Marine Le Pen à une radio israélienne : “Le FN n’est pas antisémite”

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La dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen a affirmé mercredi que le Front national n’était “pas antisémite”, dans une interview à une radio privée israélienne.
“Le Front national n’est pas un parti antisémite, raciste ou xénophobe. Je veux que cela soit clair”, a assuré la présidente du FN lors de cet entretien en français qui doit être diffusé mercredi soir et dont l’AFP a obtenu des extraits.

Réagissant aux accusations d’antisémitisme de certains membres de son parti, Mme Le Pen a estimé que “ce type de comportements est inadmissible et ceux qui font la promotion d’une idéologie nauséabonde seront exclus du Front National”.

Interrogée sur le lien entre antisémitisme et antisionisme, elle a estimé: “Je ne crois pas que les deux soient liés”.

“Je ne suis pas naïve, cela peut arriver dans certain cas. Mais je crois plutôt que cela s’inscrit dans une forme d’anti-américanisme”, argue-t-elle.

Interrogée sur la campagne de boycott organisée contre Israël par des associations pro-palestiniennes en Europe, elle a souligné que “nous ne nous sommes jamais solidarisés avec ces appels au boycott.”

“Cela ne me viendrait pas à l’esprit de ne pas acheter un produit dans la mesure où il vient d’Israël”, a-t-elle assuré.

Cet entretien doit être diffusé mercredi soir dans le cadre d’une émission hebdomadaire en français de la radio privée Emtza Haderekh (“A mi-chemin”), qui émet sur tout le territoire israélien. Il sera traduit en hébreu et diffusé sur les mêmes ondes dans un programme en hébreu.

Mme Le Pen a été interviewée par deux journalistes franco-israéliens, Stéphane Calvo et Mathias Inbar, qui ont choisi de l’inviter “pour connaître les intentions de la présidente du Front national sur des sujets qui inquiètent et interpellent les Israéliens et les Franco-Israéliens, comme l’antisémitisme en France ou sa vision du conflit proche-oriental”.

Il y a quelques semaines, la radio communautaire juive parisienne Radio J avait annoncé que Marine Le Pen serait son invitée avant de se rétracter à la suite d’une campagne au sein de la communauté juive contre cette initiative.

En janvier dernier, elle avait donné une interview exhaustive au quotidien de gauche Haaretz dans laquelle elle jugeait notamment “qu’Israël n’a pas à nous donner de leçons sur le racisme”.

“Nous avons le droit de critiquer la politique de l’Etat d’Israël, comme celle de tout Etat souverain, sans être taxé d’antisémitisme. Après tout, le Front national a toujours été pro-sioniste et a toujours défendu le droit à l’existence d’Israël”, avait-elle expliqué, quelques jours avant de prendre la tête du Front National.

Elle ne fait pas mystère de sa volonté de venir en Israël mais elle y est encore officiellement persona non grata à cause de la notoriété de son père, le chef historique du FN connu pour ses provocations antisémites à répétition.

Non seulement “je n’y ai pas été invitée mais lorsque j’ai envisagé d’y aller dans le cadre de la commission Israël dont j’étais membre en tant que députée européen, Israël a semble-t-il refusé ma présence. J’en ai conclu que vous aviez trop d’amis”, ironise-t-elle dans l’interview à la station Emtza Haderekh.

Marine Le Pen a participé mardi sur une radio communautaire musulmane, Radio Orient, à un débat sur l’islam et la laïcité.

Le FN a confirmé sa percée lors des récentes élections cantonales, servant à élire les assemblées des départements, et selon les derniers sondages sa dirigeante se qualifierait pour le second tour de la présidentielle 2012 au détriment de Nicolas Sarkozy.

JERUSALEM, 30 mars 2011 (AFP) –

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