Les sanctions internationales imposées à l’Iran ont ralenti les progrès de son programme nucléaire, mais la république islamique essaie régulièrement de violer l’embargo sur les armes en en exportant vers la Syrie, selon un rapport de l’ONU.
Sur neuf violations de l’embargo imposé à l’Iran par l’ONU sur les armes conventionnelles, six impliquaient la Syrie, selon ce rapport dont l’AFP a obtenu une copie jeudi.
Le Conseil de sécurité a adopté quatre trains de sanctions contre l’Iran en raison de son programme d’enrichissement d’uranium, que les Occidentaux soupçonnent de servir à la fabrication d’armes nucléaires.
Selon le panel d’experts de l’ONU qui vérifie l’application des sanctions, l’Iran réussit parfois à les contourner, mais ses activités nucléaires en subissent quand même l’impact.
Les sanctions « ralentissent le programme nucléaire iranien mais n’ont pas encore conduit ses dirigeants à décider s’ils doivent mettre un terme au programme d’enrichissement d’uranium et aux activités concernant l’eau lourde qui y sont liées », selon le rapport.
L’Iran serait « proche d’avoir épuisé ses réserves d’oxyde d’uranium », et pourrait donc chercher d’autres sources d’uranium pour en poursuivre l’enrichissement.
Les différents embargos internationaux, le gel des avoirs et l’interdiction de voyager à l’étranger visant certains responsables ont « clairement obligé l’Iran à changer sa manière de se procurer du matériel » pour son programme nucléaire, affirme le rapport.
« Dans le même temps, le contournement des sanctions par l’Iran est continu et délibéré dans tous les domaines, en particulier sous forme de sociétés-écrans, de méthodes permettant de dissimuler des cargaisons, de transactions financières et de transfert d’armes conventionnelles et de matériel associé », écrivent les auteurs du rapport.
Le panel d’expert recommande d’ajouter des noms de particuliers et d’entreprises à la liste des sanctions de l’ONU.
L’Iran, qui insiste sur le fait que son programme nucléaire est pacifique, essaie d’importer de la technologie nucléaire en utilisant des intermédiaires pour placer des commandes dans des pays exerçant un faible contrôle sur leurs exportations, expliquent les experts de l’ONU. Des sociétés-écrans, créées par les Gardes de la révolution iraniens ou d’autres entités, se chargent d’exporter cette technologie en Iran.
Quant à l’embargo sur les armes, « la plupart des incidents rapportés impliquent la Syrie, qui a une relation proche et de longue date avec l’Iran », mais les experts estiment que d’autres violations de la part de l’Iran n’ont soit pas été repérées, soit pas été déclarées.
Israël a saisi une cargaison d’armes iraniennes destinée au Hamas à Gaza, qui avait transité par la Syrie. Le Nigeria a également saisi une cargaison d’armes l’an dernier. Le rapport cite également la Turquie, Chypre, la Grande-Bretagne et l’Allemagne parmi les Etats qui ont signalé des violations de l’embargo.
NEW YORK (Nations unies), 12 mai 2011 (AFP) –
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