Le procès de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak, qui doit s’ouvrir le 3 août, se déroulera probablement à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il est hospitalisé, a-t-on appris samedi de sources judiciaires et de sécurité.
L’affaire a été confiée à un tribunal du Caire, mais la cour pourrait se rendre dans cette station balnéaire du sud du Sinaï, en raison de l’état de santé de M. Moubarak, âgé de 83 ans.
Le président déchu est accusé de corruption, ainsi que de la mort de manifestants au cours du soulèvement contre son régime en janvier et février. Ces événements ont fait près de 850 morts.
Le lieu du procès « n’a pas été définitivement fixé, mais ce sera très certainement Charm el-Cheikh », a déclaré à l’AFP un responsable du ministère de l’Intérieur ayant requis l’anonymat.
Selon une source judiciaire, les services de sécurité ont estimé qu’il était impossible de le juger au Caire compte tenu des risques d’incidents.
L’ancien président pourrait soit comparaître dans une salle de tribunal de la ville, soit être entendu par les juges depuis sa chambre d’hôpital.
Ses deux fils Alaa et Gamal, en détention préventive au Caire, font face aux mêmes accusations, et leur procès doit s’ouvrir à la même date. Il n’est toutefois pas certain qu’ils soient transférés à Charm el-Cheikh si leur père y est jugé.
M. Moubarak se trouve dans la célèbre station touristique, où il dispose d’une résidence, depuis son renversement le 11 février. Il a été admis à l’hôpital international de la ville en avril, à la suite d’un malaise cardiaque.
Il y séjourne depuis en état de détention préventive, son transfert en prison en attendant son procès étant jugé impossible pour des raisons médicales.
Les informations sur sa santé sont rares et souvent confuses. En juin, son avocat a déclaré qu’il souffrait d’un cancer de l’estomac, mais le ministère de la Santé a assuré ne pas disposer d’informations en ce sens.
Les manifestants qui occupent la place Tahrir au Caire réclament le transfert de M. Moubarak dans la capitale et accusent le nouveau pouvoir de se montrer complaisant avec les personnalités de l’ancien régime inculpées.
Un journal égyptien a affirmé jeudi, sur la base d’un rapport des enquêteurs chargés de l’interroger, que M. Moubarak démentait en bloc les accusations portées contre lui.
LE CAIRE, 16 juil 2011 (AFP)
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