Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a estimé que la Syrie, en proie à des violences qui ont fait des centaines de morts, pouvait régler elle-même son « problème » sans interférence extérieure, ont rapporté mardi les médias iraniens.
« Le gouvernement et le peuple syrien ont assez de maturité pour régler eux-même leur problème et il n’y a pas besoin d’intervention des autres », a déclaré M. Ahmadinejad lors d’une conférence de presse lundi soir à Istanbul, selon le site de la télévision d’Etat.
Téhéran, principal allié de Damas, observe depuis le début de la crise syrienne une retenue contrastant avec le soutien apporté aux autres soulèvements populaires qui ont secoué le monde arabe depuis le début de l’année et dans lesquels l’Iran voit le signe d’un « réveil de Islam ».
Interrogé sur la situation en Syrie, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramine Mehmanparast a réaffirmé mardi que l’Iran « n’accepte en aucune manière l’usage de la violence et la répression contre ceux qui expriment leurs revendications pacifiquement », quel que soit le pays concerné.
Il a toutefois affirmé que les médias occidentaux « exagèrent les manifestations limitées qui peuvent exister (en Syrie) pour faire croire qu’elles représentent la demande de la majorité de la population ».
Cependant, a encore noté le porte-parole, « les gouvernements ne peuvent qu’être consolidés par l’attention qu’ils portent aux demandes de leurs minorités si elles sont exprimées pacifiquement ».
Les dirigeants iraniens affirment depuis le début leur confiance dans la capacité du régime syrien à trouver une issue pacifique à la crise, tout en affirmant qu’elle est attisée par les Etats-Unis et Israël qui cherchent à affaiblir le principal adversaire arabe de l’Etat hébreu.
« Nous ne devons pas oublier que la Syrie est à la tête de la résistance » contre Israël, a rappelé la semaine dernière le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi lors d’un déplacement au Qatar.
« Des réformes nécessaires vont intervenir en Syrie », a-t-il estimé, « mais certains, avec l’appui d’étrangers, cherchent à créer des troubles » dans ce pays.
TEHERAN, 10 mai 2011 (AFP) –
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