Le parlement israélien a repoussé mercredi un projet de l’extrême droite d’enquêter sur le financement d’organisations israéliennes de défense des droits de l’Homme soupçonnées d’alimenter des campagnes de « délégitimation » d’Israël à l’étranger.
Le parlement s’est opposé à une forte majorité (57 contre 28) à la constitution de deux commissions d’enquête visant des ONG de gauche, réclamées par le parti ultranationaliste Israël Beiteinou du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, et par des députés de l’aile dure du Likoud (droite) du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a voté contre.
Auparavant, M. Netanyahu s’était déclaré opposé à cette initiative, considérant qu’elle risquait de porter atteinte à l’image d’Israël « en tant que seule démocratie au Proche-Orient » et la jugeant superflue dans la mesure où il existe déjà tout un arsenal de lois répressives.
La semaine dernière, il avait en revanche revendiqué une responsabilité « personnelle » dans l’adoption d’une loi controversée, qui sanctionne l’appel au boycottage des implantations juives dans les territoires sous contrôle israélien, au
risque de porter atteinte à la liberté d’expression.
Le projet rejeté prévoyait la mise sur pied d’une commission d’enquête dont les travaux devaient être centrés sur les fonds étrangers et les pays qui financent des organisations israéliennes accusées d’orchestrer des campagnes contre l’armée israélienne.
La deuxième commission était censée enquêter notamment sur l’implication de gouvernements étrangers dans le financement d’activités dirigées contre l’Etat d’Israël.
Le procureur général israélien Yehuda Weinstein avait mis en garde en février contre la création de ces deux commissions, qui auraient été sous la coupe de l’extrême droite.
« Il est impossible d’ignorer l’effet négatif que pourraient avoir des commissions d’enquête comme celles dont il est question sur les droits fondamentaux comme la liberté d’expression, la liberté de conscience et la liberté d’association », avait-il affirmé dans un communiqué.
« Cette initiative reflète des tendances anti-démocratiques » au Parlement et « porte atteinte directement à Israël », a déclaré à la tribune de la Knesset la dirigeante de l’opposition Tzipi Livni, chef du parti centriste Kadima.
Parmi les organisations visées figuraient Breaking the Silence (Briser le silence), une organisation d’anciens soldats témoignant sur les pratiques de l’armée dans les territoires palestiniens occupés, Machsom Watch, une association surveillant le comportement des soldats aux barrages routiers installés par l’armée, et Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits de l’Homme).
JERUSALEM, 20 juil 2011 (AFP)
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