RAMALLAH 12 fév 2011 (AFP)
L’Autorité palestinienne a annoncé samedi sa décision d’organiser des élections présidentielle et législatives au plus tard en septembre, mais le mouvement islamiste Hamas l’a aussitôt rejetée. Cette annonce figure dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), sous la présidence de Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie.
« Le CEOLP a décidé de lancer les préparatifs en vue d’organiser des élections présidentielle et législatives dans les prochains mois, pour répondre à la volonté du peuple palestinien, au plus tard en septembre », selon ce texte lu à la presse par le secrétaire du CEOLP, Yasser Abed Rabbo. Il a appelé « l’ensemble des factions palestiniennes à mettre de côté leurs réserves, notamment leurs différends », une allusion au Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007 après en avoir chassé le Fatah de M. Abbas.
Le CEOLP a appelé les groupes palestiniens à « se concentrer sur l’organisation des élections au plus tard en septembre », leur demandant de « soumettre leurs différends politiques et sécuritaires au prochain Conseil législatif palestinien qui sera élu par le peuple ».
A Gaza, le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a rejeté l’appel à organiser ces scrutins, compromettant la tenue d’élections sur l’ensemble des territoires palestiniens. « Cette procédure est invalide car le président Abbas n’a aucune légitimité et n’est pas habilité à organiser de telles élections », a déclaré M. Barhoum, dont le mouvement était sorti vainqueur des législatives en janvier 2006, les dernières élections organisées dans les territoires palestiniens.
Le mandat de M. Abbas, qui a expiré en janvier 2009, a été prolongé jusqu’à la tenue d’un nouveau scrutin afin d’éviter un vide institutionnel, ce que le Hamas conteste.
L’OLP, qui regroupe les principaux mouvements nationalistes palestiniens, est dirigée depuis 2004 par M. Abbas. Elle chapeaute l’Autorité palestinienne et est considérée aux termes des accords de paix israélo-palestiniens de 1993 comme le seul représentant légitime du peuple palestinien. Le Hamas n’en fait pas partie.
L’Autorité palestinienne avait déjà convoqué mardi des élections municipales pour le 9 juillet. Elles devraient se limiter à la Cisjordanie, et sans le Hamas qui refuse aussi d’y participer.
Le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, avait estimé « opportun » d’utiliser les élections « pour mettre fin à la division et rétablir l’unité nationale », en référence à la séparation de fait entre la Cisjordanie, dont l’Autorité palestinienne gouverne les zones autonomes, et la bande de Gaza. L’Autorité palestinienne avait appelé à des élections générales pour le 24 janvier 2010, avant d’y renoncer face au refus du Hamas de les organiser à Gaza.
Quelque 2.000 étudiants palestiniens proches du mouvement islamiste Hamas ont défilé samedi à Gaza pour célébrer la chute du régime du président égyptien Hosni Moubarak, pour la deuxième journée consécutive. Les étudiants ont défilé en direction du siège du Conseil législatif dans la ville de Gaza. La foule a lancé des slogans saluant la « révolution » menée par le peuple égyptien, et brandi des drapeaux égyptiens et palestiniens.
Dans un autre quartier de Gaza, des centaines de femmes ont pris part à des manifestations de soutien à l’Egypte à l’appel du Hamas, au pouvoir dans cette enclave palestinienne, en félicitant le peuple « pour le grand succès remporté par la révolution populaire ». Les manifestants ont exprimé l’espoir que l’Egypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec Israël, soutienne désormais la « cause palestinienne » et combatte « l’ennemi sioniste ».
Samedi soir, un millier de sympathisants du Jihad islamique, une organisation radicale, ont manifesté près du siège de l’ancienne représentation diplomatique égyptienne à Gaza pour fêter la chute de M. Moubarak, chassé du pouvoir après 18 jours de contestation populaire.
La veille, le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, avait appelé « la direction égyptienne à décider immédiatement la levée du siège de Gaza et l’ouverture du terminal égyptien » à Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte.
La direction palestinienne a exprimé samedi son soutien au peuple égyptien dans sa lutte démocratique, au lendemain de la démission du président Hosni Moubarak sous la pression populaire. C’est la première fois que cette direction prend officiellement position en faveur du mouvement anti-Moubarak en Egypte. « La direction palestinienne soutient le peuple égyptien dans sa détermination à apporter du changement et à consolider la démocratie », a déclaré à la presse le secrétaire du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo. « Le peuple palestinien souhaite que la grande nation égyptienne continue à jouer son rôle de pivot dans la région et dans le monde, ce qui est dans l’intérêt vital du peuple palestinien », a-t-il souligné après une réunion du comité avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
« L’Egypte (de Moubarak) a été un soutien fidèle du peuple palestinien dans sa lutte pour la liberté et l’indépendance et nous n’avons aucun doute qu’elle continuera à l’être et à soutenir sa juste cause », a-t-il ajouté.
Tirant le bilan du succès du mouvement de contestation en Egypte, il a estimé que « les peuples de la région sont capables d’obtenir la victoire et faire respecter leurs droits en faisant preuve d’unité, de responsabilité et en luttant pacifiquement ».
Dans un appel téléphonique à M. Moubarak le 29 janvier, le président Abbas s’était borné à exprimer sa « solidarité avec l’Egypte » et son espoir que le pays surmonte la contestation. L’Egypte, frontalière de la bande de Gaza et d’Israël, a joué un rôle majeur dans les pourparlers de paix entre Palestiniens et Israéliens –aujourd’hui au point mort– et a vainement tenté d’amener le Fatah du président Abbas à la réconciliation avec son rival Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza.
Le chef négociateur de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) a présenté sa démission au Président palestinien et à la direction de l’OLP, annoncent des officiels de Ramallah, aujourd’hui samedi.
Saeb Erekat a démissionné en raison de sa responsabilité dans une série de révélations, indique Abed Rabbo, secrétaire général de l’OLP.
Erekat dit assumer « la responsabilité du vol de ces documents », il prétend avoir été manipulé « à dessin » avant leur publication par la chaîne de télévision Al-Jazeera.
Cette annonce intervient une semaine après qu’Erekat ait déclaré à Ma’an qu’il démissionnerait si les enquêteurs de l’Autorité palestinienne arrivaient à la conclusion que les 1600 pages de cartes, notes et comptes-rendus provenaient de son bureau.
Il n’y a pas eu de réactions immédiates de la part du Président Mahmoud Abbas ni du Comité exécutif de l’OLP, mais un officiel du cabinet d’Erekat a déclaré à Ma’an qu’Abbas acceptait sa décision.
« La démission n’est plus en instance d’approbation… Abbas l’a acceptée personnellement, » dit un officiel, sous couvert d’anonymat car il n’est pas autorisé à parler à la presse.
Et d’ajouter qu’Erekat « s’est senti personnellement responsable du fiasco des Papiers de Palestine. »
Le mois dernier, Erekat accusait Al-Jazeera de participer à une campagne visant à renverser l’Autorité palestinienne après que le réseau basé à Doha ait divulgué la cache des documents confidentiels.
Les fichiers font part de concessions faites à Israël pendant dix ans de pourparlers secrets, ce qui embarrasse et irrite la direction palestinienne de Ramallah. L’AP prétend que beaucoup de ces concessions ont été sorties de leur contexte.
Erekat accusait à l’époque Al-Jazeera de tenter de conduire son peuple à « une révolution contre ses dirigeants afin de faire tomber le système politique palestinien ».
Il suggérait que le scandale était une oeuvre israélo-américaine afin de renverser l’AP parce que celle-ci refusait de participer aux pourparlers de paix sous négociation US, à moins qu’Israël ne cesse ses constructions dans les colonies de Cisjordanie.
Dans la bande de Gaza, les officiels du Hamas ont salué l’annonce d’Erekat.
Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, dit que la démission ne fait que confirmer l’authenticité des documents.
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