Le chef en exil du mouvement palestinien Hamas, Khaled Mechaal, a qualifié d' »atroce » la façon dont Oussama Ben Laden, le chef d’Al Qaïda, a été tué par un commando américain au Pakistan et son corps immergé, dans une déclaration à l’AFP au Caire jeudi.
M. Mechaal a appelé l’Occident à « réaliser l’atrocité du raid américain et celle de l’immersion de son corps en mer » et estimé que la mort de Ben Laden était « atroce ».
« Les Arabes et les musulmans sont des êtres humains et l’Occident doit les traiter avec dignité, qu’ils soient des partisans ou des opposants à Oussama Ben Laden », a dit M. Mechaal.
« Il y a des règles morales à respecter, et l’effusion de sang arabe et musulman par des Américains ou d’autres n’est pas permise », a ajouté le dirigeant du Hamas, qui a scellé mercredi au Caire avec son rival le président palestinien Mahmoud Abbas, une réconciliation mettant fin à quatre années d’antagonisme.
La mort d’Oussama Ben Laden, tué dimanche par des forces spéciales américaines au Pakistan, a été saluée par la plupart des pays, qui ont toutefois averti que cela ne signifiait pas la fin d’Al-Qaïda.
Lundi, le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, avait toutefois condamné le raid américain contre le chef d’Al-Qaïda.
« Nous condamnons l’assassinat de tout moujahid (combattant islamique) et de tout individu, musulman ou arabe, et nous demandons à Dieu de lui accorder sa miséricorde », avait déclaré M. Haniyeh à des journalistes à Gaza. Cette réaction a été critiquée par le chef de la diplomatie britannique William Hague.
En Egypte, de hauts dignitaires musulmans ont jugé non conforme à l’islam la décision américaine de faire disparaître en mer la dépouille de Ben Laden, face à Washington qui assure que le rite a été respecté et qu’une tombe risquait de devenir un lieu de pèlerinage.
Des responsables américains ont indiqué lundi que le corps du chef d’Al-Qaïda avait été remis à la mer depuis un porte-avions, après une cérémonie conforme à la tradition musulmane.
Leurs assurances se sont toutefois heurtées à une sèche mise au point d’un haut responsable de la plus haute autorité de l’islam sunnite, l’institution Al-Azhar du Caire, qui a souligné que « l’islam n’accepte pas l’immersion en mer, seulement l’enterrement ».
Cette règle s’impose « qu’il s’agisse d’une personne assassinée ou décédée de mort naturelle », a déclaré à l’AFP Mahmoud Azab, conseiller du grand imam Ahmad al-Tayeb pour le dialogue inter-religieux/
LE CAIRE, 5 mai 2011 (AFP) –
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