C’est un peu mieux. Les fuites d’eau en France seraient en train de diminuer. Selon une enquête publiée par 60 millions de consommateurs, en coopération avec l’association France Libertés, 20 % de l’eau potable serait perdue lors de sa distribution.
Or, début 2012, les pertes sur le réseau de distribution d’eau potable avaient été estimées à 25 % dans une enquête du ministère de l’Écologie qui fixait par ailleurs un objectif à atteindre de 15%.
Pour autant cela fait toujours un litre sur cinq qui disparait dans la nature. En cause: une mauvaise étanchéité des canalisations du fait de tuyaux obsolètes, parfois en plomb ou en PVC. Selon l’association, il est donc urgent que les villes, les syndicats de communes ou les sociétés d’exploitation s’empressent de les changer dans les années à venir.
C’est «une bombe à retardement», estime le magazine. Ce niveau de pertes en ligne serait une mauvaise affaire pour les particuliers et les entreprises, car, in fine, «l’usager paie cette eau rendue potable, mais jamais consommée».
Le magazine de l’association de consommateurs, après avoir réalisé son enquête auprès des 101 préfectures du territoire nationale, tempère toutefois son estimation. Il s’agit d’un taux de fuite moyen sur le réseau en 2011. Mais ces 20% sont «probablement sous-évalués, car s’appuyant sur les seules villes ayant fait remonter leurs données au niveau national», précise l’article.
Risque de pénalités
Cette réduction des fuites d’eau potable s’explique, en partie, par un décret, publié il y a deux ans, qui visait à imposer, avant le 31 décembre 2013, un «descriptif détaillé des réseaux d’eau et d’assainissement et un plan d’actions pour la réduction des pertes d’eau dans les réseau de distribution».
Mais de nombreuses agglomérations sont en retard, notamment la communauté d’Alençon ou celle de Bourges, précise 60 millions de consommateurs.
En l’absence d’un état des lieux précis par exploitants de réseaux, et si les pertes en ligne dépassent 15 % de la production d’eau potable, «la collectivité risque de devoir payer une pénalité à l’Agence de l’eau», rappelle le mensuel.
Afin de réduire les fuites, les exploitants effectuent des mesures de pression dans les canalisations et «écoutent» les tuyaux, au moyen d’appareils acoustiques. Mais il faudrait encore investir «entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an pour réaliser les travaux nécessaires partout en France», le double du niveau actuel, estime l’association.
D’importantes disparités sont notées, notamment entre les grandes villes et les zones rurales. Car même si le coût de remplacement d’un kilomètre de canalisations en ville est quatre fois plus élevé qu’à la campagne, le réseau de distribution dessert une plus grande population dans les grands centres urbains.
Cela permet donc d’armortir plus rapidement les investissements. Toutefois, la structure Vendée Eau, qui rassemble 277 des 282 communes du département, à l’exception des grandes villes, a permis de répondre «à un double défi: la distribution d’une eau souvent de surface et peu abondante et l’entretien d’un réseau de 14.000 km de canalisations», note le magazine.
Toujours selon 60 millions de consommateurs, la mutualisation a ainsi permis de stabiliser le prix de l’eau, de remplacer tous les branchements en plomb et de réduire les fuites à 12,5% en 2012. Cet exemple pourrait servir de modèle.

Parmi les grandes villes, Paris est l’une des plus économes pour son eau potable (8% de pertes), derrière Moulins (7%), Blois (5%) et Rennes (4 %). Parmi les mauvais élèves, outre le cas de l’agglomération de Nîmes (37% de pertes), où seulement 63 litres sur 100 d’eau potable arrivent au robinet, Digne-les-Bains accuse les plus importantes pertes (54%). On peut également évoquer le cas de la communauté de communes de Bar-le-Duc (48 %), celui de Tulle (36%) et Evreux (36%), sans parler des départements d’Outre-mer.
Marc Cherki
20-03-2014 /Le Figaro.fr Article original
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