Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a réaffirmé mardi à Ramallah que son pays soutenait des négociations plutôt que des « actions unilatérales » pour parvenir à la création d’un Etat palestinien. »Le gouvernement allemand pense que des actions unilatérales seraient très contre-productives, les négociations devraient être la voie », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, en allusion à la volonté des Palestiniens de demander l’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU, faute de perspective de pourparlers avec Israël.
« L’Allemagne soutient une solution à deux Etats. Nous soutenons le peuple palestinien dans son aspiration à un Etat indépendant », a-t-il néanmoins rappelé.
Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a annoncé son intention de demander l’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre, faute de reprise des négociations, bloquées depuis huit mois.
« Les seules actions unilatérales dans la région, ce sont la colonisation et les violations israéliennes », a déclaré M. Fayyad dans une autre conférence de presse conjointe, avec le président du Parlement européen Jerzy Buzek, qui a également jugé « dangereuse » et « compliquant les négociations » l’option de porter devant l’ONU la demande d’adhésion d’un Etat palestinien.
M. Westerwelle n’a pas semblé très enthousiaste à la proposition française d’organiser une conférence de paix israélo-palestinienne pour relancer les négociations et éviter une reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien à l’ONU en septembre.
« On ne doit organiser une conférence que s’il est clair dès le départ qu’elle a une chance d’obtenir des résultats. Si elle échouait, cela ne ferait que compliquer la situation », a-t-il estimé.
Il s’est ensuite entretenu en Israël avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue Avigdor Lieberman.
« Nous appelons les deux parties à être souples et à ne pas hésiter à entamer des négociations », a-t-il affirmé après sa rencontre avec M. Lieberman.
Les ministres allemands devaient lors de leur visite suggérer aux Palestiniens de soumettre au Conseil de sécurité une résolution appelant à la création d’un Etat sur les bases des frontières de 1967, comme l’a énoncé le président américain Barack Obama le 19 mai.
M. Abbas s’est déclaré prêt à reprendre les négociations sur ces bases, rejetées par M. Netanyahu.
Le ministre allemand du Développement Dirk Niebel a pour sa part insisté sur la nécessité d’un « cessez-le-feu définitif et de la levée du blocus » israélien de Gaza, lors d’une conférence de presse dans le territoire palestinien contrôlé par le Hamas.
La chancelière allemande Angela Merkel a déjà mis en garde M. Abbas, en visite à Berlin en mai, contre une démarche à l’ONU hors du cadre des pourparlers de paix.
Les pays de l’Union européenne (UE) sont partagés sur la question de l’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU. De nombreux pays de l’UE, dont la France, se sont dit prêts à voter pour et à reconnaître l’Etat palestinien si les négociations de paix ne reprennent pas d’ici septembre.
RAMALLAH (Territoires palestiniens), 14 juin 2011 (AFP)
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