Au moins deux Palestiniens venus de Syrie qui avaient pénétré dans le Golan ont été tués dimanche par l’armée israélienne, lors des manifestations commémoratives de la « Nakba » palestinienne.
Il s’agit de l’incident le plus grave depuis plusieurs dizaines d’années sur cette ligne de cessez-le-feu en général calme, depuis l’accord de désengagement israélo-syrien de 1974.

Au moins deux manifestants ont été tués et quatre grièvement blessés par l’armée israélienne après avoir pénétré sur le plateau du Golan occupé par Israël, selon des médecins sur place.

En outre, six personnes ont été tuées et 71 blessées par des tirs israéliens à la frontière entre le Liban et Israël, où des réfugiés palestiniens manifestaient du côté libanais pour commémorer la Nakba, a affirmé à l’AFP une source médicale libanaise.

Des milliers de manifestants s’étaient rassemblés à la limite de la partie occupée du Golan pour le 63e anniversaire de la « Nakba » (catastrophe), selon l’appellation dans le monde arabe de la création de l’Etat d’Israël en 1948 et de l’exode des Palestiniens qui s’en est suivi.

Entre 100 et 200 d’entre eux ont ensuite pénétré en zone sous contrôle israélien, malgré des tirs de semonce puis en direction des jambes, selon les médias israéliens qui faisaient état de deux autres tués.

« C’est un acte très grave et violent qui menace la sécurité des habitants d’Israël et qui viole son territoire », a déclaré à l’AFP la porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Avital Leibovitz, en référence à la partie occupée du Golan.

« Le pouvoir en Syrie a organisé cette manifestation violente pour tenter de détourner l’opinion mondiale de ce qui se passe dans ses villes », a-t-elle estimé, en référence à la répression sanglante de la contestation en Syrie.

L’armée israélienne a reconnu avoir blessé « des dizaines de personnes », faisant état de 13 blessés par des jets de pierres dans ses rangs.

Selon des résidents de Madjal Chams, chef-lieu des localités druzes du Golan, plusieurs dizaines de manifestants palestiniens ont réussi à entrer dans la localité après avoir franchi la clôture frontalière et traversé d’anciens champs de mines.

« Nous dénonçons fermement les actes criminels d’Israël contre notre peuple dans le plateau du Golan, en Palestine et dans le sud du Liban qui ont fait plusieurs morts et blessés », a affirmé dans un communiqué le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Israël devra assumer la totale responsabilité de ses actes », a-t-il ajouté.   Un commentateur de la télévision publique israélienne, l’ancien chef des Renseignements militaires, le général de réserve Oren Shahor, a justifié les tirs, estimant « regrettable mais inévitable que l’armée ait eu recours à ces mesures ». Il a écarté le risque d’une confrontation avec la Syrie, jugeant que le pouvoir syrien « n’y avait pas intérêt ».

Des notables druzes raccompagnaient en fin d’après-midi les manifestants palestiniens du côté sous contrôle syrien alors que l’armée israélienne, qui a dépêché d’importants renforts, leur faisait la chasse, selon un correspondant de l’AFP.

MAJDAL CHAMS (Plateau du Golan), 15 mai 2011 (AFP) –

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