
AFP/Tauseed Mustafa. « Islamic State supporters »
Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont installé des camps d’entraînement dans l’est de la Libye et l’armée américaine les surveille de près, a indiqué mercredi un général américain.
« Ils ont installé des camps d’entraînement en Libye, où se trouvent quelque 200 djihadistes », a déclaré à des journalistes le général David Rodriguez, chef du commandement de l’armée américaine pour l’Afrique.
Le gradé américain a toutefois qualifié le phénomène de très petit et naissant.
Interrogé pour savoir si ces camps d’entraînement deviendraient une autre cible de l’armée américaine, déjà engagée dans des raids aériens contre l’organisation EI en Syrie et en Irak, le général Rodriguez a répondu: « Non, pas maintenant ».
« Le groupe EI a commencé ses initiatives dans l’est en introduisant des gens », a-t-il expliqué.
« Mais nous devons juste continuer à surveiller et à regarder cela de près à l’avenir pour voir ce qui se passe et si ça se développe toujours », a-t-il ajouté.
« Les combattants du groupe EI en Libye ne sont pas des volontaires venus de l’étranger mais des membres de milices qui ont fait allégeance à ce groupe djihadiste », a précisé le général quatre étoiles.
Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte de huit mois, les autorités de transition n’ont pas réussi à former une armée et à asseoir leur autorité sur les nombreuses milices qui font la loi dans le pays.
Les pays occidentaux craignent que ces troubles soient un terrain fertile pour les extrémistes, y compris le groupe EI, qui a déjà conquis de larges pans de territoires en Irak et en Syrie.
Selon des experts, la ville de Derna dans l’est de la Libye s’est déjà transformée en émirat islamique et est devenue le fief des partisans du groupe EI.
L’EI « en train d’être stoppée »
Plus tôt mercredi, la campagne de la coalition contre l’EI « commence à montrer des résultats », et l’avancée de l’EI en Irak et en Syrie est « en train d’être stoppée », ont affirmé mercredi la soixantaine de pays membres à l’issue d’une réunion ministérielle à Bruxelles.
« L’avancée de l’EI/Daech à travers la Syrie et en Irak est en train d’être stoppée. Les forces irakiennes et les forces du gouvernement régional du Kurdistan, avec le soutien des frappes aériennes de la coalition, regagnent du terrain en Irak », a indiqué la coalition dans un communiqué.
Les membres de la coalition, qui compte des pays occidentaux et des pays arabes, « ont réaffirmé leur engagement à travailler ensemble dans le cadre d’une stratégie commune, multiforme et de long terme pour affaiblir et vaincre l’EI ».
Ils ont « insisté » sur cinq axes dans la lutte contre le groupe djihadiste : « accroître l’effort militaire, stopper le flux de combattants étrangers, couper l’accès aux financements, s’attaquer au problème de l’aide humanitaire et délégitimer » l’EI.
Les participants à la réunion ont « salué l’intervention du Premier ministre irakien, Haidar al-Abadi, qui a détaillé le plan de son gouvernement pour vaincre EI/Daech en combinant des mesures sécuritaires, politiques et économiques ».
Il ont prévu de tenir des rencontres au niveau ministériel « aussi souvent que nécessaire » et « au plus tard d’ici six mois ».
Les frappes aériennes iraniennes récentes en Irak ont visé des djihadistes de l’organisation État islamique (EI) dans une zone de l’Est où les avions américains n’opèrent pas, a indiqué le Pentagone mercredi.
Zones différentes
Par ailleurs, des responsables de la défense américaine ont expliqué que les raids des chasseurs iraniens F-4 Phantom ce week-end s’inscrivaient dans un schéma de deux zones d’intervention distinctes, créées en Irak par les conseillers militaires iraniens et américains.
«C’était dans la province orientale de Diyala», a dit un porte-parole du Pentagone, Steven Warren, en soulignant que c’était la première opération de combat des F-4 iraniens contre l’EI, à la connaissance de Washington. «Nous ne sommes pas actifs là-bas».
Un responsable américain a dit que Téhéran et Washington souhaitaient éviter toute confrontation ou tout accident qui risquerait de créer une crise internationale.
La coalition emmenée par les États-Unis est prête à tolérer la présence de conseillers militaires et d’avions iraniens dans les provinces de l’est et du sud de l’Irak, où vivent majoritairement des chiites.
«Il y a un accord tacite selon lequel nous n’allons pas agir dans le même espace. Et ils ne ciblent pas les forces américaines», a expliqué le responsable de la défense à l’AFP, sous couvert d’anonymat.
L’espoir de Washington est que les frappes iraniennes augmentent la pression sur les djihadistes de l’EI.
Les avions américains et alliés ont continué leurs raids ces trois derniers jours en Irak, avec 11 frappes depuis lundi dans le nord et l’ouest de l’Irak, dont quatre contre des combattants de l’EI près de Mossoul, a indiqué le commandement américain chargé de la région (Centcom).
(Avec AFP)
![]() |
![]() |









































