
« Netanyahou, Abbas et Obama ». AFP
Plus d’une centaine de hauts responsables sécuritaires israéliens, dont deux anciens chefs du Mossad et trois anciens chefs de la police, ont signé une lettre adressée au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, dans laquelle ils appellent le gouvernement à reprendre des négociations avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour parvenir à une solution viable à deux Etats, selon une information révélée par le site Times of Israel samedi.
Les signataires de la lettre estiment qu’Israël a la capacité de parvenir à un accord de paix globale, avec les Palestiniens, mais aussi avec plusieurs pays du Moyen-Orient.

Amnon Reshef, général de l’armée israélienne à la retraite, a affirmé avoir lancé cette initiative suite à la guerre qui a opposé cet été Israël au Hamas dans la bande de Gaza.
« Pendant l’opération Bordure protectrice, j’ai pu observer une coopération positive entre Israël et les Etats arabes modérés – l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite », a expliqué Reshef lors d’une interview accordée vendredi à Arouts 2.
« J’espérais qu’après l’opération Bordure protectrice, le Premier ministre engagerait une sorte de processus diplomatique. Cela n’a pas été le cas, je n’ai vu aucune réaction positive. Nous avons en revanche pu constater l’installation de Juifs à Silwan, le lancement de projets délirants portant sur de nouvelles constructions en Cisjordanie, l’autorisation d’implantations illégales et la construction d’infrastructures », a poursuivi Reshef.
Le texte n’est pas de nature politique, mais est né d’une profonde inquiétude pour la sécurité et pour l’avenir du bien-être de l’Etat juif, a poursuivi l’auteur de la lettre.
Le général à la retraite Gabi Offir, qui a également signé la lettre, a affirmé à la chaîne israélienne Arutz 2 que le gouvernement israélien ne pouvait pas se permettre de continuer à ignorer les Palestiniens en Cisjordanie.
Netanyahou appelle à la retenue
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a appelé samedi les députés à faire preuve de « retenue » à propos de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem après qu’un parlementaire a annoncé qu’il se rendrait dimanche sur ce site, épicentre de très fortes tensions.
« Le Premier ministre a appelé les députés à oeuvrer pour calmer la situation sur la question du Mont du Temple et à faire preuve de responsabilité et de retenue », selon un communiqué du bureau du Premier ministre.
Benjamin Netanyahou a transmis ce message au président du Parlement, Yuli Edelstein, pour qu’il « travaille en ce sens avec les députés », ajoute le communiqué.
Le député Moshé Feiglin, membre de l’aile la plus dure du Likoud, le parti de M. Netanyahou, a de son côté annoncé dans un communiqué son intention de se rendre dimanche matin sur l’esplanade des Mosquées pour dénoncer l’interdiction pour les juifs d’y prier.
Les juifs sont autorisés à visiter l’esplanade des Mosquées, mais pas à y prier, par crainte des incidents. Les musulmans s’alarment de l’intention prêtée au gouvernement israélien d’autoriser les juifs à y prier.
Devant un nouvel accès de fièvre et de crainte qu’une étincelle ne fasse exploser la poudrière qu’est l’Esplanade, les autorités israéliennes, qui en contrôlent les accès, l’ont fermée complètement jeudi.
Cette mesure rarissime avait été prise après un pic des tensions suite à une tentative d’assassinat contre une figure de la droite ultranationaliste juive et la mort de son agresseur présumé, un Palestinien abattu jeudi par la police à Jérusalem-est.
« Des solutions intermédiaires »
Le secrétaire d’Etat John Kerry doit proposer lundi des « solutions intermédiaires » au négociateur en chef palestinien Saëb Erakat, les Etats-Unis cherchant à dissuader les Palestiniens de réclamer à l’ONU la fin de l’occupation israélienne, a indiqué samedi à l’AFP un responsable palestinien.
M. Erakat se rendra dimanche à Washington, à l’invitation de M. Kerry qui a dit souhaiter discuter de « la voie à suivre » pour faire avancer le processus de paix israélo-palestinien en panne depuis des mois.
Selon le responsable palestinien qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat à Ramallah en Cisjordanie occupée, les deux hommes évoqueront « plusieurs propositions américaines pour relancer le processus de paix ».
« Il est clair que l’administration américaine veut que nous écartions notre projet d’aller devant le Conseil de sécurité », a-t-il dit sans préciser le contenu des « propositions ».
Le dernier round de pourparlers entre Israéliens et Palestiniens avait échoué en avril au terme de neuf mois de dialogue sous l’égide des Etats-Unis.
Face à cet échec, la direction palestinienne a annoncé qu’elle allait réclamer au Conseil de sécurité de l’ONU une date butoir pour qu’Israël se retire des Territoires situés au-delà de la ligne vert pour ouvrir la voie à un Etat de Palestine.
Les Palestiniens disent mener des négociations pour obtenir les neuf votes nécessaires à l’adoption d’un tel projet. Un veto américain, que les Palestiniens disent anticiper, le tuerait toutefois dans l’oeuf.
(i24news avec AFP)
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