Les « possibilités d’agir pour la protection des chrétiens » ont été examinées mardi à Rome par le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini et le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Tarcisio Bertone, au moment où les coptes font l’objet de violences en Egypte.
« Les préoccupations du Saint-Siège » sur la situation troublée en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont été au coeur de la « rencontre de travail » qui s’est déroulée au Vatican entre le numéro deux du Saint-Siège et Franco Frattini, a annoncé le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

Le cardinal Bertone et le ministre italien se sont penchés pendant plus d’une heure sur « les situations de violence à l’égard des chrétiens et les possibilités d’agir pour leur protection », a-t-il dit.

Dans la nuit du 7 au 8 mai, douze personnes ont été tuées et 232 blessées dans des heurts à Imbaba, quartier populaire du Caire, autour d’une église, attaquée par des musulmans estimant qu’une chrétienne voulant se convertir à l’islam y était enfermée.

Le Saint-Siège a gardé le silence sur ces événements, mais il ne manque pas une occasion d’exprimer, par le biais d’interviews d’évêques et d’experts religieux dans ses médias, sa vive inquiétude sur les discriminations et menaces touchant les minorités chrétiennes, notamment au Pakistan, en Irak, en Egypte et au Nigeria.

Les relations du Vatican avec les autorités égyptiennes, politiques comme religieuses -la grande mosquée d’Al-Azhar– sont actuellement difficiles, admet-on de sources vaticanes, toute critique risquant d’être exploitée par certains milieux islamistes comme une attaque contre l’islam.

La semaine dernière, le pape avait appelé tous les Etats à « respecter et protéger » davantage les minorités religieuses.

La présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales, Mary Ann Glendon, avait alors évalué à « 70% les habitants de la Terre vivant dans des pays connaissant de sévères restrictions religieuses », notamment certains pays musulmans ainsi que la Chine et l’Inde.

Dans le quotidien du Vatican, L’Osservatore Romano, le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a affirmé qu’utiliser n’importe quelle religion pour « justifier la violence » est « un abus grave ».

« C’est pour cette raison que le Saint-Siège (…) n’a pas hésité à condamner sans ambiguïté les informations sur le projet de brûler les livres sacrés de nos frères musulmans », a-t-il dit, faisant référence au pasteur américain Terry Jones qui avait brûlé publiquement un exemplaire du Coran le 20 mars.

CITE DU VATICAN , (AFP) –

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