L’ancien patron d’Antenne 2, le journaliste et écrivain Jacques Chancel, est mort dans la nuit de lundi à mardi à 86 ans. Il était une grande voix de la radio avec ses milliers de Radioscopie sur France Inter et une figure de la télévision avec son émission Le grand échiquier sur Antenne 2.
Il a longtemps côtoyé Bernard Pivot, actuel président de l’Académie Goncourt. Interrogé par L’Express, il revient sur sa disparition.

Comment décririez-vous Jacques Chancel?

Il a été l’un des grands journalistes TV et radio de la deuxième moitié du XXe siècle. Il marqué son époque, que ce soit à France Inter ou sur la deuxième chaîne où il composait des plateaux extraordinaires. Il avait cet art de mélanger des genres, des approches, des personnes très différentes. C’était le grand cuisinier des plateaux de télévision.

Quelle marque a-t-il laissé dans le journalisme?

Chacun a toujours sa manière de faire. Mais il a eu une influence certaine sur ses jeunes confrères, par l’éventail de sa curiosité, sa bonhomie, son sérieux avec parfois un peu de sel sur la langue. Il avait son propre style. Mais c’est devenu la ‘manière de Chancel’, reprise même par des comiques.

Etiez-vous plutôt rivaux, amis ou simples collègues? Que vous a-t-il personnellement apporté?

Nous étions très amis. C’est lui qui m’a fait venir sur la deuxième chaîne. Il m’a appelé et il m’a dit: ‘On aimerait beaucoup que tu viennes, as-tu un projet à nous proposer?’. Et j’avais justement Apostrophes à leur proposer. Nous n’étions pas du tout rivaux ou concurrents. On a, au contraire, toujours été très complices, et Le grand échiquier et Apostrophes ont toujours été associés à l’image de la télévision de qualité.

Il y a un mois, il publiait Pourquoi partir?, chez Flammarion. L’avez-vous lu?

Je l’ai lu ce week-end et j’ai terminé d’écrire ma critique une heure avant l’annonce de sa mort. Il y donne son opinion sur de nombreux sujets: le sport, la politique, l’écologie etc. Avec parfois des colères. Contre les écologistes par exemple, ou contre l’Eurovision, une émission ridicule d’ailleurs. Mais on apprend qu’il regardait beaucoup la télévision sans faire partie des nombreux détracteurs de ce média. Il y trouvait de nombreuses choses intéressantes. Dans son livre, il parle avec beaucoup de sincérité. Il néglige peut-être l’économie car ce sujet l’intéressait moins. Mais il est resté jusqu’au bout le même: ouvert, avec une très grande curiosité sur tout.

« Il a marqué son époque »

[Victor Garcia – L’ExpressArticle original

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Richard

Ce qui est d’autant plus triste, c’est qu’il n’y a vraiment personne pour le remplacer. On ne veut plus des gens de lumieres a la tele.