L’armée égyptienne a annoncé samedi qu’elle n’allait pas sanctionner un militaire ayant fraternisé en direct à la télévision avec les manifestants anti-régime après avoir rendu son arme.
« Partant de la conviction du conseil suprême des forces armées dans les nobles objectifs de la révolution du 25 janvier, le chef du conseil a décidé de suspendre l’enquête sur le commandant Ahmed Choumane bien que cela contrevienne aux lois et règlements régissant le travail dans cette institution », indique le conseil sur sa page Facebook.
Entouré par la foule place Tahrir au Caire, l’épicentre de la contestation contre le régime, le jeune commandant avait expliqué sur un ton passionné en direct à la chaîne Al-Jazira pourquoi il rejoignait les manifestants.
« J’avais une arme, je l’ai remise à l’un des officiers parce que c’est une révolution pacifique, populaire. Notre mission, c’est de protéger le peuple, pas le régime », avait-il dit.
S’adressant au maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense, il avait lancé: « Vous faites partie du régime, ça fait 30 ans que le président est au pouvoir et vous 20 ans (…). Je vous en prie, vous aussi, partez ».
Le maréchal est aujourd’hui le chef du conseil suprême des forces armées, à qui l’ex-président Hosni Moubarak a remis le pouvoir en démissionnant le 11 février.
Plusieurs cas de soldats ayant rejoint le peuple dans la rue ont été rapportés pendant les 18 jours de manifestations exigeant le départ de M. Moubarak.
L’armée a créé sa propre page sur Facebook pour mieux communiquer avec les jeunes qui ont utilisé le réseau social pour lancer et organiser le soulèvement populaire.
LE CAIRE, 19 fév 2011 (AFP) –
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