La Knesset abroge la réforme de la cacheroute

La Knesset a adopté une loi visant à annuler la réforme de 2021 sur la certification casher, rétablissant ainsi le monopole du Grand Rabbinat et des rabbins autorisés sur la délivrance des certificats officiels. Le vote, serré, s’est conclu par 46 voix contre 41, confirmant que seuls le Conseil du Grand Rabbinat, les rabbins locaux habilités, ainsi que le Rabbinat militaire au sein de l’armée israélienne, peuvent désormais délivrer des certificats de kashrut reconnus par l’État. Cette législation encadre également les normes nationales, la supervision, l’emploi des superviseurs casher et la surveillance du système. Cette décision annule le cœur de la réforme initiée en 2021 par l’ancien ministre des Services religieux, qui visait à transformer le Grand Rabbinat en régulateur d’un marché élargi de certification, autorisant des sociétés privées à délivrer des certificats officiels sous contrôle réglementaire.

La réforme de 2021 ambitionnait d’introduire une concurrence pour offrir aux entreprises une alternative à leur rabbinat local, et de séparer la fonction de régulation de celle de certification. Cependant, malgré son adoption, ses dispositions principales ont été retardées, empêchant la mise en place d’un système concurrentiel. En pratique, les entreprises cherchant une certification casher doivent encore s’adresser au rabbinat local, qui détient un monopole géographique sur cette activité, une situation critiquée par l’Autorité de la concurrence pour son inefficacité et les coûts supplémentaires qu’elle engendre, notamment pour les chaînes opérant dans plusieurs municipalités.

Les partisans de l’abrogation défendent une vision où la kashrut relève d’une responsabilité publique et religieuse, excluant toute influence commerciale. Le président du parti Shas a qualifié cette décision de victoire pour les observateurs de la tradition en Israël, affirmant que la kashrut est une responsabilité d’État et non une affaire commerciale. Le Grand Rabbinat et les rabbins municipaux voient dans cette loi un renforcement de leur autorité et une garantie d’un système uniforme et fiable. Par ailleurs, la loi prévoit une réforme de l’emploi des superviseurs casher, qui ne seront plus rémunérés directement par les entreprises contrôlées, mais par les conseils religieux ou autorités locales, afin d’éliminer les conflits d’intérêts. Cette mesure, bien qu’accueillie favorablement par certains, soulève des inquiétudes quant à son impact financier sur le secteur public.

Cette nouvelle réglementation intervient alors qu’un différend judiciaire oppose l’État à l’organisation Tzohar, qui avait obtenu en juillet une licence pour délivrer des certificats officiels. La validité de cette licence est contestée, le Conseil du Grand Rabbinat n’ayant pas été formellement consulté. Malgré l’abrogation, Tzohar entend poursuivre ses activités de supervision, sans pouvoir utiliser le terme « casher » sur ses certificats. Cette situation illustre la complexité et les tensions persistantes autour de la certification casher en Israël, entre monopole religieux et tentatives d’ouverture du marché.

En résumé, la Knesset a choisi de préserver le contrôle exclusif du Grand Rabbinat sur la certification casher, mettant fin à une tentative de libéralisation du secteur. Cette décision garantit une uniformité et une supervision centralisée, mais soulève des débats sur la concurrence, les coûts pour les entreprises et les implications financières pour les autorités locales. La question de l’équilibre entre tradition religieuse et modernisation du système reste au cœur des discussions en Israël.

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