contre ce type de ségrégation, la municipalité persiste, reflétant la complexité des rapports entre religion, loi et vie quotidienne dans cette ville. Le débat reste ouvert, avec des enjeux sociaux et juridiques majeurs pour l’avenir de la coexistence dans ces espaces urbains.
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