Les Etats-Unis ont réagi prudemment lundi à la constitution d’un nouveau gouvernement libanais dominé par le camp du Hezbollah chiite, annonçant qu’ils jugeraient cette équipe « sur ses actes ».
« Nous le jugerons sur ses actes », a commenté Mark Toner, le porte-parole du département d’Etat, avant de citer une liste d’attentes américaines.
« L’important, à nos yeux, est que le nouveau gouvernement libanais se conforme à la constitution du Liban, qu’il renonce à la violence, notamment aux tentatives de chercher vengeance contre d’anciens responsables gouvernementaux, et qu’il respecte ses obligations internationales, y compris les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et son engagement envers le Tribunal spécial » pour le Liban (TSL), a-t-il énuméré.
Au Congrès, la représentante républicaine Ileana Ros-Lehtinen s’est elle prononcée pour le gel des aides financières versées par les Etats-Unis au gouvernement libanais.
« Les Etats-Unis devraient immédiatement geler l’assistance qu’ils fournissent au gouvernement libanais, et ce tant qu’un groupe extrémiste et violent classé par les Etats-Unis comme une organisation terroriste étrangère en fera partie », a expliqué Mme Ros-Lehtinen, qui préside la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.
Après cinq mois de négociations, le Liban s’est doté lundi d’un nouveau gouvernement dominé par le puissant Hezbollah et ses alliés, un camp soutenu par la Syrie et l’Iran.
Le Hezbollah est classé comme organisation terroriste par Washington, qui accuse Damas et Téhéran d’armer ce groupe avec des missiles et des roquettes de plus en plus sophistiqués.
Le 22 mai, le président américain Barack Obama avait encore accusé le Hezbollah de « pratiquer l’assassinat politique ».
Le Syrie est aussi soupçonnée dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en février 2005. Les Etats-Unis soutiennent l’enquête sur ce dossier du TSL mis en place par l’ONU, et contre lequel le Hezbollah mène une lutte politique acharnée.
En avril, le Wall Street Journal annonçait que les Etats-Unis avaient discrètement cessé leurs livraisons d’armes aux forces armées libanaises, l’administration assurant ensuite « qu’aucune décision de gel » n’avait été prise.
WASHINGTON, 13 juin 2011 (AFP)
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