Le mémorial israélien de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem, et le centre Simon Wiesenthal ont salué la condamnation jeudi de John Demjanjuk, ancien garde du camp d’extermination nazi de Sobibor, « une victoire longtemps attendue pour les victimes ».
« Bien qu’aucun procès ne puisse ramener à la vie ceux qui ont été assassinés, traduire les responsables en justice a un important rôle moral et éducatif dans la société », a estimé le président de Yad Vashem, Avner Shalev, dans un communiqué.
« La condamnation de Demjanjuk souligne le fait que même si la politique de la +solution finale+ –le meurtre systématique de six millions de Juifs d’Europe– a été conçue et exécutée par le régime nazi allemand, elle n’aurait pas pu avoir lieu sans la participation de beaucoup d’Européens à de nombreux niveaux. Leur rôle aussi fut criminel », a ajouté M. Shalev.
Le Centre Simon Wiesenthal, spécialisé dans la traque des anciens nazis, a affirmé que le verdict délivrait « un message fort selon lequel les auteurs de crimes de l’Holocauste pouvaient toujours rendre des comptes, même si des décennies se sont écoulées ».
« Espérons que la condamnation de Demjanjuk facilitera la poursuite d’autres criminels de guerre nazis en Allemagne et dans d’autres pays », a écrit le directeur du Centre, Efraïm Zouroff, dans un communiqué.
M. Zouroff a qualifié le verdict de « victoire longtemps attendue pour les victimes, leurs familles et les gens qui ont une conscience morale ».
Le président de Yad Vashem s’est félicité que le procès ait « donné l’occasion de jeter la lumière sur les événements mais également de réitérer la responsabilité individuelle pour les atrocités qui furent commises à cette époque ».
John Demjanjuk, 91 ans, a été condamné jeudi en Allemagne à 5 ans de prison pour sa participation au meurtre de 27.900 juifs en tant que garde du camp d’extermination nazi de Sobibor. La défense avait réclamé l’acquittement et annoncé avant l’énoncé du verdict qu’elle ferait appel en cas de condamnation.
Apatride d’origine ukrainienne, John Demjanjuk avait été expulsé il y a deux ans des Etats-Unis où il vivait depuis les années 1950, après une longue bataille juridique centrée sur sa santé qu’il présente comme chancelante. Il a assisté aux débats en brancard ou en chaise roulante.
Son procès sera l’un des derniers des crimes nazis, avec celui du Hongrois Sandor Kepiro, 97 ans, qui vient de débuter à Budapest.
JERUSALEM, 12 mai 2011 (AFP) –
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